‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 9 sur 61 · 9

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… où grouillent perches, carpes et gardons. Descendant dans la vase, Bécassine ramasse les poissons à grands coups d’épuisette, les entasse dans des paniers, puis les dispose en bel ordre dans une fosse qu’elle a creusée. De l’herbe fraîche par-dessus, comme à la poissonnerie de Dieppe, de la terre bien tassée…

Ainsi, les Boches ne soupçonneront pas leur présence… et Madame les retrouvera quand elle reviendra au château, l’année suivante.

En rentrant, Bécassine passe près du puits, et une nouvelle idée lui vient, si diabolique qu’elle sent un frisson à travers tout le corps.

Elle hésite, puis se décide. « Tant pis pour eux, murmure-t-elle, ils sont trop méchants. Faut les punir. » Quelques minutes après, il y a sur le puits une pancarte disant : Un traisor et cachai ô fond.

Et Bécassine voit déjà nos ennemis, mus par leur cupidité, piquant une tête dans le puits, et faisant de vains efforts pour en sortir.

Après avoir servi le dîner, Bécassine s’aperçoit qu’elle a oublié le plus important : les jolis bibelots enfermés dans les vitrines du salon, Comment empêcher les Boches d’entrer dans le salon ? Son cerveau surmené ne lui fournit aucune idée.

Heureusement Zidore va l’aider. Elle lui expose les précautions prises et la difficulté qui l’arrête « C’que vous êtes maligne, Mam’zelle ! s’exclame-t-il en simulant l’admiration… Pour le salon, j’ai votre affaire…

… mais faut m’aider, j’peux pas faire tout seul. » Un quart d’heure après, l’écriteau que vous voyez défend la porte du salon. Non sans peine, Zidore et Bécassine l’ont descellé du mur sur lequel il s’étalait. « Ouf, ça y est, dit la brave fille en jetant un regard satisfait autour d’elle. Allons dormir. »

Au moment où elle passe devant sa chambre, M de Grand-Air ouvre la porte : « Pas encore couchée, Bécassine ? — J’finissais quèques arrangements, Madame. » Puis clignant malicieusement l’œil : « Maintenant, les Boches peuvent venir. Ce qu’ils seront attrapés ! »

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