Chapitre 11 Où ceux qui ont mal jugé le père Cadet et Bastien reviendront peut-être sur leur compte
Napoléon était pressé d’avoir les trois cent mille conscrits : aussi le conseil de révision était-il fixé au dimanche suivant.
C’était un dernier espoir pour les deux mères, pour Mariette et pour le père Cadet ; il leur semblait que leur pauvre innocent serait réformé, quoique, dans son orgueil maternel, Madeleine secouât quelquefois la tête en disant :
— Oh ! non, non ! ils ne le réformeront jamais ; il est trop beau !
Quant à Conscience, depuis sa conversation avec le docteur Lécosse, il savait parfaitement à quoi s’en tenir sur ce sujet.
Aussi, lorsque les femmes parlaient de ce dernier espoir, se contentait-il de sourire tristement sans rien répondre, car, même pour consoler sa mère, un mensonge lui eût coûté.
La route de Villers-Cotterêts à Haramont présentait un singulier spectacle. Haramont fournissait neuf jeunes gens. Sur ces neuf jeunes gens, cinq étaient tombés au sort. Haramont, on le voit, n’avait pas été trop maltraité.
Les quatre qui avaient échappé ou qui croyaient avoir échappé, car à cette malheureuse époque on n’était sûr de rien, revenaient avec leur numéro entouré de flots de rubans tricolores cloués à leur chapeau, chantant, riant, dansant, faisant retentir la forêt des éclats de leur joie.
Parmi les cinq autres, deux avaient cherché dans l’ivresse une consolation à leur malheur et chantaient, dansaient, criaient comme les autres, mais si tristement, si convulsivement, si douloureusement, qu’on eût dit des fantômes tirés du tombeau et forcés de partager pour un instant la joie inconnue ou oubliée des vivants.
Les trois autres, qui avaient conservé leur sang-froid, et de ceux-ci était Conscience, revenaient sans bruit, sans ruban, sans éclats, humbles, modestes et chrétiens dans leur douleur.
Ceux qui avaient pris les bons numéros arrivèrent les premiers, apportant la nouvelle de leur joie à eux, et de la tristesse des autres ; et, il faut le dire, quand on apprit que Conscience était tombé au sort, la douleur fut générale.
Conscience était si bon, si doux, si inoffensif, que chacun l’aimait !
Bastien était au cabaret lorsqu’il apprit la nouvelle ; Bastien, comme cela lui arrivait quelquefois, avait déjà bu plus qu’il ne convenait, et, les yeux animés, la langue agile, il entamait le récit de ses campagnes, coupant de temps en temps ce récit de toasts au vainqueur d’Austerlitz et de Wagram. Il portait le verre à sa bouche, après le cinq ou sixième toast, quand ces mots arrivèrent jusqu’à lui :
— Conscience est tombé au sort.
Il faut le dire, si près que fût le verre des lèvres du hussard, le verre ne toucha point ses lèvres.
— Comment dites-vous donc là-bas, à la porte ? demanda-t-il.
Un des conscrits avança dans le cabaret sa tête enrubannée.
— Nous disons que Conscience est tombé au sort, dit-il, voilà tout.
— Voilà tout ?… Morbleu ! s’écria Bastien en posant son verre sur la table, c’est bien assez, je présume ; c’est trop, même, ajouta-t-il d’un air sombre, car c’est le malheur de deux familles !
Et, d’un air plus sombre encore :
— Pauvre Mariette ! dit-il, va-t-elle pleurer ?
Et, se levant sans toucher à son verre à moitié plein, sans regarder sa bouteille à moitié vide, il sortit du cabaret, et, s’adressant au joyeux groupe de ceux que le sort avait favorisés :
— Et où est-il, ce malheureux Conscience ? demanda-t-il.
— Il vient derrière nous.
— Par la sente ou par la grande route ?
— Par la sente.
— Bon ! Je vais aller le consoler, si c’est possible.
Et il s’achemina vers la sortie du village.
Plus de cent personnes réunies attendaient à la sortie du village, et, de loin à travers les arbres, on voyait venir le lent cortège.
