Chapitre 21 Ce qui était arrivé à Conscience la troisième fois qu’il avait rencontré l’empereur
Tout cela, comme nous l’avons dit, était bien vague aux yeux et aux oreilles des habitants des deux chaumières.
Ils s’inquiétaient peu que l’ex-empereur se fût appelé Napoléon ou Nicolas, le lion du désert ou le vainqueur des peuples.
Ils ignoraient complètement ce que c’était que l’île d’Elbe.
Ils savaient à peine ce que c’étaient que les Bourbons.
Ce que le père Cadet savait, c’est que les Russes étaient campés sur sa terre, si bien labourée, si bien ensemencée, si bien hersée par le voisin Mathieu, et qu’il ne fallait pas compter sur la récolte de la prochaine année, écrasée aux pieds des chevaux.
Ce que savaient Madeleine, dame Marie et Mariette, c’est que l’on ne recevait point de nouvelles de Conscience, et que plus d’un mois s’était écoulé depuis qu’il avait écrit.
Bastien gardait le même silence.
Au reste, la poste avait, pendant quinze jours à peu près, cessé de marcher, et venait d’être rétablie depuis huit jours à peine. Les chemins, coupés de tous côtés par les armées ennemies, étaient rendus peu à peu à la circulation. La tranquillité de Paris, l’établissement du gouvernement nouveau apportaient à la province cette amélioration qui devenait de jour en jour plus sensible.
Cependant Mariette n’avait pas encore osé reprendre le service matinal de ses pratiques de Villers-Cotterêts ; il n’était point séant, pour une jeune et belle fille comme elle, de s’aventurer au milieu des bivouacs qui couvraient la plaine et la garnison qui emplissait la ville. Les ordres les plus sévères avaient cependant été donnés par le général Sacken, qui commandait l’immense corps d’armée russe s’étendant de Laon aux limites occidentales du département de l’Aisne.
Quant à Bernard, on avait pu remarquer une chose : c’est que, pendant toute la matinée du 8 mars, il avait semblé fort inquiet. Vers une heure, il avait paru prendre le vent, s’était tourné du côté de l’est, et avait poussé un triple hurlement qui avait rappelé avec terreur aux pauvres femmes le hurlement à peu près pareil qu’il avait poussé le jour où Conscience s’était coupé le doigt.
Tardif, Pierrot et la vache noire avaient répondu à ce hurlement chacun à sa manière et dans sa langue.
Toute la journée, on avait été fort inquiet ; Bernard, pendant le reste de cette journée et pendant les journées suivantes, était resté triste, mais calme ; seulement, de temps en temps, il poussait une plainte, comme si cette plainte correspondait à une douleur qu’eût subie une personne éloignée.
Madeleine secouait la tête tristement.
— Il est arrivé malheur à Conscience, disait-elle ; il souffre, puisque Bernard se plaint.
Les deux femmes essayaient de la rassurer ; mais leurs consolations étaient d’autant moins efficaces, qu’elles avaient les mêmes craintes au fond du cœur.
Enfin, un matin, c’était le 3 mai, Mariette se tenait pensive au seuil de la porte, lorsque, à la sortie du village et s’avançant vers les deux chaumières, elle aperçut le facteur.
Le facteur venait-il aux chaumières, ou allait-il au petit château des Fossés ?
Le cœur de la jeune fille battit violemment.
Mais son doute fut bientôt résolu. Le facteur l’aperçut à son tour, et, en l’apercevant, éleva une lettre en l’air.
Mariette jeta un cri de joie qui retentit jusque dans la chaumière de Madeleine, et elle s’élança au-devant du facteur.
Le facteur, de son côté, doubla le pas.
En une seconde, Mariette fut à lui.
— Une lettre ! une lettre de Conscience, n’est-ce pas ? s’écria-t-elle.
— Je ne sais pas si c’est de Conscience, dit le facteur, mais c’est une lettre qui vient de Laon.
— Donnez.
— La voici. C’est dix sous, ma petite belle.
