PREMIERE PARTIE · Scène I
Introduction instrumentale. Entrée du waki en costume de bonze : sumbdsbi, sorte de bonnet pointu de couleur brune serré par une bandelette nouée derrière la téte et terminé en arrière par un large couvre-nuque; mi{u-gvromo, longue blouse ouverte sur le haut de la poitrine, croisée et serrée à la taille par une ceinture; pantalon large sans ornements. Il tient un rosaire a la main, et un éventail est passé dans sa ceinture. Il s’avance jusqu’au nanori·{a.
WAKI.
Puisque ce monde n’est qu’un songe, s’en réveiller (bis)
Et le rejeter, c’est être dans le réel (1).
Le chœur répète ces deux vers en sourdine.
WAKI.
je suis Kumagai no lir6 Naozane, homme du pays de Musashi, qui ai quitté ma famille et me suis fait moine sous le nom de Rensei. Par l'excés de mon regret d’avoir porté la main sur Atsumori, je suis devenu tel que vous me voyez. Et malntenant, je me propose de descendre à Ichi-no-tani et d’y prier pour la délivrance d’Atsumori. ·
Il fait le dappai.
Des neuf enceintes
Du séjour des nues (2), comme des nuages sort la lune, je pars (bis),
Et vers le midi toumant mon humble char (3),
Je dépasse Yodo Yamazaki (4) ;
Voici le lac de Koya (5) et la riviére Ikuta (6),
ru CINQ NO
•< Les vagues ici tout pres, ·c'est la baie de Suma! »(‘) A lchi·no-tani je suis arrive (bis). ` |’ai fait diligence et me voici arrivé a lchi·no·tani, au pays de Tsu. En vérité, le passé me revient a la pensée i comme si c'était aujourd’hui. Et voici que sur ce plateau résonnent les sons d’une tlOte.|e vais attendre ces gens; . je veux les interroger en detail sur toutes les choses de = ces lieux. ` R ` Il va s’asseoir a droite, au pied de la colonne du waki. R SCENE 11. N Introduction instrumentale. Entrée du more et du shite dans ” cet ordre. lls ne sont pas masqués. Ils portent le dan-vwsbime, vétement tissé de fils de soie alternativement bruts et teints produisant des dessins géométriques, employe autrefois u comme vétement de cérémonie, et l’6-gucbi, large pantalon { tres simple sans ornements ni dessins. Par-dessus le dam { nosbime, ils ont le I¢ak¢·bita¢au, veste courte ne croisant pas ( sur la poitrine et dont les cbtés tombant droit sont retenus 1 par une ceinture tres simple, kosbi-obi, nouée en avant. Cha- i cun d’eux a l’éventail passé dans la‘ceinture et porte sur } l’épaule un bambou auquel sont attachées quelques herbes. lls viennent se placer au milieu de la scene, en face l’un de l’autre, Ie sbitc a gauche. ? s1-ima et TSURE. § Aux sons de la flute des faucheurs se méle (bis) Q Le souffle du vent [qui passe] sur la lande. Le chcnur répete ces vers en sourdine. snrrn. i Les jeunes gens Fauchant sur cette colline, traversent la lande; , C’est l’heure du retour, a la tombée du solr. 1 é E i i a I N
� Awsumonr .¤» surrs et Tsuma. Au bord de la mer de Suma, bien court, hélasl est le “ Qui méne is ma maison et en raméne, [chemin S’enfonce dans la montagne et ressort sur la gréve (‘): Et de ma vie tristes sont ici les labeurs. Ah! si l’on m’interroge, ' Moi aussi je répondrai que ie me désole solitaire A la baie de Suma, · Chargé d’herbes salées (‘). Si l’on savait qui je suis (bis), . ]’aurais moi aussi des compagnons; Mais c’est trop [d’infortune], et de ma misére Les plus intimes memes se sont éloignés. [ronge]; je dois demeurer ici, c’est la pensée unique [qui me Et je traine ma vie, abandonné au malheur (bis). Le tsun remonte vers la droite; le sbite se rapproche de la colonne du shite. scEN1·: m. WAKI. Hola! je voudrais demander quelque chose aux fau- cheurs qui sont la. sn-irre. Est-ce at nous que vous parlez? Q ue désirez-vous savoir? wluu. . Est-ce l’un de vous qui jouait de la fliite touta l’heure? ’ sn-ure. - Oui, c’est l’un de nous qui jouait. 5 ( L
� lp c 1 N o N 0 wma. Ah! c’est charmant! C'est la un art qui n’est guére de votre condition, mais cela n’en est que plus charmant. su-im;. Un art qul n’est pas de notre condition, avez-vous dit! Mais ne lit-on pas quelque part: or N’envle pas qui est au·dessus de tol, ne méprise pas qui est au-dessousav? ° Tsune. Et de plus sous le nom de sbdka et de balmteki ('), sn-nrrs et Tsumz La flute des faucheurs, le chant des bucherons Ont pris place dans les vers des poétes Et sont célébres dans le monde. De notre flute de bam- [bou si vous avez entendu Les sons, ne vous étonnez donc point. - wax!. En vérlté, en vérité, cela est juste. Alnsi donc, le sbéka, le bokuteki, surrn. La flute des faucheurs, wluu. Le chant des bucherons, surre. [Sont comme une] musique qui [accompagne] la traver- [sée de ce monde d’illusion (‘). __ wax:. ' Et le chant,
� A T S U M O R I 141 surre. L Et la danse, wana. . -` Et la flute (‘), si-ure. Et la musique (') ci-naaun. L Sont passe·temps Que chacun choisit in son gré. De bambou flotté (bis) Sont faits le Rameau et le Bris·de-Cigale; et divers Et nombreux sont les noms des flutes [célébres]; S’il s’agit de celles dont jouent les faucheurs, [mais » De celle-ci le nom, Sachez-le,· est la Feuille·Verte ('). Au rivage de Sumiyoshi, Ce sera la flute de Corée (‘). Celle que voici, en bois des sauneries du Suma, C’est, sachez-le, le Tison-lnconsumé (‘) des pé- [cheurs (bis). Le isure se retire par la porte de service. Le sbite remonte, remet au lzdkm le bambou chargé d’herbes qu'il portait, prend son éventail et redescend. . wana (°). Voila qui est étrange! Les autres faucheurs s’en sont tous allés; vous seul restez ci. Ouelle en est la raison? surre. - Quelle en est la raison, dites-vous? Parmi les vagues du je suis venu écouter une voix qui réconforte (’). [soir, Veuillez faire pour moi les dix prléres ('). 1
� 142 C I N Q N O ` wnu. C’est chose facile, et je ferai pour vous les dix priéres. Mais, a ce propos, qui donc étes-vous? · sn-arm. A vous dire le vrai, je suis un parent d’Atsumori. wruu. Un de ses parents! En l’entendant, mon cczur est ému, dit-il, et joignant les mains (‘) (il s’agenouil!e): Ado- ration a Amitabha Buddha! SHITB ct WAKI (agenouillés, les mains jointes). . as Si j’obtiens !’illumination, dans les mondes des dizr [directions, Tous ceux qui m’invoqueront, je les sauverai et n’en [rejetterai aucun (’). » lls se relevent. cn-nczun. Ah! ne me rejetez pas! Alors qu’un seul cri doit sufiire ('), Tous les jours, toutes les nuits, ses priéres Se sont élevées [pour moi]. O bonheur! Mon nom, je ne vous !’ai pas dit; mais celui dont, matin et soir, Tourné [vers le Buddha], vous avez demandé la dé!i· [vrance, C’est moi. Et tandis qu'il laisse tomber ces mots, Sa forme s’évanouit et disparait aux regards (bis). Le sbitc rentre dans le kagumi no ma.
