‹ Cours familier de Littérature - Volume 04Chapitre 159 sur 194 · XXVIII

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Je m'écriai tout de suite en la lisant: Voilà le poëte! Cette révélation donna malgré moi le ton à plusieurs des essais de poésie vague et informe que j'écrivais au hasard dans mes heures d'adolescence.

On en retrouvera quelque trace dans l'élégie intitulée _la Fille du pêcheur_, qui n'a jamais été ni achevée ni publiée par moi. Je l'achève et je la publie ici pour la première fois. On a lu avec indulgence une page en prose de mes _Confidences_ sous le nom de _Graziella_. J'ai dit, dans cette demi-confidence de première jeunesse, que, pendant notre séjour dans l'île, j'écrivais de temps en temps des vers mentalement adressés à la charmante fille du pêcheur, bien qu'elle ignorât ce que c'était que des vers et dans quelle langue ces vers étaient écrits. _La Fille du pêcheur_ est une de ces élégies que j'esquissai au crayon sous le figuier et sous la treille dorée par le soleil de l'île; on y retrouvera, à travers les réminiscences grecques de Théocrite et d'Anacréon, quelque pressentiment d'André Chénier, mais avant que la muse d'André Chénier eût pleuré, et quand elle jouait encore sur le sable de la mer d'Ionie avec les bas-reliefs et les débris des Vénus grecques roulés par les flots.

LA FILLE DU PÊCHEUR

GRAZIELLA.