Mariette fouilla à sa poche, en tira dix sous, les donna au facteur, et jeta les yeux sur l’adresse.
L’adresse était d’une main inconnue.
Cependant, comme cette lettre semblait en contenir une autre, comme la jeune fille seule savait lire et allait probablement être chargée de la lecture de cette lettre, elle en brisa le cachet.
En effet, la première lettre en contenait une seconde avec cette suscription :
Pour Mariette seule.
Ces trois mots étaient bien de la main de Conscience, et cependant ils étaient si singulièrement écrits, ils suivaient si peu la ligne droite, que, au lieu de rassurer Mariette, ils l’effrayèrent.
En ce moment, Madeleine parut sur la porte.
— Une lettre ! une lettre ! n’est-ce pas ? s’écria la pauvre mère.
Mariette cacha vivement dans sa poitrine le papier destiné à elle seule ; puis, s’approchant vivement et toute tremblante de se trouver ainsi isolée de la famille par le bien-aimé de son cœur :
— Oui, dit-elle, une lettre… mais je ne sais pas si c’est de Conscience.
— Est-elle cachetée de noir ? demanda la pauvre mère.
— Non, de rouge, dit Mariette.
— Dieu soit loué ! s’écria Madeleine ; en tout cas, elle ne m’annonce pas la mort de mon enfant.
On rentra dans la chaumière, et l’on trouva le grand-père tellement penché hors du lit, qu’il avait failli en tomber.
Lui aussi avait entendu ce cri : « Une lettre ! une lettre ! »
Dame Marie l’avait entendu également du jardin, où elle était occupée à cueillir quelques légumes, et, comme elle accourait de son côté, en même temps que petit Pierre, toute la famille se trouva au complet pour écouter la lecture de la lettre.
Mariette commença :
« Très chère et très honorée mère… »
– Ah ! s’écria-t-elle, quoiqu’elle ne soit pas de son écriture, la lettre est de lui.
— Mais pourquoi donc n’écrit-il pas lui-même ? demanda Madeleine inquiète.
— Nous allons le savoir, dit Mariette.
Et elle reprit :
« Très chère et très honorée mère.
» Ne vous inquiétez pas trop d’abord, en voyant que cette lettre, qui vous vient de moi, n’est pas de mon écriture.
» J’emprunte la main d’un ami pour vous donner de mes nouvelles et vous dire qu’à la bataille de Laon, au moment où, me reconnaissant, et où, sans doute, se rappelant la promesse qu’il m’avait faite, s’il me retrouvait une troisième fois sous le feu, l’empereur s’avançait vers moi, un obus a fait sauter le caisson que je servais, et, m’enveloppant d’un nuage de flamme et de fumée, m’a renversé évanoui et tout à fait comme mort ! En un instant, tout a disparu à mes yeux, et j’ai cessé de voir et d’entendre. »
– Oh ! mon Dieu, mon Dieu ! murmura Madeleine.
— Pauvre Conscience ! dit Mariette en essuyant les larmes qui mouillaient ses yeux et qui l’empêchaient de lire.
— Continue donc, dit le père Cadet.
Mariette reprit :
« La fraîcheur du soir m’a fait revenir à moi ; on enterrait les morts et on enlevait les blessés. On s’aperçut, à mes plaintes, que je n’étais pas mort, et l’on m’emporta à l’hôpital. Ce fut là seulement que je m’aperçus que l’action du feu avait surtout porté sur ma vue, et que je courais risque de la perdre… »
– Perdre la vue, mon pauvre enfant ! s’écria Madeleine.
— Attendez donc ! dit Mariette, vous voyez bien qu’il ne l’a pas perdue, mais qu’il court seulement risque de la perdre.
— Tu as raison, dit Madeleine. Lis, mon enfant, lis !
— Oui, lis ! lis ! répétèrent toutes les voix avec un frissonnement qui indiquait l’impatience.
