‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 5 sur 61 · 5

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Prudemment, elle s’avance, en se dissimulant derrière des buissons… Un grand feu de feuilles et d’herbes… un homme qui attise le brasier… Plus de doute, c’est bien un signal, c’est bien un espion. L’homme, qu’elle ne voyait que de dos, se retourne, et Bécassine reconnaît Firmin.

« C’est-y Dieu possible, murmure-t-elle. Un homme qu’a été soldat et décoré et qui fait ce vilain métier ! » Elle est indignée mais plus pressée encore d’éteindre le signal. Rendue ingénieuse par la nécessité, elle quitte son abri, et, parlant d’une voix que l’émotion fait trembler :

« M’sieur Firmin, faut cueillir des pêches et aller les porter au château… Tout de suite qu’a dit M la marquise. — J’vois pas pourquoi c’est pressé, ronchonne Firmin. Enfin, on y va tout de même ! »

Il n’a pas plutôt disparu que Bécassine se précipite sur le tuyau d’arrosage, ouvre le robinet, reçoit une douche en pleine figure…

… et sans se préoccuper de cet accident se met en devoir de noyer copieusement le tas de feuilles. — Pendant ce temps, Firmin entrait au salon…

… et présentait à M de Grand-Air un plateau chargé de pêches. « Qu’est-ce que vous voulez que je fasse de ces fruits, Firmin ? — J’sais pas, moi… Madame Marquise me les a fait demander par Bécassine. — Pas du tout, c’est une erreur.

Déjà surpris par cet incident, Firmin fronce les sourcils en trouvant au potager ses feuilles nageant dans une mare : « Tiens, tiens, se dit-il, est-ce que Bécassine voudrait me jouer des tours ?… »

Au même moment, Bécassine racontait son extraordinaire découverte à Zidore. « C’est grave, lui dit celui-ci en cachant son envie de rire. Surveillez-le bien, Mam’zelle. Des fois qu’il ferait encore des signaux ! — On aura l’œil ! » promet Bécassine, persuadée qu’elle est en train de sauver la patrie en danger.

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