Conscience marchait devant avec sa mère ; son cœur, si parfaitement complet comme appréciation de sentiments, avait compris que, dans un pareil moment, il se devait tout à sa mère.
Puis venaient dame Marie et Mariette.
Puis le père Cadet et quiot Pierre, montés tous deux sur l’âne et silencieux comme les autres, quoique l’enfant ne comprît bien ni les causes ni l’importance de cette douleur.
Tout ce monde qui les attendait alla au-devant d’eux en les apercevant : Bastien le premier, Bastien en tête. Il lui avait semblé qu’il avait une foule de bonnes raisons à donner à Conscience, une foule d’horizons à lui ouvrir ; il lui avait semblé que ces raisons étaient si bonnes, ces horizons si joyeux, qu’il serait infailliblement consolé au bout de dix minutes de conversation avec lui ; mais, en l’apercevant, il sentit sa langue comme paralysée ; et, ralentissant sa marche, il se laissa successivement rejoindre et dépasser, d’abord par les premiers, puis par ceux du milieu, puis enfin par les derniers ; et, en voyant la profonde tristesse des deux familles, il secoua la tête en disant :
— Je me trompais, il n’y a que le bon Dieu qui puisse quelque chose pour ces pauvres gens.
Tout le monde était de l’avis de Bastien, à ce qu’il paraît, car personne ne hasarda un mot de consolation ; on n’entendit que le bruit des sanglots et celui des « hélas ! »
Bastien n’était plus même sur leur route. Il s’était rangé pour les laisser passer, résolu à ne pas même donner signe d’existence à Conscience, envers lequel il se sentait bien quelques petits torts, si Conscience ne faisait point attention à lui ; mais Conscience avait de grands yeux bleus auxquels rien n’échappait. Conscience aperçut Bastien, et lui, qui lisait si bien dans les cœurs, il vit une telle compassion dans celui du hussard, qu’il quitta sa mère et marcha droit à lui.
Bastien le vit venir et jeta un regard à droite et à gauche pour s’assurer si c’était bien pour lui que Conscience se dérangeait ; il n’y avait point à en douter : il était seul sur le bord du fossé, en dehors de tous les groupes.
Aussi marcha-t-il vers Conscience les bras étendus.
En même temps, il sentait un sentiment tout à fait inconnu qui s’emparait de lui et lui bouleversait le cœur.
— Ah ! mon pauvre Conscience ! mon pauvre Conscience ! s’écria-t-il en l’embrassant, tu vas donc partir, morbleu ? tu es donc tombé au sort, mille tonnerres ? Ça n’est pas juste, en vérité Dieu !… Un brave garçon comme toi, la perle des bons enfants, quoi… qui m’as sauvé la vie à moi !… à moi Bastien, qui vous parle… Oui, à moi, continua le hussard en s’adressant aux paysans qui le regardaient, étonnés de cette expansion de sensibilité toute nouvelle chez lui ; à moi la vie ! Oui, je disais toujours : « C’est Bernard ! » C’est vrai, en effet, que c’est Bernard qui m’a tiré de l’eau ; mais Bernard ne serait pas venu m’y chercher tout seul, dans l’eau ; plus souvent qu’il se serait mouillé les pattes pour moi ; ah ! ouiche ! il ne m’aime pas assez pour cela ! Non, c’est ce bon Conscience qui l’a envoyé à mon secours… c’est lui qui m’a tendu la main… c’est lui qui… Tenez ! c’est comme le soir de l’incendie de Julienne : eh bien ! j’ai fait bien des bavardages, bien des vanteries depuis, eh bien ! ce soir-là encore, c’est Conscience qui a tout fait ; c’est Conscience qui a sauvé les chevaux, les bœufs, les moutons ; c’est Conscience qui est allé chercher l’enfant au milieu des flammes ; car, voyez-vous, Conscience, c’est un gaillard qui a l’air de ne pas y toucher, n’est-ce pas ? eh bien ; moi, je le regarde comme le plus brave, comme le plus courageux, comme le meilleur de nous tous ! Tiens, va, Conscience, car ta mère t’appelle, car ta mère t’attend… Mais c’est égal, vois-tu, tu as dans Bastien un ami à la vie, à la mort ! et, quand Bastien dit cela, c’est vrai ; et, s’il trouve l’occasion de le prouver autrement que par des paroles, il le prouvera !… Va, Conscience… va !
