‹ Contes du Pays GalloChapitre 18 sur 78 · 3.2

3.2

Lorsque le jeune garçon fut habitué à son nouveau genre de vie, sa marraine lui dit : « Te voilà presque devenu un homme, et il est temps que je sache quelle confiance je puis avoir en toi : voici sept clefs, ouvrant sept armoires, lesquelles renferment des objets rares. Dans six d’entre elles tu pourras prendre ce qui te fera plaisir ; mais quant à la septième, qui s’ouvre avec la plus petite des clefs, tu n’y toucheras pas ou tu aurais à t’en repentir. »

Jean s’empressa d’aller visiter les six armoires qu’il pouvait ouvrir, et fut ébloui des superbes choses qu’elles renfermaient.

« La septième armoire, pensait-il, doit contenir des merveilles. Pourquoi m’empêche-t-on de l’ouvrir ? »

Pendant plusieurs jours, il se contenta d’examiner en détail le contenu des six armoires mises à sa disposition ; mais, bientôt, succombant à la tentation, il saisit la plus petite des clefs, et ouvrit la septième.

Aussitôt une bague en argent – le seul objet qui se trouvait dans cette armoire – vint se placer d’elle-même au petit doigt de Jean, qui chercha à l’ôter sans pouvoir y réussir.

Il se rendit à la cuisine, et pria une servante de l’aider à s’en débarrasser. Celle-ci n’y parvint pas davantage. « Je ne vois qu’un moyen, dit-elle, c’est de vous entourer le doigt d’un linge pour dissimuler la bague, et de dire à votre marraine que vous vous êtes blessé. »

Lorsque cette dernière aperçut le linge, enveloppant le petit doigt de son filleul, elle lui demanda ce qu’il avait.

— Presque rien, répondit-il, une simple écorchure.

— Tu ne dis pas la vérité. Ôte ce linge qui cache la bague que tu as au doigt.

Jean, tout en pleurs, avoua sa faute, et supplia sa marraine de lui pardonner.

— Pour cette fois, j’y consens ; mais ne recommence pas.

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