� = A T s U M 0 R 1 us INTEBMEDE Al (il se leve et s’avanc• sur la scene jusqu‘au nanoriqa). Moi que voici, je suis un habitant de la baie de Suma, dans la province de Tsu. Aujourd'hui, je veux m'en aller sur la gréve et me donner quelque distraction. (Apercevam le wah.) Tiensl d’ou vient donc ce moine et comment se trouve·t-il la? wnuu. je suis un moine qui viens de la province de Musashi. Eteswous de ce pays-ci? Al. Parfaitement, je suis de ce pays. WAKI. En ce cas, j'aurais quelque chose a vous demandcr. Veuillez vous approcher. A1. ]'obéis. (ll vient s’asseoir devant le waki.) Et qu'est-ce donc que vous voulez me demander? wam. C’est la, sans doute, une demande bien extraordinaire, mais si vous connaissez l’histoire de la fin d’Atsumori en ce lieu, veuillez me la raconter. A1. Ouelle question inattendue vous me posez lal Pour- tant, comme il seralt diflicile de vous dire que je n’en I connais rien, je vais vous en raconter tout ce que j'•n suis.
� I44 c 1 N Q N 6 wax:. Eh bien! racontez donc. Al (il se tourne vers le public). Or donc, a l’automne de la 2* année juei, les Taira se virent enlever la capitale par Kiso Sama no kami Yoshi- naka et vinrent s’établir ici. lls occupérent avec de ` grandes forces tout l’espace entre le bois d’lkuta et Ichi- no-tani, et s’y fortifiérent avec beaucoup de soin et de précautions. Fut-ce parce que les gens des Taira aimaient a s’amuser de chants et de poésies, tandis que les Mina- - moto des provinces de l’Est se livraient avec ardeur a la chasse, in la péche, a [tous les exercices de] l’arc et des fléches? [Toujours est-il que], avec plus de soixante mille cavaliers divisés en deux corps, ceux—ci attaquérent a la fois le front et l’arriére et infligérent [aux Taira] une défaite complete. Des gens du clan eurent la téte coupée apres leur mort, d'autres furent faits prisonniers. Ceux qui restaient se jetérent dans les bateaux et se réfugié· rent au Shikoku et dans les pays de l’Ouest. Parmi eux [se trouvait] le muhwrm tayu Atsumori; voulant lui aussi s'embarquer, il vint au rivage. Mais un homme de la province de Musashi, Kumagai nojiro Noazane, l’apercut: << Voila un adversaire digne de moi », se dit-il; et il lui crle : an O vous qui vous enfuyez la-bas, vous devez étre du clan des Heike. Revenez! »Et il le rappelle de son éventail déployé. Ainsi appelé, [Atsumori] revlent; sur · le bord de la mer, ils se saisissent a bras le corps et tombent lourdement de cheval. Mais Kumagai était un vieux guerrier tres fort, il eut aisément le dessus, et tout en s’apitoyant sur lui, il lui coupa la téte. En examinant le cadavre, on trouva sur lui une flilte enveloppée dans un fourreau de brocart; on la montra au general en
� a A T s U M 0 R 1 nas chef, et tous ceux qui la virent versérent des larmes, a ce que j’ai entendu dire. A la vérité, on dit bien que ce Kumagai a été touché d’un sentiment religleux et qu'il prie pour la délivrance d’Atsumori; mais c’est une chose invraisemblable. Et la raison, c’est que si son coeur avait été capable d’étre touché par un sentiment religieux, il aurait du alors épargner [Atsumori]; puisqu’il ne l’a pas épargné, il n’a siirement du étre touché d’aucun senti- ment. En tout cas, en quelque état qu'il soit, qu’ll vienne ici, ce Kumagall je le tue et je l'offre a Atsumori en gage de vénération l (I1 se tourne vers le waki.) Mais je m’étonne fort de la question que vous m’avez posée tout a l’heure. Y wana. ? Vous m’avez parlé avec beaucoup d’obllgeance; je Q vous remercie. Eh bien, je suis cet ancien Kumagal; j’ai l quitté ma famille et je suis moine sous le nom de Rensei; i et c’est dans l’intention de prier pour la délivrance
Q A1. . l Oh! vous étes le seigneur Kumagai d'autrefois?]'igno· { rais qui vous étiez; j’ai dit quelques petites choses sans { importance, j’en ai grand regret. On dit que ceux qui
l bien; cela doit si.`1rement étre vrai de vous. je pense , qu’Atsumori doit étre trés heureux de vos dispositions j et les avoir pour agréables. De plus en plus, veuillez ° prier pour lul avec ferveur. I · waxr. { Telle est bien aussi mon intention. je veux m’arréter ‘ ici quelque temps, et y prier avec ferveur pour Atsumorl. I I0 +
� Q ra cxwo no » m. Si vous restez ici, adressez·vous encore a moi pour ce dont vous aurez besoin. wma. |’aurai recours in vous. m. je suis in votre disposition. ll salue le walci, se reléve et retourne in sa place, au pied de la colonne du fond, et de la rentre dans le kagami no ma. DEUXIE ME PAILTIE SCENE rv. , wma. ( Puisqu’il en est ainsi, de la priére pour nos morts (bis) ~ Accomplissant les rites, durant la nuit entiére ‘ U ’• I ’ I I Récitant l invocation, d Atsumori I je veux encore implorer la délivrance (bis). · I I Introduction instrumentale. Entrée du nocbi-jite. ll porte { le masque de jeune homme appelé jérolm, et le chapeau de cour noir dit nasbi-ucbi ebosbi, serré sur le front par une bandelette, bacbi·mal¢i, blanche; les cheveux longs tombent sur les épaules et dans le dos. La veste droite in bords non croisés, tigurant l’armure, boppi, et le large pantalon, ban- giri, sont ornés de broderies et de dessins brochés; le sabre est passé dans la ceinture. ll tient l’éventail in la main. Le bras droit est dégagé de la manche, et la partie droite du vétement est ramenée un peu en arriére : c’est la tenue de combat. ¢• Ls-
� j 1 A T s U M 0 R I :47 sHl1‘E (entrant en scene). Au rivage d'Awaji i Passent et reviennent les oiseaux de mer; a leurs cris · jc m’éveille (‘). De la barriére de Suma, ou sont donc les · [gardiens? (Tourné vers le waki.) Hola, Rcnscil C’est Atsumori lui· - méme que ·voici. wax!. O prodige! Faisant tinter ma clochette (’) et accom- plissant les rites, pas un instant je ne me suis endormi; ct pouftant pendant ce temps Atsumori serait venu! Ce ne peut étre qu’un réve. SHITE. Et pourquoi donc serait-ce un réve? C’est pour détruire enfin la chaine du karma (‘) de ma vie que j’apparais ici. wnuu. Chose étrange! Une seule invocation a Amitabha Buddha suffit in détruire d’innombrables obstacles lsréés par le] péché; j’ai invoqué ce nom et sans relache q j`ai accompli les rites; en face du mérite de mes priéres, ` quel karma pourrait donc subsister? Autant que la mer sous Ia gréve rocheuse surra. Fit·il profond, le péché est expié et retiré de l’abime (‘). wanu. L’étre devient buddha, et la cause de sa délivrance, sn-me. C’est le mérite d’une autre existence ('). Aussi -
