Chapitre 3 Le baiser fatal
Henriette la folle, comme on l’appelait ordinairement, faisait souvent de longues promenades à pied, sur les routes solitaires qui traversaient les prés et les bois.
Au temps de la floraison, elle errait dans les prairies où se berçaient, comme des ailes de papillons, la renoncule d’or, le bluet d’azur, et la blanche Marguerite, dans les champs ensemencés, où se déroulaient les nappes odorantes du sarrasin et les vagues blondes de l’avoine et du blé. Ici elle prenait un épi qu’elle mettait dans ses cheveux, là elle cueillait une marguerite qu’elle effeuillait en disant : Il m’aime… un peu… beaucoup… pas du tout… à la folie… Parfois elle jetait un éclat de rire, parfois une larme coulait sur sa joue amaigrie.
Cependant ses pas ne s’égaraient point toujours au hasard, mais souvent se dirigeaient vers une maison cachée comme un nid, dans un bouquet d’ormes, au bord de la grève.
Quelquefois elle passait devant la porte de cette maison, la tête penchée afin de ne voir personne ; quelquefois encore elle s’arrêtait sur le seuil, appelait les enfants qui se sauvaient, et demeurait de longs instants les bras croisés sur sa poitrine, et comme muette de stupeur. Nul n’aurait pu dire ce qui se passait alors dans son esprit malade. Elle entrevoyait peut-être, à la lueur d’un éclair, l’abîme où sa pauvre raison avait sombré. Elle essayait peut-être de renouer le fil rompu de ses idées, de ressaisir la trame de sa douce existence.
Le plus souvent elle entrait, et si la ménagère était seule, elle demandait un verre d’eau, buvait une gorgée et poursuivait sa course. Quand le maître n’était pas sorti, elle se disait fatiguée et acceptait une chaise. Bientôt ses yeux bleus s’allumaient au fond de sa figure tout à l’heure impassible, et sa bouche, amèrement triste, se fermait dans un sourire navrant. Elle buvait l’ivresse sans souci du réveil prochain. Elle ne songeait plus au départ tant qu’il restait, là, lui, l’homme aimé.
Or, cet homme était mon ami Graindamour, l’heureux mortel dont je vous ai parlé déjà. Madame Graindamour ne s’était jamais montrée jalouse de ces singulières attentions d’une folle. Elle se plaisait même parfois à attiser la flamme inconsciente, mais redoutable, qui consumait l’âme de l’ancienne amie de son mari. Pauvre âme souffrante, elle ressemblait à l’épave en feu que ballottent les vagues de la mer, au milieu de leurs inquiétantes solitudes. Le monde, pour elle, était aussi une immense solitude où il lui semblait être maintenant cette épave de souffrance. Elle n’en comprenait ni les appels séduisants, ni les douloureuses inconstances, et pourtant elle éprouvait l’amer ennui des âmes délaissées.
Célestin devenait pensif. La vue de cette femme qu’il avait aimée aux jours ensoleillés de sa jeunesse lui rappelait des félicités à jamais perdues. Une tristesse vague passait sur son front et il commençait à ressentir un attendrissement dangereux. Il se demandait comment, dans ce cœur brisé, l’amour n’avait pas sombré avec les autres sentiments. Il sentait de plus en plus la chaleur de ce rayon mystérieux qui l’avait inondé, malgré son indifférence et son éloignement, et il se trouvait cruel.
C’était peut-être sa faute, si le choc avait été mortel. Le désespoir avait pu s’ajouter à l’effroi. S’il fut resté près d’elle, le trouble se serait peut-être calmé. L’amour est un remède puissant quand il n’est pas un mal qui tue. Il l’eût sauvée ! Et alors l’épouvante fatale qui avait ébranlé la raison de cette infortunée lui apparaissait comme une chose monstrueuse ; et il était tenté d’accuser la justice de Dieu. Jamais encore il n’avait compris l’inéluctable malheur. L’aimait-il plus, cette femme, qu’il ne l’avait jamais aimée autrefois ? Oh ! non, se disait-il ; mais il avait vieilli, son intelligence s’était développée, il voyait de plus loin, il jugeait mieux.
