‹ BlançayChapitre 57 sur 70 · Partie II · Chapitre 21

Partie II · Chapitre 21

Enfin, je reçus des nouvelles de Bernard. Une fluxion de poitrine, dont il avait été attaqué à l’endroit même où nous nous étions séparés, l’avait forcé d’y rester près de six semaines. Il n’avait pu m’écrire, parce que, mes lettres ne lui étant pas parvenues, il n’avait pas su où m’adresser les siennes.

Pendant cet espace de tems, il y avait eu, dans la famille d’Arleville, un bouleversement incroyable. Dès qu’Adèle avait été informée de mon événement, elle était allée s’enfermer dans un couvent jusqu’au retour de son père, pour échapper aux attaques de l’Abbé ; elle le connaissait trop, pour ne pas craindre que mon éloignement ne redoublât son audace. Malheureusement M. d’Arleville ne le connaissait pas aussi bien, et lui accordait une pleine confiance. Se voyant obligé de prolonger son absence, il lui avait envoyé sa procuration, des blancs-seings, les clefs de sa caisse. Bientôt il avait appris que ce scélérat avait disparu et lui avait enlevé toute sa fortune. Le courier suivant l’avait informé que cet événement avait causé à Madame d’Arleville une attaque d’apoplexie, qui l’avait enlevée en peu d’heures. Justine, que l’on avait toujours continué de prendre pour un homme, s’était trouvée présente à cette seconde nouvelle ; en l’apprenant, elle avait jeté un cri, s’était évanouie……

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