‹ Contes du Pays GalloChapitre 27 sur 78 · 6.4

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Dans l’année qui suivit ce repas, la femme du pêcheur eut un fils, qui vint au monde avec une étoile au front, la jument eut un poulain, marqué d’une étoile blanche sur la tête, et la chienne eut un petit, marqué de la même manière.

Ce prodige se renouvela trois années de suite.

Les enfants et les animaux grandirent.

Un bassin, creusé dans la cour de la maison, s’emplit d’une eau transparente, qui s’en alla en un petit filet d’eau sur un lit de sable fin.

Lorsque l’aîné des enfants eut atteint sa dix-huitième année, il fut pris d’une envie irrésistible de voyager et pria son père de le laisser partir pour aller chercher fortune.

Le vieillard y consentit. Le jeune homme, équipé convenablement par les soins de sa mère, monta son cheval et s’en alla suivi de son chien fidèle.

Après avoir parcouru plusieurs pays, il arriva dans une grande ville où il trouva tous les habitants en pleurs.

Il s’informa du motif de leur chagrin et apprit qu’un monstre effrayant, appelé la bête à sept têtes, conduit par une fée malveillante, après avoir ravagé toutes les contrées environnantes, était venu établir son quartier général à la porte de la ville, où il exigeait qu’une jeune fille lui fut conduite chaque soir, pour lui servir de pâture.

Cet horrible carnage durait depuis longtemps déjà. Un tirage avait lieu chaque jour pour désigner la malheureuse victime qui devait être sacrifiée à l’appétit grossier du monstre redoutable.

Or, ce jour-là, le sort avait décidé que c’était au tour de la fille du roi.

Cette jeune princesse était belle et bonne. De là les larmes de tous ses sujets.

Le roi et la reine, qui n’avaient que cette enfant, étaient dans la désolation ; mais, comme ils étaient sages et justes, ils ne croyaient pouvoir se dispenser de payer leur tribut à la bête immonde.

La pauvre victime elle-même, mourant de frayeur, ne faisait, ni ne disait rien pour se soustraire au sort qui la frappait.

Le moment venu, elle se jeta dans les bras de ses parents infortunés, et se fit ensuite conduire au lieu du sacrifice.

Ses guides la quittèrent sur la limite du domaine occupé par la bête, et s’en retournèrent au palais du roi rendre compte de leur mission.

Abandonnée à elle-même, la jeune fille n’osait faire un pas dans la crainte de rencontrer son bourreau. Soudain, elle vit venir à elle un élégant cavalier suivi d’un énorme chien. Le jeune homme mit pied à terre, s’inclina devant la princesse et lui dit que, nouvellement arrivé en ces lieux, il avait appris son malheur et voulait la défendre.

La jeune personne, remise de sa frayeur, le félicita de son courage et le remercia avec effusion de sa bonne intention, mais chercha à le dissuader de son dessein, l’assurant qu’il échouerait sans doute dans son entreprise, et ne ferait qu’augmenter la fureur de leur ennemi.

Rien ne put décider le cavalier à changer d’idée. Il déclara à la princesse qu’il ne la quitterait pas un seul instant, dût-il mourir avec elle.

Aussitôt un bruit formidable se fit entendre, et un dragon monstrueux, ayant en effet sept têtes, se précipita sur eux.

Le jeune homme tira son épée et s’élança vers l’animal ; le cheval de son côté se mit à ruer de toutes ses forces, pendant que le chien, écumant de rage, se cramponnait au cou du dragon et cherchait à l’étouffer.

Après un combat qui ne dura pas moins d’une heure, le chevalier de la Belle étoile parvint à couper une tête de la bête qui, alors, battit en retraite, en laissant une longue trace de sang après elle.

La princesse se précipita bien vite vers son sauveur, pour s’assurer qu’il n’était pas blessé grièvement, essuyer le sang dont il était couvert, et lui témoigner toute sa reconnaissance pour ce qu’il venait de faire pour elle.

— Tout n’est pas fini, répondit le jeune homme exténué de fatigue, le monstre n’a perdu qu’une tête et, pour que nous en soyons débarrassés, il faut que je les lui abatte toutes les sept, les unes après les autres.

— En attendant, reprit la jeune fille, vous allez toujours venir recevoir les félicitations du roi.

Le jeune homme s’excusa, prétextant ses fatigues et l’état peu convenable de sa toilette. Il reconduisit la princesse jusqu’à la ville et regagna l’hôtellerie dans laquelle il était descendu.

Le roi et la reine furent bien surpris et en même temps bien heureux, en revoyant leur enfant qu’ils croyaient déjà dévorée. Toute la ville en fut promptement informée, et des illuminations et des chants eurent lieu en signe de réjouissance, et en l’honneur du jeune héros invisible.

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