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« … la tête de Mme Paterne ! Dame ! elle pouvait pas deviner qu’on parlait de blessés et pas de vrais enfants. Elle a dû nous croire fous ; elle nous a dit de finir tout seuls de visiter, et elle est partie presque en courant, comme si on lui faisait peur.
« Ce serait trop long de raconter tout en détail nos recherches. On a fini par trouver quelque chose de très bien. Pendant deux jours, on a nettoyé et rangé avec des femmes du pays, et c’était bien propre et bien en ordre quand Madame est arrivée avec ses militaires.
M Paterne était venue, par curiosité, pour voir ma maîtresse et ses sept enfants. Elle a compris la farce que je lui avais faite. « Cette demoiselle Bécassine, qu’elle a dit, elle a toujours le mot pour rire ! » Un des sept, que les autres appellent le Parisien…
« … a crié : « Alors nous nous entendrons ; j’aime les gens qui rient ; voulez-vous qu’on soye amis, mam’zelle Bécassine ? » On s’a donné une grande poignée de main, et c’est vrai qu’il doit être bien gai, vu qu’il a ri pendant cinq minutes en me regardant, et il répétait : « C’qu’elle est drôle ! » Pourtant, j’ouvrais pas seulement la bouche.
« Le lendemain, j’ai trouvé nos blessés dans leur salle de récréation, en train d’écrire des adresses sur des cartes-vues du pays. Un d’eux, un zouave, m’a dit qu’ils envoyaient ça à leurs parents, à leurs camarades, et aussi à leurs marraines de guerre.
« Et ils m’ont demandé si j’avais des filleuls. « Mes filleuls, que j’ai fait, c’est toute l’armée française, vu que j’aime tous les soldats français. » Ils ont trouvé ma réponse superbe et ils ont battu un ban en mon honneur. Mais le Parisien a dit : « Tant de filleuls que ça, c’est comme si on n’en avait pas du tout… Mamzelle Bécassine, il vous faut un vrai filleul…
« … Voulez-vous être la marraine d’un de nos camarades qui va venir ici bientôt ? Il vous fera honneur : c’est un prince. »
J’ai été éblouie et j’ai accepté tout de suite. Je suis bien fière, mais bien intimidée aussi, en pensant que je vais être la marraine d’un prince !