‹ Cours familier de Littérature - Volume 06Chapitre 20 sur 180 · XX

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La mort prématurée de son ami Jacques Colonna, l'évêque de Lombez, le fit renoncer à son canonicat de Gascogne, pays qui lui était antipathique, à cause de la loquacité, dit-il, et de la turbulence de ses sauvages habitants. Les princes de la maison de Corrége lui firent donner la place lucrative d'archidiacre de Parme. Ils voulaient l'attacher à eux à tout prix.

Cependant Clément VI, pape lettré, mondain, magnifique, venait de succéder à des papes plus monastiques que romains, Rome lui envoya une députation pour le supplier de rétablir le saint-siége dans ses murs. En passant à Parme, cette nombreuse ambassade de princes romains s'adjoignit Pétrarque comme orateur de Rome. Pétrarque rentra avec eux à Avignon, harangua éloquemment le pape, et reçut en récompense de sa harangue un riche bénéfice dans l'État de Pise.

Ce fut dans cette ambassade qu'il se lia d'amitié et de politique avec Nicolas de Rienzi, qui devint peu après l'agitateur, le tribun, le dictateur et la victime de Rome.

Rienzi, poëte et orateur comme Pétrarque, n'eut que le tort de se tromper de quelques siècles. Pétrarque et lui auraient dû naître au temps des Scipions. Au lieu de penser, ils rêvèrent; leur rêve était beau, mais il était posthume.