Partie II · Chapitre 09
Àquelque tems de là, Madame d’Arleville retourna bien encore à Paris, mais, cette fois, l’Abbé n’était pas malade. D’ailleurs l’objet de ce voyage était exclusivement de son ressort.
Àdeux ou trois époques de l’année, Madame d’Arleville faisant divorce avec le monde, allait s’enfermer, pendant plusieurs semaines, dans une Communauté. Là, un régime doux une vie tranquille, de longues nuits un dégagement absolu de toutes les choses de la terre, calmaient l’âcreté que son sang avait pu contracter dans la société des profanes mondains, et rétablissaient dans toute sa fraîcheur ce teint calme et reposé qui prolonge la jeunesse des dévotes. Uniquement occupée du ciel, la terre entière se serait bouleversée, pourvu que le lieu de sa retraite eût été excepté de ce bouleversement général, la tranquillité de la béate n’en aurait pas été troublée. Pour ôter jusqu’à la possibilité de venir la distraire, elle changeait chaque fois de Communauté et l’on ignorait toujours celle qu’elle avait choisie. Exceptons-en cependant l’Abbé ; mais il était si discret, si fidèle au plan de solitude absolue, qu’il n’y eut seulement pas moyen d’informer sa recluse que son mari était malade, et même très-dangereusement.