‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 32 sur 61 · 32

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Bécassine, rougissante, émue du grand honneur qui lui était accordé, tendit les joues et reçut de Bertrand deux baisers d’une vigueur toute militaire.

Mais, quand elle se recula, la fausse barbe, qui s’était entortillée dans une agrafe de son corsage, suivit le mouvement. Il y eut un instant de stupéfaction, puis un universel éclat de rire.

Bécassine, au comble de la joie, trépignait en criant : « C’est m’sieu Bertrand ! Vive m’sieu Bertrand ! Quelle bonne farce ! Faut qu’j’aille raconter ça à la cuisinière ! Elle en mourra de rire ! » Et elle s’élança dans la direction des communs.

Bertrand retira le képi et la capote d’emprunt. Il fut entouré, félicité pour son talent de comédien, et bien plus encore pour la brillante conduite qu’attestait sa croix de guerre.

Il achevait de conquérir la sympathie des blessés en leur faisant une ample distribution de cigarettes et de tabac, quand M de Grand-Air entra essoufflée et émue.

« Venez vite, dit-elle ; M. le médecin-inspecteur, le vrai, arrive. — Pas un mot de ce qui vient de se passer ! » recommanda Bertrand. Et tous coururent vers l’entrée du parc.

Il était temps : le coupé franchissait la grille et, décrivant une courbe savante, venait s’arrêter devant le perron. M de Grand-Air, M Agnès et le médecin de l’hôpital se précipitèrent.

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