L’HÔTELIÈRE (pleure)
Que Dieu ait pitié de nous !
(Pendant le discours de Varlaam, le premier garde dévisage Missaïl avec insistance.)
PREMIER GARDE
Alexis ! as-tu sur toi l’ukase du tsar ?
SECOND GARDE
Je l’ai.
PREMIER GARDE
Donne.
MISSAÏL
Qu’as-tu à me dévisager de la sorte ?
PREMIER GARDE
Ce que j’ai ? Un certain hérétique, Grichka Otrepieff, s’est évadé de Moscou. L’as-tu entendu dire ?
MISSAÏL
Non.
PREMIER GARDE
Vraiment ? C’est bien. Et le tsar a ordonné de capturer cet hérétique et de le pendre. Le sais-tu ?
MISSAÏL
Non.
PREMIER GARDE (à Varlaam)
Sais-tu lire ?
VARLAAM
J’ai su lire jadis, mais j’ai oublié depuis.
PREMIER GARDE (à Missaïl)
Et toi ?
MISSAÏL
Dieu ne m’a pas permis d’apprendre.
PREMIER GARDE
Voici l’ukase du tsar. Regarde.
MISSAÏL
Et pour quoi faire ?
PREMIER GARDE
Je crois que cet hérétique évadé, c’est toi.
MISSAÏL
Moi ! Miséricorde divine ! As-tu perdu la tête ?
LE GARDE
Attends ! Gardez les portes ! Nous allons enquêter.