‹ Bonheur et malheur du nomChapitre 9 sur 10 · Scène III.

Scène III.

Un salon dans la maison de Lidoro.

Entrent DOÑA SERAFINA et FLORA, masquées.

doña serafina.

Qu’as-tu dit à doña Violante ?

flora.

Que plusieurs de vos amies vous avaient persuadée de vous déguiser, et que vous alliez avec elles à un grand festin.

DONA SERAFINA.

doña serafina.

Viens donc vite.

flora.

Quoi ! vous êtes bien résolue ?

doña serafina.

Sans doute. Ayant appris de doña Violante que don César est l’unique cause de ses chagrins, et celui-ci n’ayant pas profité de l’occasion que je lui avais donnée de me parler, quoique tu l’aies averti par deux fois en chantant, je dois croire que ç’a été pour ne pas lui inspirer de jalousie. Mais cette jalousie qu’il lui a épargnée, c’est moi qui l’ai prise ; et c’est pourquoi, sur son refus de me venir trouver au jardin, je prétends l’aller trouver chez lui. Là je lui dirai tout ce que je pense, tout ce que je sens, et quand j’aurai bien soulagé mon cœur, je me vengerai de lui par le dédain et le mépris. — Allons, Flora.

flora.

Il ne faudrait cependant pas…

doña serafina.

Tais-toi, ne me dis rien. Tu as raison, j’en conviens, mais quelle raison peut être plus forte que le ressentiment d’une femme offensée ?… Marchons.

Elles sortent.

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