III
«Comme elle me connaît bien!» se dit Maso, émerveillé de la perspicacité de sa femme. Comment avait-elle pu deviner qu'il avait conçu l'idée de réveiller son petit camarade de jeux? Car cette idée, il l'avait conçue un moment. Désormais il fallait y renoncer.
Cependant Nino semblait faire exprès de dormir plus longtemps que d'habitude. La patience de Maso était à bout. Et, pour résister à la tentation de le réveiller, Maso fut obligé de s'en aller. Mais il ne s'en alla pas bien loin, voulant être à portée d'entendre le premier gazouillement du chéri, quand il se réveillerait.
Adossé contre une barrière rustique, les bras croisés sur sa poitrine nue, le bon Maso s'endormit tout debout, comme une sentinelle négligente, ayant à ses côtés son grand chien qui dormait comme son maître.
Tout à coup il sembla à Maso que son chien se frottait contre lui, et qu'en même temps quelqu'un tirait son chapeau.
Il tressaillit, ouvrit les yeux, et partit d'un grand éclat de rire en voyant Nino qui le regardait d'un air surpris, et qui s'efforçait de lui prendre son chapeau pour le punir de ne lui avoir pas fait de risettes.
Les éclats de rire de Maso étaient toujours formidables, mais celui-là était si inattendu que Nino se rejeta sur sa mère et se cacha la figure contre son épaule.