‹ Contes et nouvellesChapitre 10 sur 34 · 3

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Puis un jour, jour de deuil et d’alarmes, la maladie s’était abattue sur eux. Ce jour-là la petite Marie s’était mise au lit pour ne plus se relever.

— Ce ne sera rien, avait-elle dit à son compagnon, toute une adorable câlinerie dans la voix.

Mais ses traits s’altérèrent de plus en plus. Ses grands yeux si vifs perdirent peu à peu leur éclat ; ses traits, macérés par la souffrance, leur grâce juvénile. Ce petit corps devint d’une blancheur diaphane. Seuls, ses longs cheveux blonds et bouclés, au milieu desquels sa jolie tête rayonnait autrefois avec une coquetterie si mutine, l’entouraient comme d’une auréole et formaient autour d’elle comme un nuage d’or. Elle était devenue prête pour la mort.

Requiescat in pace, ajouta pour une dernière fois le vieux prêtre, enveloppé de la fumée de l’encens, laquelle, montant lentement vers la voûte, faisait vaciller faiblement la flamme des cierges.

Puis l’on s’achemina vers la sortie. Au dehors, sur la rue, dans le jour qui baissait, la vie, l’activité faisaient rage de toutes parts. Sur tout le parcours on pouvait voir cependant les passants se découvrir avec respect devant un pauvre corbillard suivi d’un enfant en pleurs et tenant, étroitement serré dans ses mains, un bouquet d’immortelles.

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