‹ Contes de Gil BlasChapitre 15 sur 20 · 3

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Depuis toute une grande heure, Mme de Rocas guettait le retour de l’auteur.

— Enfin, vous voilà ! dit-elle. Eh bien ?

— Eh bien ! je****n’ai pas réussi. Elle garde le rôle.

— Comment ? malgré les changements que nous y avons faits ?

— Oui !

— Malgré la nécessité de se déshabiller devant tout le monde ?

— Oui !

— Malgré le jeu de scène derrière le rideau ?

— Oui !

— Elle****veut bien qu’on lui prenne la taille, qu’on lui baise les mains ?

— Oui !

— Elle consent à se laisser toucher les épaules, à être serrée dans vos bras ?

— Oui !

— À vous montrer ses bras et sa jarretière sous la jupe retroussée ?

— Elle consent à tout ! »

Mme de Rocas éprouvait une telle colère qu’elle se mordait les doigts avec ses dents de petite louve.

— Tant pis ! s’écria-t-elle, il y aura un scandale. Puisqu’elle ne veut pas le rendre, vous lui retirerez le rôle, sans prétexte, avec éclat !

— Malheureusement, chère Amédine, vous exigez là plus que je ne saurais faire. Les choses, à présent, sont trop avancées.

— Trop avancées ?

— Eh ! sans doute, dit M. de Marciac avec un certain embarras, – nous avons répété ! »

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