� ua c 1 N Q N o . wma. Autrefois ennemis, sn-u·rs. Maintenant au contraire, wma. En vérité par la loi, sum. Nous sommes devenus amis. cucsun. Et cette parole : 4: Rejette un mauvais ami, Appelle a toi un ennemi vertueux », . N’est-ce pas pour lui qu’elle fut dite? O bonheur! O bonheurl 6 reconnaissance! . Eh bien, l’aveu de toutes nos fautes (‘), Oui, durant cette nuit je veux le faire (bis). Le sbite, qui pendant ces derniers vers s‘était approché du waki comme pour lui parler, revient au milieu de la scene et s’asseoit sur le sbdgi apporté par le kdkm. SCENE v. cuceua. Si les fleurs du printemps montent in la cime des arbres, C’est pour nous inviter a chercher l’illumination qui éléve ; y Si la lune d’automne descend au fond des eaux, ° C’est pour nous montrer l’image de la conversion des [Qtres (‘). W · i
� ATSUMORI· rg surra. ` Or, tout le clan allongeant les lignes de ses murs, . Se parait du feuillage touffu de branches entrelacées (‘). [Mais cet éclaf cumua. . Put semblable a celui des fleurs de convolvulus qui ne · . [brillent qu’un jour. Ala doctrine qui enseigne le bien Atteindre est diflicile; [le moment favorable] n’est que [l'instant Oin brille l’étincelle de la dure pierre a feu, et ils ne l’ont Que leur sort en vérité fut digne de pitiél [pas su. SHITE. Au sommet de la pulssance, ils ont fait souffrir les [humbles; cucxzun. Dans la prospérité ils n’ont pas connu leur superbe. Le sbite se léve; le Imse qui suit est dansé, ou plutbt mimé. Ainsi donc, le clan des Talra Posséda la puissance pendant plus de vingt ans. En vérité une génération passe en l’instant d’un réve. Les feuilles de l’automne de juei (‘), Emportées aux quatre vents de la tempéte, Sc sontdispersées de tous cotés. Pauvre feuilles [tombées], Lcurs bateaux (’) étaient ballottés sur la mer; et eux, dans · [leur sommeil sur les vaguesagitées, Pas meme en réve ne se voyaient revenir. I Oiseaux prisonniers, ils regrettent les nuages; Oies sauvages regagnant leur pays, leurs files sont » [rompues.
Au cours de leur voyage sous des cieux incertains,
Les jours se succèdent, les mois, l'année
Passent, et au retour du printemps,
Retirés à Ichi-no-tani,
Un moment ils demeurent ici, à la baie de Suma.
SHITE
De la montagne d’arrière (1) le souffle du vent tombait.
CHOEUR
Et la lande était glacée. Au rivage de la mer agitée
Les bateaux étaient attachés ; et de nuit et de jour,
La voix des oiseaux de mer et nos manches
Étaient trempées (2) par les vagues. Sur un oreiller de galets,
Dans les huttes des pécheurs, nous dormions parmi eux,
Ne connaissant (3) plus que des gens de Suma. Entre les pins allongés sur la gréve (4),
Voici s'élever la fumée du soir (5); nous cassons et étendons la bourrée, comme on l'appelle (6),
Plongés dans nos tristes pensées. C’est en ce pays sauvage de Suma
Que nous avions établi notre demeure,
Et nous étions à la fin devenus vraiment des gens de Suma :
A quelle triste extrémité était réduit notre clan !
SHITE
Or, c’était le soir du sixième jour du second mois ; mon père Tsunemori nous avait réunis, et nous chantions des imayô (7) et nous dansions des danses.
WAKI
Ah ! c’était donc là la fête qui fut donnée ce soir-là ! Et Arsumonr in ces délicieux sons de flute qui, de l’intérleur du fort, se firent entendre jusqu'au camp des assiégeants, sum. Oui, de la flute de bambou qu’Atsum0ri porta jusqu'a sa demiére heure, wluu. ° C’étaient les sons; et [cn entendait] des chants, de la musique, sum. Des imayd, des rdei; wanu. De volx nembreuses cmzun. A l'uniss0n s’élevaient les chants. scENE v1. i Danse (‘). A scm?. vn <‘>. SHITE (arrété au daisb6·ma¢). Et voila que, la nef impérlale les précédant, cumun. Le clan tout entier a mis ses bateaux a la mer. Ne voulant pas rester en arriére, [Atsum0ri] accourt au rivage. [au loin. Mais la nef impériale et les barques des soldats sont déja
� 15a C 1 N Q N O snrrn. N’ayant plus d'autre ressource, il pousse son cheval dans Son aspect trahit un trouble extréme. [les flots. Mais a ce moment, cucsun. Derriére lui, ` Kumagai no ]ir6 Naozane, Ne voulant pas le laisser échapper, accourt in sa pour- Fait retourner son cheval; [suite. Atsumori alors Parmi les heurts des vagues, il tire son sabre (‘); On le voit frapper deux fois: trois fois : puis sur leurs [chevaux lls se saisissentabras le corps, et sur la lisiére ou viennent [battre les flots, ils tombent l’un sur l’autre. A la En, [Atsumori] est frappé et meurt. De la vie qu'il a perdue Le karma, d'un tour de sa roue, les remet en présence (’). on Mon ennemi, le voila! » crie-t-il, et il veut le frapper. [Mais Celui-ci, lui rendant le bien pour le mal, Récite les invocations rituelles, et grace a ses priéres ('), Finalement ensemble ils renaitront Sur le méme lotus. Non, le moine Rensei N’est pas son ennemi (‘). on Ah ! daignez encore prier pour ma délivrance! » (bis). g¤rJud!>l*.?U"Z 1".I).••;.1 W5"'? •° •¢° \ ·. °/; rc 5`A.•-• . W I'? I { ° 5*
NOTES
Page 186 :
(•) Il peut y avoir deux ou plusieurs tsure.
Page 187 :
(*) L'école Hosho a ici le shidai suivant ;
Aux repos du voyage qu’elle est triste la cloche du soir !
Elle sonne ; c’est l’heure de m’arrêter.
(•) Désignation poétique du palais impérial, et par extension, de la capitale. Les ·· neuf enceintes · sont une allusion aux neuf cercles célestes entourant le mont Sumeru et le sejour des dieux de la mythologie bouddhique. La traduction suit la coupe des vers; il serait plus exact de traduire : · Du séjour des nues aux neuf enceintes.
