‹ Contes du Pays GalloChapitre 29 sur 78 · 6.6

6.6

De nouvelles fêtes eurent lieu en l’honneur du chevalier de la Belle étoile, qui eut le don de plaire à tout le monde et principalement au roi.

Il demanda la main de la princesse, qu’il obtint sans peine, on le devine bien, et les noces eurent lieu.

Le roi fit plus, comme il était très âgé, il voulut céder son sceptre à son gendre, qui s’en montra digne.

Le nouveau roi était en pleine lune de miel, lorsqu’on vint lui annoncer que la fée malveillante, protectrice de la bête à sept têtes, ravageait son royaume et mettait à mort ses sujets.

N’écoutant que sa bravoure, malgré les prières et les larmes de la jeune reine qu’il idolâtrait cependant, il partit aussitôt monté sur son cheval et suivi de son chien, pour aller combattre son ennemie.

Il dirigea ses pas vers l’endroit qui lui fut désigné, comme étant le lieu choisi par la fée pour y accomplir ses maléfices et ses vengeances.

Il chevauchait depuis quelque temps, lorsqu’il aperçut, marchant devant lui, courbée par les ans, une petite vieille qui semblait prête, à rendre le dernier soupir.

Sans défiance aucune, il s’approcha d’elle et lui demanda si elle pouvait lui indiquer la demeure de la fée redoutée.

« Vous n’êtes pas loin d’elle », dit la vieille femme en s’approchant de lui.

Au même instant, elle passa un brin d’herbe, qu’elle tenait à la main, autour du cou du cheval et en fit autant au chien. Puis, se redressant de toute sa hauteur, comme une vipère venimeuse, elle s’écria d’un air menaçant :

« Ton cheval et ton chien sont enchaînés au point de ne pouvoir bouger. À nous deux maintenant, beau tueur de bête. Nous allons voir si tu seras aussi heureux avec moi, que tu l’as été avec mon dragon. »

Le chevalier, voyant ses animaux réduits à ne pas pouvoir faire un mouvement, mit pied à terre afin de tirer son épée ; mais la fée, plus vive que lui, avait ouvert une boîte remplie d’une poudre fine qu’elle jeta au visage du malheureux jeune homme, qui devint aveugle sur-le-champ.

Ainsi sans défense, elle le garotta à son tour comme elle avait fait du cheval et du chien, et les attacha tous les trois à un arbre en leur promettant de les laisser mourir de faim.

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