‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 33 sur 61 · 33

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Et la vraie inspection commença, moins fantaisiste que l’autre. Le docteur Ledoux passa en revue les diverses salles, examina avec soin les blessés et enfin se déclara fort satisfait.

« Maintenant lui dit Bertrand que ton rôle officiel est terminé, demande donc à voir la nommée Bécassine. C’est ce que nous avons ici de plus curieux.

— Eh bien ! qu’on me montre cette curiosité. » Il fallut la chercher longtemps ; personne ne savait où elle était passée. Enfin, une jeune infirmière monta dans sa chambre. Fatiguée de sa matinée laborieuse et des émotions de l’examen, Bécassine dormait à poings fermés.

Elle s’éveilla en sursaut : « Quoi qu’y a ? — Descendez vite, le médecin-inspecteur vous demande. — Encore une farce à m’sieu Bertrand ! — Mais non, c’est un vrai inspecteur, cette fois ; venez vite, je vous dis ! »

Bécassine, embrumée de sommeil, entra dans le salon, Bertrand s’était dissimulé dans le groupe des infirmières. Bécassine alla droit au docteur Ledoux, le regarda de face, de profil. Trompée par la ressemblance, elle dit :

« Je le savais bien, c’est la farce qui continue. Probable, m’sieu l’inspecteur, qu’vous avez encore envie de m’embrasser ; mais, cette fois, c’est moi qui commence. »

Elle plaqua deux retentissants baisers sur les joues du docteur Ledoux stupéfait, puis toujours riant, sortit en coup de vent pour aller reprendre son somme interrompu.

Àce moment, Firmin vint prévenir que M. l’inspecteur devait partir tout de suite s’il ne voulait pas manquer son train. En conduisant le docteur Ledoux à la voiture, M de Grand-Air et Bertrand n’ont pu lui donner que…

… de trop brèves et confuses explications. Il n’y a rien compris, et sur le carnet où il prend les notes qui lui servent à rédiger ses rapports, il a écrit : « Hôpital de Grand-Air : bien tenu, malades bien soignés, mais une fille de service, nommée Bécassine, un peu trop familière. »

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