(•) Le moine voyage à pied, et cette expression n’est ici que symbolique ; mais elle continue le rapprochement anterieurement indique entre le depart du voyageur et le lever de la lune. le mot kuruma pouvant signiiier A la fois un char, et la roue ou le disque de la lune.
(•) Endroit ou l’on s’embarquait d'ordinaire pour descendre la riviere ]usqu’a Osaka.
(•) Lieu ou l'armee des Minamoto commandee par Noriyori avait etabli son camp.
(•) C’est le long de cette riviere que se developpait la ligne principale des retranchements des Taira.
Page 138 :
(1) Citation d’un passage célèbre du Genji monogatari, faisant allusion à l’étroitesse de cette plage. page 189 :
(•) Allusion à l'étroitesse de cette plage serrée entre les montagnes et la mer.
(') Allusion à une poesie celebre attribuee A Arlwara no Yuki- hlra (xx' slecle); banni A Suma, il ecrivit A un de ses Amis reste A la capitale : 1
Wakurawa ni Par grand hasard
1'ou kilo araba. Si quelqu’un t’interroge,
Suma no um ni Reponds-lui qu’A la bale de Suma,
Moshio ture tsulsu Charge d'herbes salees.
Wabu to kata: yo. Je vis dans la tristesse.
La plage basse et sablonneuse de Suma etait tres favorable à l‘industrie du sel. qui etait la principale ressource de ses habitants. On extrayait le sel au moyen d’herbes marines sur les- quelles on faisait couler de l'eau de mer ou qu’on trempait dans la mer A plusleu rs reprises. Lorsque le depot lalsse par l'evaporation de l’eau etait suffisant, on · brulait · ces herbes, c’est- I A-dire sans doute qu’on faisait dissoudre ce depot dans de l’eau chaude qu’on evaporait par ebullition.
Il est A peine besoin d'indiquer que, sous Papparence d’un habltant de Suma, c‘est en reallte Atsumori abandonne par les slens qui parle ici. `
Page 140 :
(•) Expressions slno·japonaises tirees de poesies chinoises ou elles sont frequentes dans les descriptions de la campagne. Shoka est bien · le chant des bucherons ·, mais bokuteki signifie · la flute des pasteurs ·, A laquelle est substituée ici celle des faucheurs.
(’) Et distrait de ses misères. Expression qu’on retrouve ailleurs et qui peut-être était courante à cette époque. L’application s’en fait aisément à la flûte d’Atsumori.
Page 141 :
(1) Le texte porte en réalité « le jeu des instruments à vent » ; en fait, on ne connaissait guère en ce genre et on n'employait ordinairement que diverses espèces de flutes.
(2) Asobu, musique d'ensemble, instruments à corde et à vent réunis. A T S U M O R I 155 (') Ao-bq; on conserve sous ce nom, au Sums-dera, deux flutes anciennes, dont l’une auralt éte celle d’Atsumori. Mais ce n’est lh. semble-t·ll, qu’une tradition locale. (•) Sumiyoshi, petlt port sur la bale d’Osaka, etalt en relations sulvles avec la Coree. Les dleux de Sumiyoshl avaient prete leur concours a la fameuse lmperatrlce jlngo lors de son expe- ditlon dans ce pays. Tous les ans, il s'y tenait un grand marche oi: arrivaient les marchandlses de Chlne et de Coree. (') Bois qui n’a pas eté brtlle, qui reste inutlllse apres que le feu est eteint. (’) On a ici comme un redoublement de la scene III : la piece interrompue un instant par l’eloge des Hates, reprend sa marche reguliere. (’) La mention des vagues du soir est amenee par un mot reporte; elle retarde l’aveu qul paralt touiours sl penlble aux esprits. Le murmure des nots, leur · volx ·, introduit a son tour la • voix qui reconforte ·, celle qui va reciter les prieres deman- dees. {°) Dix recitations du nembutsu, invocation e Amitabha. Page 142 : (*) Il n’est pas rare qu’un personnage parle alnsi de lui·meme in la trolsleme personne et dans la forme du reclt ou de l’lndi— cation scenique. (') Texte d’un des voeux d’Amltabl1a, qu‘on recite en guise de priere. (') A obtenir la dellvrance et le salut. Page 147 : (*) Poesie de Minamoto no Kanemasa, inseree dans le Kinyd- sht, l. IV. Awqibgata Au rivage d’Awa]i · Kayou chidori no Passent et reviennent les oiseaux de mer; Kos kikcba, A leurs cris Hm yo nezamenu Combien de nuits vous etes—vous revelllés, Sum no sekimorl. Gardiens de la barriere de Suma P Impression de solitude et d’abandon; nul bruit, nulle vie sur cette plage quasi deserte, hormis les cris rauques des oiseaux ` de mer, traversant le goulet qui separe Pile d’Awaji de Suma. (’) La recitation de ces prieres est accompagnee ordinaire- 1
� ment du tintement d’une clochette ou plutôt d’une sorte de timbre constitue par une petite plaque de métal suspendue a la ceinture et qu’on frappe avec un petit maillet.
(’) Karma ne traduit peut-etre pas très exactement ingsva, la serie des causes et effets, mais pratiquement les deux choses se confondent, et karma est un terme commode.
(•) Ukame, faire flotter, ramener a la surface ce qui avait sombré.
(’) Tashô, expression bouddhique slgniiiant ordinairement une existence antérieure. Le sens en parait légèrement modifie ici, ou elle semble s‘app1iquer a Kumagai.
Page 148 :
(*) Zange, terme bouddhique : regret, repentir, et aussi aveu ou recit de ses fautes. Atsumorl va parler ici au nom de tout le clan des Taira, reconnaissant ses erreurs et faisant amende honorable.
(’) Pour instruire et convertir les hommes en effet, le Buddha a fait descendre sa pure lumiere. s‘est plonge lui-meme au sein de l'humanite.
Page 149 :
(*) Allusion a l’etendue des possessions du clan et au nombre de ses membres.
(’) C‘est au neuvieme mois, environ notre mois d’octobre, que les Taira s’enfuirent de Kyoto et passerent au Kyushu puis au Shikoku, pour revenir a Ichi-no-tani au commencement de l’annee suivante.
(’) Les bateaux sont souvent compares a des feuilles; les . feuilles fournissent donc ici une double image, image des Taira tombes durant l’automne. image des bateaux Hottant sur la mer.
Page 150 :
(¤) Ushiro no yama est le nom de la montagne qui domine Suma.
