XI
Sous un autre président de la république française, une armée française occupant Rome à perpétuité devint par le fait une armée pontificale; elle établit l'intervention chronique dans la capitale de l'Italie.
Tout s'assoupit dans cette situation aussi fausse pour la papauté que pour la France jusqu'au congrès de Paris de 1856.
À la voix d'un ministre piémontais, ce congrès de 1856, contre tous les principes de droit public et international, s'arrogea illégalement un droit d'intervention arbitraire et permanent dans le régime intérieur des souverainetés étrangères. Naples, Rome, Parme, la Toscane, l'Autriche, furent dénoncées comme des accusés vulgaires devant le tribunal du Piémont, de l'Angleterre et de la France.
Une pareille faute contre le droit public ne pouvait qu'engendrer le désordre au dehors; c'était la pierre d'attente du chaos européen.
L'indépendance et la responsabilité des souverains devant leur peuple étant détruite, tout le monde avait le droit de gouverner chez tout le monde, excepté le gouvernement du pays lui-même. Le droit de conseil créait le droit d'intervention militaire réciproque; de ce droit d'intervention réciproque découlait et découle encore le droit de guerre perpétuel entre voisins: c'est le contraire du droit de civilisation, qui est l'indépendance des peuples chez eux.