Et il repoussa le jeune homme du côté de sa mère, qui l’attendait en effet, toute reconnaissante à Bastien de ce qu’il venait de faire, parce qu’elle sentait en effet que ce qu’il venait de faire était pour ainsi dire une éruption du cœur.
Les deux familles, comme d’habitude, à l’exception du père Cadet, rentrèrent à la chaumière de droite et laissèrent la porte ouverte afin que toutes les sympathies pussent arriver jusqu’à ceux qui en étaient l’objet.
Tout à coup, au milieu de cette foule d’amis qui entouraient les pauvres désolés, une femme s’ouvrit un passage : c’était Julienne, la fermière de Longpré. Elle tenait son enfant dans ses bras. Elle vint droit à Conscience, qui était assis sur un escabeau près de sa mère, et, déposant son enfant aux pieds du jeune homme :
— Conscience, dit-elle, aussi vrai que tu as sauvé la vie à cet enfant, je voudrais qu’il eût l’âge de partir à ta place ! Conscience, aussi vrai que tu lui as sauvé la vie, il partirait, non pas demain, non pas ce soir, mais à l’instant même, et toi, tu resterais près de ta mère et de Mariette.
Et la pauvre mère prononça ces paroles avec un tel accent de reconnaissance, que tous les assistants éclatèrent en sanglots et que Madeleine alla se jeter dans ses bras.
Bastien était en dehors, appuyé au bras de Catherine ; il avait vu ce qui venait de se passer ; il avait, à travers la porte, entendu ce qui venait d’être dit.
Il posa sa main sur le bras rond et potelé de Catherine.
— Tiens, dit-il, répondant à la pensée que venait d’éveiller dans son esprit l’action de Julienne ; en effet, mille nom d’un sabre ! c’est une idée, cela.
— Quoi ? demanda Catherine.
— Rien, la belle enfant… si ce n’est que, comme tu ne mourras probablement pas de chagrin de me perdre, ainsi que fera cette pauvre mère si elle est séparée de son enfant, je ne risque pas ta santé de te dire que je vais faire un petit voyage.
— Et où cela, mon Dieu ? demanda Catherine.
— Oh ! sois tranquille, pas loin, à Soissons, sous-préfecture de l’Aisne ; et, comme je présume que le père Mathieu ne me refusera pas un cheval, grâce au quadrupède, je serai de retour ici demain soir, ou après-demain au plus tard.
— Mais pour y rester, Bastien ?
— Qui sait ?
Et, se dégageant du bras de Catherine :
— Allons ! mes amours, dit-il, embrassez-moi ; souhaitez-moi un bon voyage et permettez-moi de décamper, plus tôt je serai parti, plus tôt je serai revenu.
Catherine connaissait Bastien ; elle savait que, lorsqu’il avait logé une idée dans son cerveau, il n’était pas facile de l’en faire déloger. D’ailleurs, Bastien parlait si souvent de belles connaissances qu’il avait dans les régiments ou dans les administrations, qu’elle avait cru qu’il avait à Soissons quelque belle connaissance à laquelle il pouvait recommander Conscience.
Et, comme au bout du compte elle était bonne fille, elle ne fit, dans l’espérance d’un prompt et fructueux retour, aucune difficulté de laisser partir Bastien.
Ce que Bastien ne manqua pas de faire à l’instant même, ayant obtenu du père Mathieu le cheval qu’il désirait.
De son côté, le père Cadet était rentré chez lui, il avait reconduit Pierrot à son étable ; il avait retourné son sac vide pour voir s’il ne restait pas au fond quelque écu caché ; puis, le voyant vide et bien vide, il l’avait enfermé dans un vieux bahut et était revenu s’asseoir dans son grand fauteuil de bois, d’où, par la double porte ouverte, il voyait de chez lui ce qui se passait chez dame Marie.