« Depuis ce temps, on me tient les yeux bandés, le chirurgien de l’hôpital disant que c’est nécessaire à ma guérison ; mais, malgré ses encouragements, je crains beaucoup de ne plus jamais y voir comme autrefois… »
– Aveugle ! aveugle ! mon pauvre enfant est aveugle ! aveugle ! s’écria Madeleine en se tordant les mains.
— Mais, pour l’amour de Dieu, dit Mariette, prenez courage, mère Madeleine ; je sais bien qu’il dit qu’il craint de ne plus y voir comme autrefois, mais il ne dit pas qu’il soit aveugle.
Et, tout en essayant de consoler la mère de Conscience, Mariette éclatait elle-même en sanglots.
Dame Marie était tombée sur une chaise, et petit Pierre, qui s’était rapproché d’elle tout doucement, lui disait :
— Dis donc, mère Marie, si Conscience est aveugle, il va donc être comme le pauvre qui demande l’aumône à la porte de l’église ?
Mariette reprit :
« Cependant, ma chère et honorée mère, ne vous désespérez point, car il me semble m’apercevoir qu’il y a du mieux, et, grâce à vos prières, à celles de dame Marie et de Mariette, s’il plaît au Seigneur, je guérirai.
» Je voudrais pouvoir vous donner des nouvelles de Bastien, mais celles qui sont venues jusqu’à moi sont des plus tristes. Un hussard qui est avec moi à l’hôpital et qui faisait partie de son régiment l’a vu tomber au milieu d’une charge, frappé d’un coup de sabre à la tête. À la quantité de sang qui coulait sur son visage lors de sa chute, on craint qu’il n’ait eu le front fendu.
» On ne l’a pas revu depuis, et personne ne sait ce qu’il est devenu.
» S’il est mort, c’est un brave soldat et un honnête garçon de moins, et, comme il nous a rendu de véritables services, j’espère, ma très chère et très honorée mère, que vous et vos amis ne l’oublierez pas dans vos prières.
» Adieu, ma très chère et très honorée mère, faites-moi écrire, par Mariette, à l’hôpital de Laon. La lettre me parviendra et me fera une grande joie, malgré le chagrin que j’éprouverai de ne pas pouvoir la lire.
» Je vous embrasse bien tendrement et bien respectueusement, vous priant d’embrasser de ma part dame Marie, Mariette et petit Pierre, et de demander au grand-père sa bénédiction pour moi.
» Votre fils,
» Conscience. »
Puis, après le nom du jeune homme tracé par sa main, venaient, en manière de post-scriptum, ces deux lignes que l’on reconnaissait pour être de la même écriture que le corps de la lettre :
« Vous voyez bien, ma chère et honorée mère, que j’ai pu signer moi-même, ce qui est la preuve que tout n’est pas encore perdu ! »
La lecture commencée dans la crainte avait fini dans les larmes. Les trois femmes pleuraient ; l’enfant pleurait en les voyant pleurer ; le grand-père s’était renfoncé dans son lit.
Mais celle qui pleurait le plus douloureusement, quoique, grâce à un effort plus grand, elle parvînt à cacher ses larmes, c’était Mariette ; car elle pensait avec terreur à cette seconde lettre contre laquelle son cœur battait et qui contenait, selon toute probabilité, la vérité que Conscience n’avait pas osé dire à sa mère.
Aussi, comme elle avait hâte de connaître cette vérité, quelle qu’elle fût :
— Allons, dit-elle à Madeleine, du courage, bonne mère ! du moment où Conscience a signé son nom, c’est qu’il n’est pas aveugle tout à fait ; du moment où il ne l’est pas, c’est qu’il ne le sera pas… Tenez ! moi, j’ai bon espoir, et la preuve…
Elle chercha dans son esprit un prétexte pour s’éloigner, et, apercevant la faucille pendue à la muraille :
— Et la preuve, continua-t-elle, c’est qu’au lieu de me désoler avec vous, je vais aller faire de l’herbe pour la vache noire, qui nous donnait ce bon lait que nous allions vendre à Villers-Cotterêts avec Conscience. Allons ! priez pour lui, comme il le demande ; moi, je vais travailler, puisque monsieur le curé dit que travailler, c’est prier.