Le nuage montait ; il projetait des traînées d’ombre sur la limpidité de sa conscience.
Sa femme vit bien, à la fin, qu’il souffrait et que sa tendresse se refroidissait. Elle ne pensait pas qu’il pouvait se détacher d’elle, et n’essaya point de le consoler. Elle avait ses enfants. Une femme de ménage n’a guère le temps de s’occuper des hommes, même de son homme, se disait-elle sans malice. Il ne lui venait pas à la pensée que l’amour vit plus longtemps de rêves et de souvenirs, de regrets et d’espoirs, que de passagères satisfactions ; et cet instinct irrésistible et doux qui ramenait la folle à son foyer, l’amusait plutôt qu’il ne l’inquiétait.
— Ma pauvre Henriette, lui dit-elle un soir, tu aimes mon mari, je crois.
Henriette marmottait. Assise auprès d’une fenêtre par où descendait une gerbe de lumière, elle regardait tournoyer légèrement, dans ce rayon de feu qui traversait la pièce, un flot d’étincelantes poussières.
Célestin venait d’entrer. Il se dirigea vers la cheminée et chercha d’une main distraite, sur la corniche de bois peint, sa pipe et son tabac. Ses regards tombaient avec complaisance sur sa malheureuse amie et son cœur se serrait dans une angoisse.
Henriette la folle – ainsi l’appelait-on – était pâle. Il se faisait dans son esprit un travail singulier. La violence de l’amour, qui trouble si souvent notre raison, semblait dégager la sienne des nuages qui l’obscurcissaient depuis tant d’années. Des larmes mouillaient ses grands yeux d’azur douloureusement ouverts, et sa poitrine se soulevait lentement sous l’émotion contenue. Et quand madame Graindamour lui répéta : « Tu aimes mon mari, je crois », elle répondit, frémissante :
— L’amour, c’est le souffle du bon Dieu. S’embrasser, c’est… c’est deux sœurs qui ne font qu’un ; c’est…
Et Célestin, en souriant, instinctivement s’approcha d’elle. L’infortunée comprit ce mouvement. Elle se leva d’un bond et lui jeta autour du cou ses bras durs comme des cercles d’acier.
Madame Graindamour éclata de rire.
— Te voilà bien enchaîné, dit-elle à son mari.
Il était ému ; il était confus ; il ne savait que penser ; que faire ; il ne voulait pas être brusque. Il fit enfin un léger effort pour rompre la chaîne troublante qui le retenait.
— Assez, Henriette, fit-il avec douceur, ma femme va se fâcher… Elle est jalouse.
— Ta femme, reprit la pauvre insensée, ta femme, c’est moi ! Est-ce que tu ne me reconnais plus ? Regarde-moi donc bien, je suis Henriette.
Elle s’interrompit un moment, et son visage tout à l’heure souriant, prit une expression d’indicible étonnement.
— Mon Dieu ! recommença-t-elle en dénouant ses bras, quel rêve affreux j’ai fait ! Est-ce que j’étais folle ? Que m’est-il arrivé ? Il me semblait que tu m’avais abandonnée le jour même de notre mariage, et que, dans mon désespoir, je m’étais enfuie au fond des bois, parmi les bêtes sauvages… Et les bêtes sauvages ne voulaient pas me dévorer parce que j’allais être mère. Combien de temps suis-je restée en cet état ? je l’ignore. Dis-le-moi… Une autre femme, plus cruelle que les bêtes de la forêt, se moquait de moi et me disait avec un rire qui faisait mal :
— Ton mari, il m’aime, il m’appelle. Tu ne le presseras jamais plus sur ton cœur. Oh ! comme j’ai souffert !
