‹ Débauchées précocesChapitre 15 sur 19 · Tome 2 · Chapitre 6

Tome 2 · Chapitre 6

Un nouvel ennui attendait Rita, ennui relatif, parce qu’elle acceptait vite les choses. Célestin lui avait télégraphié au manège même de prendre sa leçon et de partir sans lui, qu’il ne serait pas libre avant neuf heures, de rentrer dîner avenue Friedland et de se distraire comme elle pourrait.

— Si j’avais prévu, se dit-elle, j’aurais donné rendez-vous à Clément et à son ami.

Après sa leçon, elle revint directement, toujours à pied, très heureuse de prolonger sa liberté. Comme elle arrivait, elle aperçut sur la porte le Monsieur grisonnant, qui l’avait complimenté, rentrant.

Un peu par impulsion curieuse, elle hâta le pas, pour voir si elle le rencontrerait sur son palier, et le vit en effet qui cherchait sa clef.

— Mademoiselle, dit-il en s’inclinant.

— Monsieur.

— Bizarre coïncidence, nous sommes partis en même temps et nous revenons presque ensemble.

— Très bizarre !

Elle s’était arrêtée ; ayant ouvert sa porte, il reprit :

— Voulez-vous entrer vous reposer un instant, avant de monter chez vous ? Je connais monsieur de Kulaudan, nous nous connaîtrons.

— Je ne suis pas fatiguée, mais je puis entrer chez vous. J’ai tout mon temps, mon tuteur ne sera de retour qu’à neuf heures.

— Comment à neuf heures, ils vous laisse ainsi seule à vous ennuyer !

— C’est la première fois !

Elle était entrée, un grand silence régnait dans l’appartement, il la conduisit dans un superbe salon, lui approcha un fauteuil du feu et dit :

— Vous êtes maîtresse en ces lieux, ma belle enfant. Une proposition : vous êtes seule, je suis seul, si nous dînions ensemble.

— Oh, Monsieur, je n’oserai pas.

— Je me présente : Henry de Beaumelon, ami de votre tuteur, il ne vous grondera pas. Je cours donner l’ordre d’ajouter un couvert et dans une petite heure, on se met à table. Hein, est-ce dit ?

Il lui enlevait son chapeau pour qu’elle ne refusât pas ; elle n’en avait nulle envie ; le feu l’alanguissait et elle devinait l’éveil du mâle : cela, elle ne le repoussait pas.

Henry de Beaumelon, au bout de quelques minutes, reparut en petit veston, à l’aise, en homme qui ne doute de rien. Et, il n’avait à douter de rien.

Une clarté discrète éclairait le salon, il prit tranquillement un pouff, s’assit devant le feu, près des jambes de Rita, et lui saisissant un pied pour l’approcher de la flamme, demanda :

— Vous chauffez-vous assez, mon enfant ?

— Oui, Monsieur.

Il se passait en elle un étrange phénomène ! Elle ne raisonnait plus comme elle avait raisonné avec les jeunes garçons ; elle était sûre que le vieux assis près de ses pieds allait se tout permettre et elle aspirait après ses audaces.

Il tenait le petit pied dans la main, le caressait, l’enveloppait, et peu à peu tâtait le jarret ; elle tendit la jambe à cette pression et la main contourna le mollet, glissa sous la dentelle du pantalon au genou, ressortit, se posa par dessus le pantalon vers le gras des cuisses, se faufila à l’ouverture, s’arrêta au conin, constata qu’il était accessible.

— Tu n’es plus pucelle, murmura-t-il ?

— Non.

— C’est lui qui t’a dépucelée ?

— Oui.

— Un homme fort, un homme très fort ! Pas de scrupules, pas de préjugés, il en faudrait beaucoup de tels.

— Oh oui !

— Tu l’aimes ?

— Beaucoup.

— Ôte ta robe et ton pantalon, n’abîmons rien.

— Oui.

Aussi à l’aise que dans sa chambre, elle se mit en petit jupon.

— Ah, dit-il, tu es d’une docilité exemplaire. Continue et tu auras aussi en moi un excellent ami. Apporte tes fesses.

— Où ?

— Devant moi, parbleu.

— Le feu est trop brûlant.

— Je me reculerai. Est-ce assez ainsi ?

— Oui.

Elle se tourna et lui présenta le cul. Il le pelota dévotement, lui demanda de maintenir ses jupes bien relevées, palpa la raie, eut de petits cris de satisfaction, et le baisa avec d’ardents transports.

Puis, s’étant déculotté, il l’attira sur ses genoux et l’y garda un bon moment, la pressant contre son cœur, lui patouillant la poitrine et l’estomac.

