XXVIII
La république de 1848 en France s'était abstenue sévèrement de toute propagande armée ou désarmée chez les peuples libres de leurs formes de gouvernement; mais Naples, agitée une seconde fois par l'esprit de 1820, avait conquis, avant l'explosion de la république en France, une constitution sur son jeune roi.
Cette constitution n'avait pas le caractère soldatesque et anarchique de la constitution des carbonari; elle pouvait marcher sans chute par la bonne volonté du roi et par la sagesse de la nation; mais les restes du carbonarisme voulurent la pousser à des désordres par des excès populaires. Le jeune roi, qui l'épiait pour la surprendre en flagrant délit d'insurrection, marcha sur elle avec résolution; ses troupes, dont il était l'idole, le suivirent; il triompha en un jour, comme le roi de Suède Gustave, du parti qui avait voulu l'entraver. La ligue du roi, du bas peuple et de l'armée, contint le parti aristocratique et libéral pendant dix ans, et le contient encore malgré les agitations de l'Italie et malgré les sommations du Piémont, de l'Angleterre et de la France.