XVI.
Le duc et la jeune duchesse Léonora de Médicis, sa femme, le comblèrent de consolations, de paix et d'honneurs. Il fit sous leurs auspices une édition de ses poésies lyriques en trois volumes. Mais bientôt, malgré les efforts presque filials de sa protectrice pour le retenir à Mantoue, il repartit pour Rome; il ne fit que traverser cette ville; il se rendit à Naples pour y suivre son éternel procès. Le pape Aldobrandini, qui, sous le nom de Clément VIII, régnait en ce moment à Rome, lui était plus propice que ses prédécesseurs. Le cardinal Cinthio, neveu d'Aldobrandini, avait la passion des lettres et le culte du Tasse; il honora le grand poëte, non-seulement pour illustrer le règne de son oncle, mais pour satisfaire son propre coeur, ému jusqu'à la tendresse de pitié pour le génie malheureux. Le cardinal Cinthio voulait à lui seul venger l'injustice du siècle et l'injustice de la nature envers le Tasse.