‹ Cinq nôChapitre 5 sur 8 · Scène IV.

Scène IV.

Waki.

Voila une mendiante d'une intelligence extraordinaire. Je veux lui demander quel fut autrefois son nom. Holà, mendiante ! Dis-nous le nom que tu portais autrefois.

Shite.

Eh bien, soit; malgré la honte que j’en éprouve, ie vais vous dire mon nom.

Il se lève et fait un pas en avant.

Je suis la fille d'Ono no Yoshizane, chef de district [du pays] de Dewa; Voila a quelle extrémité est réduite Ono no Komachi. nk cruo NO wma et wAm-zum:. Ah! qu'elle est digne de pitié! Komachi Autrefois fut une femme répandant la ioie. Sa beauté brillait comme une ileur, Le croissant noir de ses sourcils avait des reflets bleus, Et le fard [de ses joues] ne perdait jamais sa blancheur. cnozun. R Ses robes de tin damas superposées nombreuses I Débordaient les pavillons de bois précieux (‘). I sums. Les parures faisaient mon seul souci; caozun. I Hors de ma portée, elles excitaient mes regrets, Sous ma main, elles m’accablaient d’inquiétudes ('). I I · surrs. I Les bandeaux de ma chevelure se courbaient en vagues [bleuissantes: cr-nozun. I Tels des nuages aux teintes vives entourant un sommet [verdoyant. smrz. f Parée de Yélégance de mes robes, , I cuozun. I je ressemblais A la ileur de lotus flottant sur les vagues [au matin. [ s¤—u·rs. I je composais des chants, j’écrivais des poésies; I I ‘ I I I . I I

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soronn-Komacnr rw cmzux. La coupe apportant l’ivresse snrre. Mettait sur ma manche la tranquille image de la lune au [ciel étoilél (') · cnczun. Cet 'état si brillant Quand donc s’est-il changé a ce point P Ma téte s’est convene d’armoise blanche de givre (’); Les deux bandeaux gracieux de mes cheveux Se sont amincis sur ma chair ; leur jais s’est mélangé. Mes [sourcils, ces] deux fourmis arquées ('), Ont perdu leur teinte de montagnes lointaines. ‘ snrre. as lls ont cent ans, cr-iozun. l ll s’en faut d’un an, mes cheveux cré- [pelés comme des algues » (‘) Pendant [le long de mes joues]. Voila ce que sont mes [pensées ; et dans la clarté de l’aube, Ah! j’ail1onte de mon propre aspect! Dans le sac suspendu a ton cou Qg’as·tu donc mis? ‘ SHITE. Bien que la vie pour le jour présent méme ne soit pas Pour apaiser ma faim demain, [assurée, ’ C’est une galette séche de millet et de féves Qne j’ai mise et conserve en ce sac.

� Chœur.

Et dans le sac que tu portes sur le dos ?

Shite.

Il y a un vêtement souillé de sueur et de poussière.

Chœur.

Dans le panier de bambou suspendu in ton bras ?

Shite.

Il y a des sagittaires (1) blanches et noires.

Chœur.

Mon manteau de paille déchiré,

Shite.

Mon chapeau tout rompu,

Chœur.

Ne cachent même plus mon visage.

Shite.

Comment [me défendraient-ils] du givre, de la neige, de [la pluie, de la rosée ?

Chœur.

Et pour essuyer mes pleurs,
je n’ai plus mes larges manches flottantes (2).
A présent, errant le long des chemins,
je mendie auprès des passants ;
Et quand on me refuse, un mauvais sentiment,
Une folie même s’empare de mon cœur,
Ma voix change, et c’est horrible.

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