‹ BlançayChapitre 66 sur 70 · Partie II · Chapitre 30

Partie II · Chapitre 30

Il avait appris aussi à connaître ces prétendus amis que la fortune donne et qu’un revers fait perdre. Quelques mois plutôt, il aurait fallu écrire des billets par centaines, pour informer je ne sais combien de gens, du mariage de sa fille. On n’en écrivit pas un seul ; mais tout le village fut averti. Un bon cabriolet alla chercher à la ville Bernard et la mère Simplet. Au lieu d’une fête bien chère, bien ennuyeuse, on en donna une bien simple, à laquelle tout le village assista, et dont la véritable gaieté fit les frais. Le magister composa des couplets qu’un Académicien aurait trouvés détestables, et que nous trouvâmes jolis. Il n’y aurait cherché que de l’esprit ; il n’y avait que du sentiment. Et puis les refrains, et puis les danses, et puis les espiégleries, et puis les fusées que les garçons lançaient contre les filles, qui se sauvaient en poussant ce cri qui porte en même tems l’expression de la joie et celle de la frayeur. Enfin, loin de bâiller au bout d’une demi-heure. comme cela arrive dans les fêtes brillantes de la ville, la journée entière s’écoula sans qu’on eût une seule fois regardé le cadran de l’horloge. Moi seul…… Mais on sait bien que cela ne prouvait rien contre la fête.

Page 1