Et, il faut le dire, ce qui se passait chez dame Marie l’attristait profondément.
Le père Cadet aimait à la manière des vieillards, pour lui-même. Le malheur qui frappait les autres n’était pas pour lui un malheur direct, mais un malheur de contrecoup. À la rigueur, il n’éprouvait pas le besoin absolu de voir tous les jours Conscience et son chien, qu’il traitait parfois de fainéants tous les deux. Conscience se fût, dans ces conditions ordinaires, éloigné trois mois, six mois, un an, en laissant dans la chaumière une certitude de retour, que le père Cadet eût dit, sans trop d’émotion, adieu à Conscience ; mais il n’en était pas ainsi. Conscience s’en allait, où ? l’on n’en savait rien, ou plutôt on le savait trop : à la boucherie. Il laissait, en s’en allant, des cœurs désespérés, des yeux en larmes, des voix plaintives. Tout cela dérangeait les vieilles habitudes du père Cadet qui, au retour de sa terre, désirait trouver des visages riants et le souper prêt. C’était donc un changement dans sa vie, et il y a un âge où tout changement dans la vie est mortel ; avec ses soixante et dix-sept ans, le père Cadet était arrivé à cet âge-là.
Et puis, quoi qu’en disent les socialistes, l’idée de l’héritage est un grand aiguillon pour l’homme. Amasser, pour laisser à un enfant qui amassera à son tour, et laissera au sien le double de ce qu’on lui a laissé à lui ; s’endormir du sommeil éternel dans l’espérance qu’une terre de trois, quatre, cinq ou six arpents fera la boule de neige, deviendra une propriété aux mains du fils, un domaine aux mains du petit-fils, un fief aux mains des descendants, c’est là un de ces rêves de l’orgueil qui berce doucement le passage de ce monde dans l’autre, et le père Cadet voyait ses neuf arpents, sur lesquels il ne devait que seize cents francs qu’il pouvait payer parfaitement en deux années, grandir aux mains de Conscience, et, comme un tapis d’or grandissant toujours, couvrir, aux mains de ses descendants, toute la plaine de Largny ; ce qui lui faisait un horizon de froment, de trèfles et de colzas des plus agréables, comme étendue et comme variété de couleur.
Or, Conscience parti et tué ; or, lui, le père Cadet, mort, à qui revenaient ces neuf arpents ? réalité à laquelle le rêve donnait une si magnifique extension – à Madeleine, qui mourrait sans enfants et qui léguerait en mourant sa terre non augmentée ; car quelle augmentation pouvait faire une femme seule ? et puis, fit-elle des augmentations à cette terre, à qui serviraient ces augmentations, puisque l’héritage sortirait de la famille ?
Ce n’est point que le père Cadet n’eût eu dans sa vie quelque inquiétude à l’endroit de ce qu’il appelait la fainéantise de Conscience ; mais cette fainéantise qu’il reprochait au jeune homme, le père Cadet n’était pas bien sûr qu’elle fût réelle et que Conscience ne produisît pas plus, dans les trois ou quatre heures de travail auxquelles il se laissait aller, pour ainsi dire, dans la journée, que lui, père Cadet, dans la journée tout entière. Il avait vu, certains jours où il était forcé d’aller au marché de Villers-Cotterêts, de Crépy ou de Compiègne, pour vendre ou acheter du grain, il avait vu Conscience aller à sa place à la terre avec Pierrot et Tardif, soit que la terre eût besoin d’être labourée, soit qu’elle eût besoin d’être hersée, et, le lendemain, il avait trouvé la terre si avancée, que l’on n’eût pas cru que c’était un seul jour de travail, mais deux jours, mais trois jours, qui venaient de passer sur elle. Alors le père Cadet s’était étonné, s’était émerveillé, s’était enquis à Conscience des causes de la célérité de ce travail, et Conscience avait tout bonnement répondu : « J’ai chanté aux bêtes, père Cadet, et les bêtes ont bien travaillé. » Et, comme à cette réponse le père Cadet n’avait rien compris, quoiqu’il