— Veux-tu que j’ouvre ma chemise, dit-elle comme ses doigts en cherchaient l’attaché, je n’ai pas beaucoup de nénés, tu sais.

— Tu es comme je désire.

— Vrai, et pourquoi ?

— Parce que j’aime en toi les deux sexes.

— Les deux sexes !

— Les petits garçons et les petites filles.

— Tu aimes les petits garçons ?

— Oui, quand ils sont imberbes, gentillets, timides et faciles ! Mon rêve serait d’avoir un régiment de garçonnets et de fillettes. J’habillerai les filles en garçons et les garçons en filles.

— Quelle riche idée et ce qu’on s’amuserait.

— Tu aimerais ça, toi aussi,

— Je te crois, du moment où il y aurait du plaisir.

— Mais alors, tu es une trouvaille ! Comment s’y est pris ton tuteur pour te dépuceler ?

— On dit qu’on ne doit pas raconter ces choses-là, et cependant tout le monde les demande. Je ne sais plus ce qui est bien, ni ce qui est mal.

— Profite des occasions et ne t’occupe pas du reste. Contente celui avec qui tu te trouves, oublie l’absent. Il a couché avec toi ton tuteur ?

— Il m’a dépucelée de force.

— L’heureux coquin !

— Toi aussi, ça t’irait de dépuceler de force ?

— L’énergie me manquerait peut-être ! J’ai cinquante-cinq ans, mais ça m’exciterait joliment.

— Essaye de me prendre de force.

— Quelle nature !

— Veux-tu que je joue la peur, que je me sauve par le salon.

— Non, non, nous verrons tout à l’heure. La chaleur et tes chairs me travaillent déjà bien assez.

— Ton machin est tout dur ! Ça te plairait-il que je le caresse !

— Tu le caresserais ?

— Oui, assieds-toi sur le fauteuil et tu seras bien heureux.

— Quelle perle, quelle perle !

Henry de Beaumelon, installé à son idée, elle rampa sur les genoux jusqu’à ce qu’elle fût entre ses cuisses, et là, lui saisissant la queue du bout des lèvres, elle la tritura tout lentement, l’aspirant ensuite comme si elle fumait un cigare.

L’effet se dessina soudain : elle gonfla, gonfla, et Rita, toute joyeuse, toute orgueilleuse, la baisa sur toute sa longueur, la roula entre ses doigts, l’approcha de sa poitrine toute nue et murmura :

— Ça vient, dis, ça vient, veux-tu courir après moi, je te montrerai le cul en courant et ça m’amusera de penser que je te fuis pour rire.

— Oui, oui, cours.

Elle s’élança par le salon et il bondit après elle, presque comme l’eût fait un jeune homme.

Elle tenait les jupes troussées, étalait son cul, passait entre les meubles, ralentissait sa course pour qu’il se rapprochât insensiblement, et elle sentit son souffle contre sa nuque, et elle tomba sur les genoux, et il s’abattit derrière elle, et elle haussa le cul pour qu’il la possédât en levrette.

Elle acquérait la science de luxure.

Certes Henry de Beaumelon recherchait ce genre d’aventures, mais jamais il ne rencontra pareil assemblage de féminités et de gamineries chez les quelques échantillons des deux sexes qu’il se procura.

Ce cul qu’on lui offrait et qu’on lui disputait, ces cuisses qui s’ouvraient et se refusaient, il s’enrageait à se les assurer.

Accroupi par dessus le corps de Rita, dont il eût voulu grimper la croupe, il se retrouvait toujours en position, les jambes de la fillette s’échappant de chacun de ses côtés, de façon à enfermer sous elle la queue ambitionnant de s’égarer vers le trou du cul.

Il pressait sur le buste, qui s’affalait contre le tapis, il attrapait avec les mains les jambes rétives ; il essayait de les enserrer dans les siennes, poussant la queue en avant presque jusqu’aux reins ; Rita s’écroulant tout de son long, roulait sur elle-même, se couchait sur le dos, et un doigt au nombril, avec un sourire de nymphe enflammée, disait :

— Hein, tu n’y es pas encore et tu as gonflé, gonflé.

— Je bande comme à vingt ans.

— Tu bandes ! Veux-tu à présent, ainsi ?

— Je n’en puis plus, oui.

Il glissa enfin dans ses bras et il l’enconna, peut-être pas aussi gaillardement que Célestin, ou même que Clément, mais de façon fort délectable.

Cette morveuse de quatorze ans et demi, huit jours auparavant encore à la pension, satisfit de la sorte son troisième amant.

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