‹ BlançayChapitre 15 sur 70 · Partie I · Chapitre 15

Partie I · Chapitre 15

S’il y a au monde une classe gaie, c’est celle-là. Espiègles comme des écoliers, parce qu’ils sont encore assez jeunes ; plus ingénieux dans leurs espiégleries, parce qu’à l’avantage de pouvoir de même réunir la malice de plusieurs, ils joignent celui d’être un peu plus âgés, et de s’occuper d’un genre de travail qui, exigeant de l’imagination, rend leur cerveau plus capable de fermenter ; on les voit aller avec empressement à leurs ateliers, parce qu’ils espèrent y trouver le plaisir à côté de l’étude ; y travailler gaîment, parce qu’ils ne sont pas, comme ces pauvres écoliers, sous la ridicule et barbare férule du pédantisme ; en revenir plus gaîment encore, parce que les dispositions joyeuses de chacun se sont accrues par celles de tous les autres, et que de ce concours il s’est formé le tout le plus gai, dont chacun emporte encore sa part, quand on se quitte. Concurrens sans être rivaux, de l’émulation sans envie, des efforts pour se surpasser réciproquement, mais point de cabales pour se nuire : des critiques folles, des caricatures qui amusent, au lieu de ces satyres amères qui déchirent celui qui en est l’objet, annoncent dans l’auteur un cœur flétri, et n’amusent que les méchans.

Page 1