— Mais c’est un rêve, n’est-ce pas ? C’est bien un mauvais rêve que j’ai fait ! C’est fini maintenant. Me voici réveillée, tout à fait réveillée. Je ne dors plus.
Elle porta ses regards autour de la chambre et parut accablée d’un étonnement nouveau.
— Où sommes-nous ? s’écria-t-elle tout à coup. Nous ne sommes pas chez nous !… Et, cette femme qui nous regarde, qui est-elle ?… Viens ! allons-nous-en, je ne me sens pas bien dans cette maison étrangère… Tu ne me réponds rien… Qu’as-tu donc ?… Comme te voilà changé !… Ce n’est plus toi, Célestin. On dirait un vieillard !… Tu étais jeune, il y a une minute, jeune et beau !… Reprends donc ta jeunesse, nous sommes au jour de notre mariage… Tu pleures ?… Pourquoi ?… Vais-je retomber dans mon sommeil affreux ?… Est-ce la mort ? est-ce la folie ?… Mon Dieu ! ayez pitié de moi !
Elle s’affaissa sur le plancher, aux pieds de Célestin.
Et la femme de mon ami ne riait plus. Elle ne riait plus mais de grosses larmes roulaient dans ses yeux.
†††
Les jours longs et brûlants de l’été s’étaient, l’un après l’autre, éteints dans les brumes légères qui couronnaient les montagnes du couchant, et avec eux dans le cœur de l’homme, s’étaient de même éteints bien des soucis amers et des inquiétudes mortelles ; mais Célestin n’avait plus retrouvé la paix d’autrefois, et il allait se consumant dans la mélancolie.
Le spectre de la maison hantée se dressait devant ses yeux, comme le soir où nous avions osé troubler son repos de damné. Il entendait, comme alors, le son argentin des pièces de monnaie, que la voix sépulcrale de l’avare aubergiste comptait sous la pierre de la cheminée. Les rires et les gémissements du fantôme arrivaient tour à tour à ses oreilles, comme des reproches ou des menaces. Il n’entendait plus les paroles qu’on lui adressait : il était obsédé.
Les amis parlant entre eux, disaient :
« Célestin a quelque chose, il n’est plus le même. On dirait que les remords le rongent. Rien d’étonnant après tout. Cet argent qui est tombé tout à coup dans ses poches, vous vous souvenez ? d’où venait-il ? On ne l’a jamais su. Il ne l’a jamais dit. Ce fut un mystère pour tout le monde. Bah ! il vaut mieux rester pauvres et joyeux comme nous autres. L’argent du diable retourne en son. »
Une fois, Pierrot Miquelon conta sérieusement que Célestin s’était fait recevoir franc-maçon, dans sa jeunesse, et que depuis ce temps, il appartenait au diable. Il y avait de quoi rendre sérieux.
À la mort, le diable en personne viendrait réclamer son âme au tribunal du souverain Juge. Il produirait un papier signé avec du sang. Le Père Éternel n’aurait qu’à faire droit. Ce monsieur Lucifer est un retors et ses comptes sont bien tenus. Soyez sur vos gardes, aveugles affiliés de la secte infernale !… Soyez aussi sur vos gardes, ô chrétiens impitoyables, qui, chaque dimanche, venez courber devant le Dieu des humbles vos têtes pleines d’orgueil ; qui venez ouvrir devant le Dieu de charité vos cœurs pleins de malice ! Le diable n’aura peut-être pas besoin d’un papier signé de votre sang pour emporter vos âmes.
†††
Les travaux des champs étaient finis. La récolte avait été bonne, et les granges, pleines jusqu’au faîte, promettaient l’abondance pour l’hiver qui allait venir.