(•) Shioruru, se fletrir, perdre son éclat ou sa vigueur. Les cris des oiseaux de mer s’eteignent dans le bruit des vagues, dont l’ecume mouille les vêtements des pecheurs et en déteint les couleurs. On connait assez le symbolisme des amples manches des vêtements japonais. A T S U M O R I , i57 (•) Dechus de leur haute situation et reduits A la societe des miserables habitants de Suma. (*) Pins courbes iusqu’e terre par le vent de la mer. (') La fumee des feux des saunlers. (‘) Sheba, broussailles alimentant les feux et dont une couche etendue A terre servait de lit. · Comme on l’appelle ·, car ayant toujours vecu dans l’opulence et loin des campagnes, c’est alors settlement qu’ils ont appris A connaitre le shiba. (’) Formes poetiques chantees tres en vogue A cette epoque, comme plus bas les rod. Les {mayo-ata, ou slmplement {mayo, · poesies modernes ·, comptaient huit vers alternativement de ‘ sept et cinq syllabes, et etaient purement japonalses; les rdei etaient en chlnois et de dimensions variables. Page 151 : (*) Cette danse symbolise la fete donnee par Tsunemori. (') I1 n’y a pas ici de waka; par contre tout le recit qui sult est - dense et mime. Page 152 : . (‘) Le shite jette son eventail, et tire son sabre; suivant le mou- » vement du recit, il en frappe quelques coups, puis simulant une lutte, tombe assis. (‘) Il se releve et, le sabre haut, marche sur le waki, qui frotte son rosaire entre ses mains etendues, symbole de priere. C‘est cu vertu d’un karma anterieur qu’i1s se sont rencontres une Premiere foie, et cette rencontre en a determine un nouveau qui les reunit une seconde tois. (') Le shite recule et retombe assis. (‘) Il iette son sabre, et les mains iointes dans Pattltude de la Pfiere, se tourne vers le wah! pendant le chant du dernler vers.
� ‘1¤- y "'== ~ `‘¤*¤ , " - U . I I in in __ U "‘: KOMACHI AU STGPA n nn “ KWANZE KVANAMl KlY0'I‘SUGU Q ··—-—— m NOTICE A classe des kazura-mono, pieces dont le shite est I , une femme, est tres nombreuse et contient de fort [ belles oeuvres. Sotoba-Komachi, as Komaebi au I stupa », est parmi les plus remarquables et les plus ori- 1 ginales; elle se recommande de plus par son aneienneté W ainsi que par la variété des éléments qui entrent dans R sa composition. Ono no Komacbi est l'une de ees intéressantes figures féminines dont s'enorgueillit la littérature elassique joponaise. Figure 2 ombre plutét, ear les traits de so E
� I i [ SOTOBA-KOMACHI lx I pbysionomie nous écbappent et ne se laissent guere jixer ,· · en dépit de tous les eforts, elle reste en grande partie mystérieuse : telles les grandes dames de son temps, dont l’ample éventail de cour aux lourds pendentifs voilait toujours d demi les traits aux étrangers. Mais cette ignorance méme ou l’on est demeuré a ser·vi sa mémoire en permettant fagrégatson autour de sa personne de légendes généralement teintées de cette mélancolie senti- mentale ou se plait l’dme japonaise. Ce qu’on sait d'elle se réduit zi pen de chose. Poétesse au talent facile et délicat, dont les wuvres dégagent, dit Ki no Tsurayuhi dans la preface du Kokinshh, la méme impression de langueur attacbante qu’une folk femme soufrante, elle vécut un temps beureuse et fétée ei la } cour deja précieuse des empereurs du rx° siécle, et sur- tout d celle de Nimmyé (8 34-8 50). Elle fut aussi célébre pour sa beauté —- beauté selon le gout de l’époque et qui sans doute serait peu admirée auiourd'bui—— que pour ses vers. A lire ce qui nous reste de ses wuores, et c’est fort i peu, on ne peut guére douter qu'elle fut aimée, aima, F connut finconstance et l'aband0n, et ·véout asse.{ pour , i wir sa beauté se jlétrir, Fempressement se ralentir et i l'0ubli commencer d se faire autour d’elle. g Elle devait peu de chose a sa naissance, qui parait } avoir été modeste, et qu'on ne connait pas de facon bien certaine. Elle était, dit-on, jille d’Ono no Yosbigane, cbef de district dans la province de Dewa, jils d’Ono i no Taleamura, en son temps poéte estimé, dont quelques
diverses fonctions publiques. C' est du moins I 'opinion commune; mais M. K ume K unitalre en a montré la fra- . gilité dans ses curieuses études sur 4 l'En·vers de l’bis- tcire japonaise dans les commencements de la période I I ‘ I
� x6o c 1 N Q N 6 W Heian », Hcian slioki rimcn yori mitaru Nihon rekishi. Y eut-il, comme l’ont suppose quelques·uns, deux Komacbi que les ages suioants auraient confondues en un seul personnage ? C 'est peu vraisemblable et les rai- sons serieuses manquent pour l’etablir. Ce qui est certain, c'est qu’un petit ouvrage intitule Tamatsukuri Komachi sbsui sho, an Grandeur et decadence de Tamatsuleuri · Komacbi », attribue par les uns au fameux moine K ulrai (K obo-daisbi), par les autres, avec beaucoup plus de probabilite d’ailleurs, ci Mzjrosbi no K iyotsura, jouit peu apres de quelque celebrite. L'auteur y conte comment il rencontra un jour une oieille mendiante dont il décrit longuement la detresse, et rapporte en sbvle cbinois semi- poétique le recit qu'elle lui /it de ses splendeurs passees. Sa grande beaute lui await ·valu d’étre admise a la cour et de jouir de la faoeur imperiale; elle etait poetesse et son talent etait admire de tous. Puis le malbeur s’etait abattu sur elle ,· elle a·vait perdu tous les membres de sa famille les uns apres les autres; Page etait venu, la laissant seule et sans ressources; ex elle se trouoait enjin reduite ci la misere la plus profonde. E t l’auteur fait la»dessus quelques rejlexions sur l'instabilite de toutes . cboses. Il est asse:{ oraisemblable que l’beroine de ce petit ouorage a·eaqicatton bouddbique est purement legendaire. W Neanmoins, son nom, sa qualite de poetesse, la premiere partie de son bistoire rappelaient trop Ono no Komacbi pour qu’on ne fut pas amene a identyier les deux per- sonnages. On ne sa·vait rien des dernieres annees de la celebre poetesse : ce petit li·vre oenait combler cette lacune de la faybon la plus beureuse. Et les predicateurs boud· ‘ dbistes y trouoaient un tbeme d soubait. Ainsi naquit la legende de Komacbi oieillie et mendiant sa vie le long
� ~ SOTOBA-KO-MACHI usr des cbemins (‘). Elle n’avait d'ailleurs rien d'invrai- semblable. Les maeurs et la constitution sociale de l'époque faisaient de la cour un monde tout a part; les gracieux pepizzons qui éclosaient et s'ébattaient a la cbaude lumiere impériale dans cet enclos sans communi? cation avec le debors, n'avaient plus ou se poser lorsqu'ils en étaient sortis; et a un siécle d'intervalle, le sort de l’illustre Sei Sbonagon aura plus d’un point de ressem· blance avec celui qu’on attrsbue a Ono no Komacbi. C ’est cette légende qui fait le fond du no de Sotoba- Komachi, et quelques passages de cette piece sont tirés du Tamatsukuri Komachi sbsui sho. C ’est le cas notam- . ment de la description que fait Komacbi de son ancienne splendeur, de ce qu’elle dit de sa misere actuelle dans son monologue du commencement et dans le beau dialogue du rongi. Mais l’auteur en use tres librement avec le texte dont il s’inspire; il l’abrége souvent, fait un cboix asse.{ sévére parmi tous ses détails et ses longueurs, et y ajoute fréquemment des traits nouveaux. Enjin il transpose adroitement en style poétique de l'époque le style cbi- nois de l’ouvrage qu’il suit. <£ Aussi célébre, et d'ailleurs d’origine et de valeur bisto- rique aussi incertaines que la précédente, est la légende de l’amour malbeureux du général (') de Fukakusa pour (*) Elle fait le sujet de plusieurs oeuvres des peintres et de dessinateurs des ages suivants. (*) La garde imperiale etait divisee en deux corps, dits de gauche et de droite d’apres le cote du palnis qu’ils occupaient. Chacun d’eux avait A sa tete un état-major compose d’un taisho, commandant en chef, d’un chujo et d’un shojo, cornmandants en second. L’of6cier dom il s’agit ici etait shojo. Le terme sho designe aujourd’hui les ofdciers genéraux; nous le traduisons u
� tm ctno No la belle poétesse. L’un des fragments qui subsistent de l’Uta rongl, ancien ouvrage aujourd'hui perdu, rapporte l’anecdote suivonte.
