‹ Cours familier de Littérature - Volume 26Chapitre 106 sur 120 · IX

IX

Les rumeurs du palais sur cette passion de la reine pour l'Italien ne tardèrent pas à retentir jusque dans la ville et de là dans toute l'Écosse; Knox fit retentir les chaires sacrées de ses allusions ou de ses apostrophes aux corruptions de la Babylonienne. Murray s'attrista, les nobles s'offensèrent, le clergé fulmina, le peuple s'aigrit contre la reine. Le palais n'était plein que de tournois, de festins, de chasses, de fêtes, de spectacles, de musiques, couvrant ou trahissant d'ignobles amours. La reine s'aliénait tous les coeurs pour en posséder un seul; et ce coeur était celui d'un histrion, d'un joueur de luth, d'un Italien, d'un Français, d'un papiste réprouvé qu'on faisait passer pour un envoyé secret du pape, chargé de séduire la reine pour enchaîner la conscience du royaume.