Et, en affectant une gaieté qui était bien loin de son cœur, Mariette détacha la faucille de son clou, embrassa les deux femmes, et s’éloigna vivement, marchant vers la partie la plus rapprochée de la forêt, qui était celle où elle avait l’habitude d’aller couper de l’herbe, et poussant sa brouette devant elle avec une force nerveuse qu’elle devait à la surexcitation dans laquelle elle se trouvait.
Mais, à peine eut-elle dépassé les dernières maisons du village, à peine fut-elle arrivée sous l’ombre des premiers arbres, qu’elle arrêta sa brouette, s’assit dessus, prit en tremblant la lettre dans son fichu, en rompit le cachet, et lut ce qui suit :
« J’ai voulu t’écrire cette lettre tout entière de ma main, ma chère Mariette, quelque peine que tu doives avoir à la lire, car il y a des choses que je veux te dire, à toi, et qui ne peuvent point passer par la plume d’une autre… »
Et, en effet, ces quelques lignes, comme les suivantes, étaient presque illisibles, les lettres s’enchevêtrant les unes dans les autres, et les lignes se brouillant sans cesse.
— Ah ! pauvre Conscience, murmura Mariette qui, à la vue de ce triste désordre, devina tout.
Et, poussant un soupir, elle continua :
« Mariette, je n’ai point osé l’écrire à ma mère, parce que c’est trop affreux, Mariette, je suis aveugle !… »
Mariette jeta un cri ; des larmes jaillirent de ses yeux, et, quoiqu’elle les essuyât avec une espèce d’acharnement pour arriver à la suite de la lettre, elles coulaient avec tant d’abondance, que la pauvre enfant ne pouvait lire à travers le voile humide qui se renouvelait sans cesse devant ses yeux.
Cependant, grâce à la puissance de sa volonté, elle parvint, sinon à tarir, du moins à suspendre ses larmes, et continua :
« Mariette, l’explosion a brûlé mes yeux ! je suis aveugle pour la vie ! Je ne vous verrai plus jamais avec les regards du corps, ni toi, ni mère Madeleine, ni dame Marie, ni le grand-père, ni l’enfant, ni personne de ceux qui m’aiment !
» Oh ! Mariette, Mariette ! j’en mourrai bien sûr !… »
Mariette ne s’apercevait pas qu’elle lisait tout haut et qu’elle sanglotait en lisant.
« Inutilement je veux appeler à moi cette résignation que je croyais trouver au fond de mon âme dans les grands malheurs ; c’est impossible ! Je me répète sans cesse : « Malheureux, tu es aveugle ! malheureux, tu ne la verras plus !… plus jamais ! jamais ! jamais !…
» Mais ne crois pas, par tout ce que je te dis là, que je sois assez égoïste pour exiger que tu penses encore à moi, et que tu te croies encore liée à moi ; non, Mariette… Voilà le printemps qui revient. Quoique je ne voie plus les petites feuilles vertes des arbres, les nuages du ciel, je sens cependant que le vent s’est adouci, que l’air est doux et parfumé, et qu’il m’apporte parfois des senteurs champêtres, comme il m’en apportait lorsque tu venais au-devant de moi avec un gros bouquet de fleurs des prés ou des bois.
» Et, avec les feuilles des arbres, avec les nuages roses, avec l’air plus doux, vont revenir les fêtes de nos villages, les fêtes de Longpré et de Vivières… Mariette, elles sont faites pour toi encore, ces jolies fêtes où tu dansais si joyeusement. Tu iras à ces fêtes, Mariette, et tu profiteras de ton beau et jeune temps, car, si tu devais souffrir et te priver pour moi, je préférerais qu’une balle m’eût frappé au cœur, et qu’on m’eût, moi aussi, couché dans cette grande fosse où, tandis que l’on m’emportait encore à moitié évanoui, j’ai entendu jeter tant de mes pauvres camarades !