<< Autrefois il y eut un bomme qui aimait une femme oruelle. ll lui dit le sentiment de son cceur. La femme, voulant l 'éprouver, placa un escabeau (‘) de cbar d ‘ l’endroit ou il venait d'ordinaire lui parler, et lui dit : at Lorsque vous aureg passé cent nuits couché sur cet << escabeau, olors fécouterai ce que vous aureg d me at dire. — C 'est chose facile », répondit l'bomme. Et que la pluie tombdt, que le vent souffldt, qu’il fit sombre, en grand trouble il venait et se coucbait sur l'escabeau. Il inscrivait sur l’escabeau le nombre des nuits qu’il y avait passées. Ainsi il était arrive d la quatre-vingt-dix-new viéme nuit. ll partit en disant : as Que je coucbe encore at ici ce soir, et demain vous ne pourreg plus rien me << refuser! » Et il pensait : at Ab! que la nuit revienne at vite! » Mais voila que son pére mourut subitement, et empécbé par ce malbeur, il dut rester cbeg lui. Alors de la maison de cette femme lui fut envoyée cette : . Alzatsuki no Les marques faites au matin Sbi ji no basbigaki Sur le bord de Pescabeau Momo yo-gaki ; Ont inscrit cent nuits ; Kimi no konu yo wa Mais la nuit ou vous ne vintes pas, Ware ro ltaru kalm. C’est moi qui l’ai comptée (*). » C ’était la parodie d'une poésie connue, insérée au l. XV du Koklnshuz ‘ donc ici par ·· general •, bien qu’i1 correspondit alors A un grade moins important que le general moderne. (•) slim : sorte de banc assez large et peu eleve sur lequel on faisait reposer les brancards du char apres avoir detelé le boeuf qui le trainait. (•) On lit au l. XX du Manyoshu la poesie suivante qui, comme
� SOTOBA-KOMACHI nes I Akatsuki no Au matin Sbiji no banegaki La bécassine lustre ses ailes Mama ba·gaIzi; Cent fois; Kimi no konu yo wa Mais les nuits ou tu ne viens pas, Ware {0 kaqu kaku. Moi j’en compte le nombre. C 'est la plainte d’une femme delaissee, dont les nuits solitaires sont plus nombreuses que les coups de bec de la - beeassine lustrant ses ailes, image de cbases frequemment repetees. La raillerie etait oruelle; I 'amant ecanduit comprit qu 'il etait inutile d'insLster et que tout etait ini. lls ne se reoirent pas. Pour les dges suivanls, cette at femme cruelle » fut K amacbi, et l’bamme qu’elle repoussa apres lui avoir impose l’epreu·ve des cent nuits fut le general de Fuka— kusa. Toutefois le sentiment populaire modi/ia asse{ beureusement la fin du reeit precedent: c’est le jeune ojicier zameme, et non son pere, qu'il fit mourir avant la centieme nuit, epargnant ainsi d K omacbi l'odieux de nombre d’autres de ce recueil, n’est peut·etre que Passignation d’un rendez·vous. Chichi haha ga Derriere le pavilion Tana no shtrte nt Qu’habitent mes patents Momoyo·gusa |Crolt] l’herbe aux cent nuits; Mamoyo tdemase Cent nuits rendez-vous-y, Waga kitaru made. ]usqu’e ce que je vienne. L’herbe aux cent nuits n’est pas identifiee; on a propose d’y voir tantot le chrysantheme, et tantot la commeline. Son nom · lntroduit · les cent nuits dont il est question ensuite, et qui signillent evidernment au plus · souvent, tous les soirs ·. Mais ce qui n’etait d’abord que metaphore et maniere de dire poetique a. fort bien pu dans la suite etre pris au sens litteral; et il paralt vraisemblable que, si ce n’est celle·ci meme, c’est quelque autre poesie du meme genre qui a dxe le chidre de cent nuits de la legende de Kornachi.
� TQ me c 1 N Q N O son conge railleur, et laissant entendre au contraire qu’elle se repentit ensuite de sa folle exigence et pleura longtemps celui qui venait de disparaitre. Quant au general de Fuhahusa, l’bistoire ne connait aucun personnage de ce nom, qui est celui d’un village des environs de K yéto. Toutefois il exista a cette epoque un certain Yosbimine no Munesada qui fut general (sh6j6) de la garde de gaucbe; il etait partzculierement aime de l’empereur Nimmya, qui est connu aussi sous le nom d’empereur de Fukakusa, Fulzakusa Tenna, a cause de l’a[ection qu'il avait pour cet endroit : c’est en souve- nir de cette afection que Fulraleusa futl ensuite cboisi pour le lieu de sa sepulture. Le Yamato monogatari, recueil d'anecd0tes sentimentales ornees de poesies paru vers le milieu du x° siécle, raconte comment, aussitét apres l’enterrement de l’empereur, ce jeune ojficier dis- parut sans qu'on pat savoir ce qu'il etait devenu, et aussi comment plus tard il fut, grace a un ecbange de poesies, reconnu sous un babit de maine miserable par Ono no Komacbi qui avait ete autrefois en relations tres I etroites avec lui. Et la poesie qu'il lui attribue a cette - occasion exbale en efet comme un parfum d’ancien amour mal eteint. Komacbi voulut le revoir et lui parler; sans perdre un instant elle le chercha et le jit rechercher; mais il s'etait derobe en toute bale et demeura introuvable. Ces rapprocbements ont fait supposer que le surnam de l’empereur avait da passer a son favori et que le pseu- ' donyme de general de Fukahusa cacbait le general a Yosbimine no Munesada. Il serait asseg interessant qu 'il ' en fat ainsi ; car celui-ci s'eleva dans la suite aux pzus bauts rangs de la bierarcbie bouddbique .· il devint Ie I celebre saja Henja, compte comme Komacbi elle-meme au a nombre des six grands poétes de cette epoque. I
� SOTOBA-KOMACHI 1w L'auteur du 1:6 a utilise cette legende d’une facon fort originale, conforme d’ailleurs aux idées du temps. On croyait alors zi la ·vengeance postbume de I 'amour meprise. · Ce n'etait pas asseq d’un regret, fzit-il douloureux, ni meme d’un remords, pour punir la legerete feminine qui s’etait jouee du tourment d’u1: cceur d’bomme. O1: avait imagine une sorte de possession .· I ’esprit du mort venait s'emparer de la coquette, la tourmenter, lui faire mdurer les peines et les tortures qu 'elle a·vait imposees. C’est par une scene de ce genre, dont les n6 ofrent du reste d’autres exemples encore, que se termine cette piece .· Komachi possédee par l’esprit de celui qu’elle a repousse, ou plut6t cet esprit meme qui s'est empare d'elle et parle par sa bouche, nous raconte l’bistoire du passe; Komachi n’existe pendant ce temps que pour souyrir, et ne redevient elle-meme que lorsque la colere du mort s'est satisfaite une fois de plus. C’est cette scene qui jit autrefois dormer zi ce n6 le nom de Komachi monogurui, es la Folie de Komachi ». · I Lf} r Qui a imagine la station de Komachi au stupa du bois L de pins d’Abe1:o (‘), sa rencontre avec des bonqes, et la r a poésie plaisante » qu’elle jit a cette occasion et qui est ` citee a la jin de la scene III 2 On ne le sait, et peut-etre faux-il en faire bonneur d I 'auteur de ce 1:6. Quai qu’il en soit, une partie importante de la piece - tout le dialogue de la scene III —— roule sur quelques points de la mys- iique de l’ecole Sbingon, et notamment sur ce qu’on Pwrrait appeler la tbeorie du stupa, sur le symbolisme (') Le texte de l’ec0le Komparu est d’ai1leurs le seul qui P¤’¢¤isc autant le lieu de la scene. E 1 } ` a
