IX
Comme pontife, le pape actuel était un second Pie VII; comme homme de prière, il vivait sans voir la terre, les yeux au ciel; comme souverain politique, c'était un Italien amoureux de l'indépendance et de la dignité de l'Italie.
Il la réveilla trop en sursaut par ses premières paroles et par ses premiers actes du haut de son trône. «Quand l'Italie fut debout, il ne sut qu'en faire.»
Son patriotisme lui disait de la lancer contre l'Autriche.
Sa conscience lui disait que la guerre n'était pas chrétienne, et qu'il valait mieux être un pontife de paix irréprochable devant Dieu qu'un grand tribun armé de l'Italie devant les hommes.
Il écouta sa conscience.
Il refusa des armes à l'Italie qu'il avait soulevée.
De là, sa vertu méconnue et ses malheurs.
Naples s'était levée, et s'était donné une constitution pour conquérir sous les auspices de la papauté la liberté et l'indépendance.
Le roi de Sardaigne Charles-Albert, le plus papal et le plus autrichien des souverains jusque-là, avait profité de l'heure du pape et de l'heure de Naples pour se poser en champion du gouvernement populaire et de l'émancipation de l'Italie. Il était déjà sous les armes, prompt à se désavouer comme à envahir.