» Mais, Mariette, j’ai une prière à te faire, et c’est pour cela surtout, et non pour te faire de la peine, que je t’écris : Mariette, prépare peu à peu ma pauvre mère au malheur qui nous arrive… et veille à ce qu’elle ne tombe pas dans le désespoir, ô ma bien-aimée Mariette !…
» Ton pauvre Conscience,
» Qui te rend ton amour, mais qui gardera le sien jusqu’à la mort !
» P.-S. Si tu trouves une occasion, envoie-moi Bernard ; j’aurai bien besoin de lui lorsque je commencerai à sortir. »
– Ô mon Dieu ! c’est trop de douleur ! s’écria la jeune fille ; mon Dieu ! ayez pitié de nous !
Et elle essaya de tomber à genoux ; mais les forces lui manquèrent, et elle s’affaissa, les bras pendants et la tête renversée sur le brancard de sa brouette.
Elle resta une instant ainsi inanimée ; presque évanouie.
Mais l’air chaud et caressant du printemps, les rayons du soleil matinal du mois de mai la ranimèrent ; le sang circula de nouveau dans ses veines ; elle leva la tête, chercha à rassembler ses idées, se souvint de l’horrible malheur, ramassa la lettre tombée près d’elle, la plia, la remit dans sa poitrine après l’avoir baisée ; puis, se redressant comme mue par une force supérieure, elle prit sa faucille, et, coupant et arrachant l’herbe à la fois, elle en eut, en moins de dix minutes, rempli sa brouette.
Alors elle revint rapidement à la maison. Son œil était fixe, son sourcil à demi froncé, sa lèvre entrouverte. Elle partagea l’herbe en deux rations, en jeta une dans le râtelier de la vache noire, et, faisant le tour de la maison du père Cadet, elle alla porter l’autre à Tardif.
Puis elle rentra dans la chaumière de gauche par la porte de la cour.
Tout le monde était encore, chacun ou chacune, où elle l’avait laissé, excepté le petit Pierre, qui avait déjà oublié le chagrin des autres et le sien, et faisait voler son hanneton au bout d’un fil.
— Ma mère, dit Mariette en entrant à dame Marie, je pars demain pour aller voir Conscience.
Dame Marie tressaillit.
— Que dis-tu là, mon enfant ? demanda-t-elle.
Madeleine crut avoir mal entendu : elle tendit l’oreille.
Le père Cadet reparut hors du lit.
— Je dis, ma mère, reprit Mariette avec la même fermeté, que, demain matin, je pars pour aller voir Conscience.
— Mais, mon enfant, s’écria dame Marie, c’est très loin Laon… au bout du département, à ce que l’on dit.
— Ma mère, fût-ce au bout du monde, j’irai !
— Mais tu ne sais pas le chemin…
— Je dirai sur ma route à tous ceux que je rencontrerai : « Je vais voir un aveugle qui est à l’hôpital de Laon, indiquez-moi mon chemin ! » et ils me l’indiqueront.
— Mais il est donc aveugle ? s’écria Madeleine avec désespoir.
— Oui, dit Mariette presque égarée, il l’est !…
Madeleine vint s’agenouiller devant la jeune fille, et, les deux mains jointes :
— Oh ! Mariette ! dit-elle, si tu fais cela pour mon enfant, je m’en souviendrai jusque sur mon lit de mort.
— Si je le ferai ! s’écria Mariette, si je le ferai ! oh ! oui, car je l’ai juré devant Dieu !… Mère Madeleine, je reverrai Conscience… je vous le ramènerai, ou je mourrai à la peine !
— Et tu lui porteras ma bénédiction, qu’il demande, sainte enfant, dit le père Cadet en étendant, par un effort suprême, ses deux mains vers la jeune fille.
C’était la première fois, depuis qu’il avait été frappé de paralysie, que le bras gauche du père Cadet retrouvait la vie et le mouvement.
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