Célestin avait coutume de se réjouir à la vue de ses fenils où le foin et le trèfle dégageaient leur doux arôme ; à la vue des « tasseries » où les gerbes laissaient pendre comme des grappes de diamants les épis mûrs. Aujourd’hui, il regardait avec indifférence les riches produits des sillons et des prairies. Les chevaux hennissaient joyeusement ; les bœufs et les génisses au poil luisant beuglaient tour à tour comme pour le saluer, lui leur maître toujours fidèle à leur apporter le mil succulent et la paille dorée, l’eau fraîche et l’avoine réchauffante, mais il ne les entendait plus !
Henriette la folle ne venait plus qu’à de rares intervalles dans la maison de son ancien promis. Elle se souvenait peut-être d’une grande joie ; elle avait gardé, bien sûr, le souvenir d’une grande douleur. Au reste, la femme de Célestin ne la recevait plus comme autrefois ; elle la traitait même un peu rudement.
†††
Un soir du mois de septembre, un de ces beaux soirs d’automne qui gardent tard les doux effluves d’une journée chaude, et les lueurs merveilleuses du soleil disparu, il y avait, chez Célestin Graindamour, une de ces tapageuses « épluchettes », dont le souvenir réjouit encore ma mémoire fatiguée.
Les voisins étaient venus, les voisins et les amis. On vidait le petit verre, on mangeait les épis rôtis à la braise ou bouillis dans l’eau, à plein chaudron. Les feuilles déchirées formaient des amas bruissants et moelleux où se roulaient les enfants ; les aigrettes dorées s’étaient accrochées aux boutonnières comme des décorations royales. Célestin avait dépouillé sa noire mélancolie. Il s’abandonnait à la gaieté comme pour s’étourdir ou reprendre les heures perdues. Souvent ainsi l’âme se dégage d’une longue tristesse pour s’élancer étourdiment vers le plaisir. Inconstante et inquiète, elle vole au hasard vers le mal ou le bien, si la foi ne la guide pas. Pauvre âme humaine, mystérieuse étincelle de la Divinité qu’un souffle mauvais a jetée dès le commencement, en dehors du céleste foyer ; pauvre âme, tu tourbillonnes au caprice des passions, sous un ciel souvent obscur, mais tu laisses un trait de feu dans la nuit désolée, car tu es lumière, et tu viens te perdre au brasier divin, si tu crains la justice, si tu espères en la miséricorde !
Pendant la soirée, Trefflé Lépire, le frère d’Henriette, vint trouver Célestin Graindamour, pour savoir s’il avait vu la pauvre simple. Elle était partie depuis deux jours, et l’on avait peur de la trouver morte quelque part. Célestin lui dit qu’elle n’était pas venue. Mais un petit garçon du voisinage affirma l’avoir aperçue, au coucher du soleil, sur le haut de la falaise. Elle était assise sous un arbre. Il l’avait bien reconnue, à son chapeau de paille grand comme un parapluie, et à sa robe blanche comme un surplis de curé.
Trefflé avait peine à croire qu’elle ne fût pas entrée dans la maison de Célestin. Il ne savait pas qu’on avait peur d’elle maintenant, et qu’on la tenait à distance. Célestin ne voulait pas lui dire que sa femme se montrait jalouse et la recevait mal, crainte de le chagriner ou d’être obligé de parler trop. Il ne voulait pas tout dire.
Une femme se hâta de supposer que la pauvre folle, abattue, fatiguée de la vie, avait bien pu se précipiter du haut du cap. Elle ne savait plus qu’il faut prendre soin de son existence, même quand c’est pour souffrir, et que le bon Dieu qui nous la donne a seul le droit de nous l’ôter.
Trefflé s’éloigna suivi de deux ou trois petits garçons que la curiosité poussait autant que le désir d’être utiles.
Il ne trouva pas sa sœur. Elle n’était pas tombée sur la grève au pied de la falaise. Il l’avait appelée en vain. Il pensa qu’elle s’en retournait par les champs, son chemin de prédilection. La nuit était belle, et c’était un plaisir de marcher sous les étoiles.
