XXV
La séparation de Fénelon et du duc de Bourgogne, son élève, déchira les deux coeurs. Le duc de Bourgogne se jeta en vain aux pieds du roi, son aïeul: «Non, mon fils, répondit le roi, je ne suis pas maître de faire de ceci une affaire de faveur. Il s'agit de la sûreté de la foi; Bossuet en sait plus dans cette matière que vous et moi.» Madame de Maintenon affligée, mais d'autant plus inexorable qu'elle avait été plus complice, refusa de recevoir Fénelon.
Arrivé dans son diocèse, Fénelon se livra tout entier à la charité et à l'étude. De cette solitude sortirent des milliers de pages où respirent le génie littéraire de la plus pure antiquité et le génie moderne du christianisme, qui parlent de la divinité avec une admirable puissance d'esprit et de langage, souvent avec le plus tendre enthousiasme. On y sent une prière, une adoration perpétuelle sous chaque parole, comme la chaleur sous la vie. On peut dire que Fénelon ne pouvait parler de Dieu sans prier.