� me c 1 N Q N 6 et la signqieation que cette doctrine lui attribue. Il parait indispensable d’en dire quelques mots pour faciliter l'intelligence de ce dialogue. Bien qu’il afecte aussi parfois d'autres formes plus simples ou plus compliquées, le stupa est normalement compose, d’apres cette école, de cinq parties étagées, sym- bolisant originairement et pour ainsi dire au premier de- gré, les cinq éléments du monde materiel. C ’est le gorin-t6. ec stupa des cinq cercles » ou des cinq éléments, ainsi appelés parce qu’ils remplissent le monde et y sont par- tout presents. A la base, un cube représente l’étément ` terre; sur celuici repose une spbere, figure de Félément eau; elle supporte une pyramide quadrangulaire symbo- lisant le feu, dont le sommet, légérement tronqué, recoil la partie convexe d'une demiispbere représentant le vent; I le tout est couronné par le joyau classique (maui nyoi k6ju), jigurant l’espace. Le stzipa brpe, pour ainsi dire, T est en pierre; mais dans la pratique, il se fait aussi I d'autres matériaux. ll en est notamment beaucoup en bois: dans ce cas, les di [érentes formes qui entrent dans sa composition sont simplement seuzpxees d l’extrémite d’un madrier ,· c’est d’un stzipa de ce genre qu’il s’agit dans cette piece. Il peut perdre en quelque sorte toute épaisseur et n'étre qu' une simple plancbe dont on aura entaillé les bords de facon zi y reproduire la succession des angles et des courbes que dessine la superposition de ses difé- z rentes parties; on en -voit de tels en grand nombre dans les cimetiéres. Ce simple scbéma est d'ailleurs conforme d la description classique du stupa qui ne tient compte que d'une des faces du monument ou, si l’on prefere, de sa projection sur un plan paralléle zi une de ses faces. D’aprés cette description, en e [et, il se compose d’un carré, d’un cercle, d' un triangle, d'une as demi·lune », et ; · I I I I
� SOTOBA-KOMACHI 167 dune cforme circulaire », cerele ejlle en jlamme d sa partie supérieure, figure du joyau. De plus, cbacune de g ces parties est normalement a [ectee d’un caractere sans-
! crit, plus ou mains sqlise, le premier du nom de l’ele·
ment qu'elle represente. D’autres symbolismes encore sont attaches au stupa. Ses divers elements correspondent aux cinq points cardi- naux, soit d partir du bas, au Nord, d l' Ouest, au Sud, d l’Est et au Centre; ils representent les cinq buddbas du Sbingon, soit, toujours dans le meme ordre, §Zalrya— muni sous le nom d'Amogba-Siddbi (Fulru-jojd), Ami- tdbba, Ratnasambbava, Aksobbya et V airocana (Daini- cbi), le buddba ideal supreme, personnqication, si l’on peut ainsi dire, du dharmakéya. Mais c’est surtout de la representation des cinq elements que le stupa tire son importance : c’est par ld qu’il est la figure et en quelque ‘ sorte le résumé de tout le monde materiel dont il reunit ‘ sous une forme ideale les constituants essentiels. Il y a plus : en debors de ces cinq elements, qui sont as prin- eipes » (ri), et ressortissent au garbhadhétu (taizékai), monde des formes, il en existe un autre, la << connais- sance » (shiki), 'qui est << intellect » (chi), et ressortit au vajradh£1tu(k0ng6kai), monde des idees. Ces six elements sont universels, existent en tout etre quel qu’il soit; ils sont inseparables, et l’un entraine les autresj Mais, d’une part, le monde des formes et le monde des idees ne sont pas substantiellement diferents .· its constituent un seul et meme univers considere sous deux aspects; le principe et l’intellect sont identiques, et la connaissance se confond a·vec les autres elements qui sont ses objets. Ce n’est donc pas seulement le monde materiel, mais l’uni·vers entier, ou si l’on pre fere, la totalite de l’etre, qui est symbolise, concentre en quelque sorte sous . .1
� I ¤m CINQ NO la forme de tous ses elements, dans le stupa. D’autre part, ces elements etanl inseparables dans les etres parti- culiers, dans les divers aegres ou formes d’etre qu’ils constituent, qu’il s'agisse de matiere inanimee, d’étres vivants, d’bommes, de demons ou du Buddba, tous les possedent, tous ont la meme nature fonciere, par leur essence tous sont identiques, et le grand buddba ideal. Vairocana, n’est pas en sa realite fonciere distinct du monde ou du reste des etres. Symbole, mais symbole identique en son fond d ce qu'il represente, resume, sublimation en quelque sorte de l’essence de l'uni·oers, le stdpa est donc aussi et par ld meme le symbole en identite d’essence de V airocana ; il en est la manifestation exterieure sous le symbole des ele- ments du monde; il en est, suivant l'expression technique, la ec forme occasionnelle » (‘) (samaya·gy6); il est bien le corps materiel (shikishin) du Buddba ,· il est meme le Buddba lui-meme, puisqu’il njv a point de distinction reelle entre le corps, l’etre figure, et le Buddba. Ces quelques explications aideront peut-etre zi sui-vre la discussion de Komacbi et des bonres. Attaquee par eux au nom de la saintete du stupa qu’elle n’a pas respectee, l elle se defend en en appelant au grand principe d’iden- E tile sur lequel est fondee cette saintete, et grece d lui, triompbe de ses adversaires, qui jinalement admirent sa { grande connaissance de la loi, et s'inclinent dervant elle. Un mot encore, pour expliquer l’allus:bn qui est faite zi Vajrasattva au cours de cette discussion. , La doctrine du Sbingon, qui recut en Cbine et ensuite E au japon de nouveaux developpements, remonte, d’apres (*) Ou dc circonstancc. l I a · - a