y eût réfléchi longtemps, un jour de labourage, il avait emmené Conscience avec lui. Arrivé à la terre, l’âne et le bœuf attelés à la charrue, il s’était assis sur une borne et avait dit à Conscience : « Voyons ! petit, chante donc aux bêtes, que je voie comment tu t’y prends. » Conscience, à l’instant même, avait placé Tardif et Pierrot sur la ligne qu’il voulait parcourir, avait placé à l’extrémité de cette ligne, pour leur servir de guide plutôt qu’à lui, un baguette d’épines, et était revenu s’asseoir tranquillement sur la charrue, les pieds appuyés au soc, pesant sur l’instrument de tout son poids au lieu de peser de toute sa force, ce qui est moins fatigant, et il avait commencé une chanson, ou plutôt un air doux et monotone, qui avait paru au père Cadet tout à fait dans le double caractère de Pierrot et de Tardif, et qui était si bien dans leur caractère, en effet, que tous deux, sur cet air, s’étaient mis, sans avoir besoin le moins du monde d’être excités par l’aiguillon, à tirer à qui mieux mieux, faisant double besogne de celle qu’ils faisaient lorsqu’ils étaient guidés par le père Cadet ; ce qui avait tant donné à réfléchir à celui-ci, que, le lendemain, le vieillard, qui croyait bien la veille que personne n’avait rien à lui apprendre en agriculture, voyant les résultats obtenus, avait voulu, abandonnant la méthode Cadet, adopter la méthode Conscience. En conséquence, il avait attelé Pierrot et Tardif à la charrue ; il avait été planter à l’extrémité de sa pièce la même baguette d’épines ; il était revenu s’asseoir sur la charrue au même endroit où s’était mis Conscience, et avait essayé d’entonner le même air. Mais, soit à l’attelage, soit à la baguette, soit à la manière dont le père Cadet était assis, soit probablement et surtout à cette chanson avec laquelle, comme le disait Conscience, il chantait aux bêtes, il manquait sans doute quelque chose, et même quelque chose de première importance, car le père Cadet, du haut de sa charrue, comme un empereur romain du haut de son char, eut beau chanter, interrompre sa chanson par du dialogue, et même son dialogue par des jurons, ni Tardif ni Pierrot ne bougèrent, et le père Cadet, après avoir perdu une heure en essais infructueux, fut obligé de revenir à la vieille méthode, c’est-à-dire à la méthode Cadet, que le vieillard était au fond de son cœur obligé de s’avouer être inférieure à la méthode Conscience.
Le père Cadet, réfléchissant donc que si, au lieu de partir, Conscience restait ; que si, au lieu d’être tué, Conscience vivait ; que si, au lieu d’être obligé, lui, père Cadet, de tout laisser à Madeleine, il trouvait dans Conscience son héritier naturel, malgré cette fainéantise dont se plaignait parfois le père Cadet pour se plaindre de quelque chose, tout prospérerait bien certainement aux mains de Conscience, qui semblait dans tout ce qu’il faisait être secondé par la bénédiction de la Providence.
Donc, si le père Cadet se décidait à faire un sacrifice momentané pour garder Conscience près de lui, ce sacrifice serait facilement racheté par l’application des facultés de Conscience au travail du labour et du hersage.
Il en résulta que, le lendemain, après avoir passé la nuit à écouter les sanglots de Madeleine, le père Cadet se leva au jour, et, avant même que Conscience et Mariette, fidèles jusqu’à la fin à leurs habitudes, fussent partis avec Bernard, il avait fait sortir Pierrot de l’écurie, lui avait mis la bâtière sur le dos, et était parti lui-même pour la ville.
C’est ainsi qu’à Haramont on appelle pompeusement Villers-Cotterêts.
Maintenant, qu’allait faire à Villers-Cotterêts le père Cadet ? et qu’était allé faire Bastien à Soissons ?
C’est ce que nous apprendrons probablement dans le prochain chapitre.
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