‹ Cours familier de Littérature - Volume 10Chapitre 28 sur 158 · II

II

On peut dire que cette résurrection des jours, des choses, des amitiés éteintes, à la lueur de cette lampe de la mémoire, est d'autant plus douce que le présent est plus amer. On se réfugie dans ses souvenirs pour échapper à ses angoisses. À quoi servirait la mémoire si ce n'était qu'à pleurer? Elle sert aussi à jouir; par un don de la Providence, elle perpétue le plaisir comme elle éternise la douleur. Tant qu'un homme se souvient, il revit. C'est encore vivre.