� · s0TOBA-KOMAcH1 xm la tradition, au grand bindou Ndgdrj una. Au cours d’un voyage dans l'lnde méridionale, il découvrit, cacbée parmi ” de bautes montagnes, une tour de fer ou il penétra. ll y trouva le bodbisattva ideal V ajrasattva (Kongbsatta), qui attendait sa venue. Celui-ci, en e jet, avait été spéciale- ment cbargé par V airocana de lui transmettre la doctrine des deux mondes, avec l’ordre de la répandre. Aussi Vajrasattva est-il représenté comme l’initiateur des tbéories de Sbingon, et notamment dans cette piece, le fondateur du symbolisme du stupa. · La piece se termine beureusement. Les soujfrances eprou- vées par K omacbi lui deviennent salutaires ; grace d elles, elle connait tout le mal qu’elle a fait, les douleurs qu’elle a causées; le repentir s’eveille en son cceur et l’amene a se conjier en la foi bouddbique : nouvel exemple de la puis— sance et des beureux ejfets de cette 4: discordance des con- ditions », qu’elle avait proclamés un instant auparavant devant les moines. V) Sotoba-Komachl est l’un des plus anciens no que nous possedions; il ne peut etre postérieur aux toutes pre- mieres annees du xv° siecle, car son auteur, le premier ' des Kwange, Kwanami K zyotsugu, mourut en 1406. ll semble que son talent, moins souple peut-étre, moins afjine, mais plus vigoureux et plus profond que celui de. son l jils Motokivo, ne se soit jamais mieux afjirme, g eleve plus baut que dans cette piece. Rarement la foi bouddbique s’est exprimée dans les no aussi energiquement qu’elle le fait dans l’uta des moines remplacant le << cbant de la route »; et cette premiere derogation d la forme ordinaire a dejd sa signijication : ilsvivent bien en efet bors du monde, ces moines qui le traversent les yeux fer-
� nm CINQ N0 mes zi ses beautes, le caeur insensible d ses afections. Ra- rement aussi on a ose mettre zi la scene une mystique aussi relevee que celle qu’expose la discussion de Komachi et des moines. ll faut noter de plus faudacieuse franchise et l'instinct dramatique veritable avec lesquels est amenee la scene finale, celle de la possession. A peine un mot l’a-t-il fait pressentir, et dejd, selon son expression, K omachi est folle, ou plus exactement pcsseaee par l’esprit du mort qu’elle a repousse autrefois. Au point de vue drama- tique. c’est evidemment ld que commence la seconde par- tie de la piece ,·· la transformation du shite, qui caracte- rise normalement celle·ci, est complete des ce moment. Mais elle est tout interieure, et les regles du ne exigent des signes exterieurs 'accusant nettement la distinction des deux parties. Ceux-ci n'apparaissent qu’un peu plus loin, avec le changement de costume, qui pour un instant ‘ va faire de la vieille pauvresse un jeune et brillant cour- tisan, le general de Fukakusa lui—meme. Au point de vue 1 technique, c’est alors seulement quecommence la deuxieme partie. Ainsi qu’il arrive dans plusieurs des pieces attri- huees e K wanami K brotsugu, il nfy a pas d’intermede; le cbangement de costume se fait zi l’arriere-plan, d- la vue des spectateurs. ‘ "` { Pour aneienne qu’elle soit dans l’ensemble, la piece que nous possedons n’en a pas moins subi sans doute quelques legeres retoucbes. D’une au mains nous sommes assures. Seami, dan s l’undeses Opuscules dont nous avons souvent parle, le Nbsaku sho, << Traite de la composition des ne », nous apprend que les auteurs de son epoque, et lui sur- `tout, modqiaient. et parfois refondaient les anciennes { M . l · < ` 4
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� SOTOBA·KOMACHI 17: pieces pour les adapter au gout du jour; et dans son Sa- rugaku dangi, an Causerie (explication orale) sur le sam- gaku », il dit : or Komachi etait autrefois un no tres long. Apres les mats : oc Qui sont danc ceux qui passent », le cbant continuait encore longtemps. » Le passage cite, bien qu’nn mot y difere du texte actuel, ne permet pas de douter qu’il s’agisse ici de Sotoba-Komachi, et etablit qu'une coupure au mains y fut pratiquee. Vraisemblable- ment elle le fut par Seami, qui ·voulut abréger, alleger peut-etre l’oeu·vre de son pere. Il n'est pas inoraisem- blable qu’il en ait fait d’autres. On remarquera qu’a la scene IV, les textes du shimo-gakari contiennent sept vers partages en six repliques que n'ont pas les textes du ka- mi·gakari. Des diferences aussi impartantes dans des passages cbantes sont extremement rares,· elles ne s’ex·· pliquent que par un remaniement du texte ,· et d’ap·res ce que nous ·oenons de voir, la probabilite est en fa·veur d'une coupure plutét que d’un allongement, coupure que le kami-gakari seul aurait acceptee. Ajautons que la piece n’ez2t rien perdu sans doute si Seami en avait fait disparaitre la <s poesie plaisante » et le calembour de gout douteux qui terminent la discussion de K omacbi et des ` moines. Mais l’bistoire n’ei2t—elle pas eu ci regretter ces quelques vers, dans lesquels elle pourra peut-etre trouver un oestige d’une epoque ou le comique se melait encore au drame ? <.£ La structure de la piece est tres reguliere; les di je- rentes farmes y sont d’ une grande nettete, et le rongi en particulier peut passer pour un modele du genre. — Nulle part d'ailleurs cette regularite, non plus que la variete des elements mis en oeuvre, ne semblent avoir gene ni
� m c 1 N Q N 0 contraint l’auteur, dont la maitrise parait absolue. Tou- tefois il n’a pas utilise la forme composee kuri, sashi, kuse, qui d’ordinaire a un role important dans les no ,· elle semble remplacée ici par le dialogue cbante de- la scene IV. Disons enjin que ce no passe pour un des plus defi- ciles :1 executer. Le manque d'action scenique pendant la plus grande partie de la piece concentre tout l'interet sur quelques attitudes tres simples, sur la diction, le ton et les injtexsons de la voix qui doi·vent etre d’une justesse parfaite. C ’est une dzfjiculte dont seuls peuvent triom- pber les meilleurs acteurs en pleine possession de leur · talent. Nous donnons cette fois le texte de l’ecole Komparu qui nous a semble le plus complet et le mieux tenu de E tous. ( l ‘ 4 `>‘ e . I I ` •. M" I ` E ’“ l
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SOTOBA-KOMACHI
PERSONNAGES.
SHITE. — Ono no Komachi.
WAKI et WAKI-ZURE. — Moines des monastères du mont Kôya.
Àpartir de la fin de l’uta des moines, la scène est dans le bois de pins d’Abeno, à quelque distance de Kyôto.