On ne s’inquiéta pas davantage de l’infortunée. Le rhum remplit les gobelets, et « l’épluchette » reprit son entrain et sa tapageuse gaieté.
Minuit venait de sonner lentement à la grande horloge de faux acajou, debout dans un coin de la salle, avec ses trois pommes d’or sur la tête, quand un petit garçon entra subitement pour dire qu’on allait avoir de l’orage. Le ciel était noir, et des lueurs rayaient l’horizon.
Au même moment un grondement sourd fit trembler les fenêtres. Les gens du voisinage se levèrent pour partir, mais un éclair fulgurant les cloua sur place. Les femmes jetèrent un cri d’effroi.
— Ne sortez pas, c’est dangereux, assurait-on.
Quelques-uns cependant se sauvèrent en courant.
Bientôt le ciel se transforma en une fournaise ardente. Les éclairs brûlaient les paupières et tous les objets s’illuminaient de lueurs plus vives que les feux du soleil, pour se couvrir ensuite d’un voile de ténèbres plus sombre que la nuit. La foudre éclatait avec un fracas terrible. La pluie se mit à tomber par larges gouttes, puis un nuage creva et le torrent se précipita sur tout le village, ajoutant aux éclats de la foudre un grondement plein d’horreur.
Madame Graindamour ouvrit un placard et prit une chandelle enveloppée dans un papier blanc. C’était une chandelle bénite le jour de la Purification. Elle la fixa dans le chandelier de cuivre et l’alluma, pour éloigner le tonnerre.
On causait tranquillement, un peu terrifiés et pour chasser la peur, quand soudain la porte s’ouvrit et une voix cria :
— Célestin, ta grange brûle !… Le tonnerre !…
C’était Pierre Audet, le premier voisin, un de ceux qui étaient partis dix minutes auparavant.
— Ma grange ! clama Célestin, bondissant de son siège.
Tout le monde s’élança dehors, sous la pluie et le tonnerre.
La grange brûlait. Une grange belle et longue, et toute pleine de grain. Du blé, je ne sais combien de lourdes gerbes ! De l’avoine, la plus belle que le « javelier » eut jamais coupée ! Des pois aux gousses renflées ! De l’orge à reflets d’or ! Et du seigle blanc comme la neige ! Et du sarrasin dont l’arôme se répandait jusque dans la bergerie, à l’autre bout ! Jamais la récolte n’avait été si belle. Et les voitures, les herses, les charrues, les rateaux ! Aurait-on le temps de tout sauver ?
La vaste toiture n’était plus qu’une immense nappe de flammes, qu’un vent subit agitait, comme des panaches d’enfer, dans les ténèbres du ciel.
— Sauvons le moulin à battre ! cria Célestin. Il est ici.
Il montrait une grande porte rouge dans la façade blanche.
— Sauvons le moulin ! répétèrent tous les hommes en se précipitant.
La porte s’ouvrit et une bouffée de flamme, dans une épaisse fumée, les arrêta soudain. Célestin cria de nouveau :
— Courage, mes amis ! courage !
Au même instant un appel lamentable s’élève du fond de l’aire :
— Célestin ! Célestin !
Et une forme étrange, un spectre de feu se précipite vers mon ami. Il pense au fantôme de la maison hantée. Deux bras nerveux et brûlants entourent son cou mouillé par l’orage, et deux lèvres de feu se collent à ses lèvres et les consument dans la douleur et l’amour.
C’était Henriette la folle ! Elle avait cherché là un refuge contre l’orage, elle y trouva la mort.
Célestin sentit, cette fois, sa raison chanceler.
Il fut rencontré, plus tard, vagabondant tristement en ces lieux où naguère il avait étalé sa richesse et sa félicité. C’est là que la mort vint mettre fin à sa lamentable existence.
Décidément j’ai eu tort de l’appeler « heureux mortel ».
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