‹ Dictionnaire de la langue verteChapitre 8 sur 16 · I

I

ICIGO, adv. Ici,--dans l'argot des voleurs.

Ils disent aussi Icicaille.

IDÉE, s. f. Petite quantité de quelque chose, solide ou liquide,--dans l'argot du peuple.

Cette expression est de la même famille que scrupule, larme, soupçon et goutte.

IDÉES, s. f. pl. Soupçons jaloux,--dans l'argot des bourgeoises.

Se forger des idées. Concevoir des soupçons sur la fidélité d'une femme.

IDIOT, s. m. Aménité de l'argot des gens de lettres, qui l'adressent volontiers aux confrères qui leur déplaisent.

IDIOTISME, s. m. Bêtise complète; ânerie renversante.

IL A PLU SUR SA MERCERIE. Se dit--dans l'argot des gens de lettres et des rapins--d'une femme autrefois très avantagée par la Nature, et maintenant tout à fait désavantagée par la Vie.

On connaît l'effet désastreux de la pluie sur les étoffes--sur les étoffes de satin principalement.

IL EST MIDI! Exclamation de l'argot des faubouriens, pour avertir quelqu'un qui parle d'avoir à se méfier des gens devant lesquels il parle.

On dit aussi Il est midi et demi.

ILLICO, adv. Sur-le-champ, tout de suite,--dans l'argot du peuple.

ILLICO, s. m. Potion improvisée,--dans l'argot des pharmaciens, qui composent ordinairement ce garus de teinture de cannelle, de sucre et d'alcool.

IL N'Y A PAS DE BON DIEU! Phrase elliptique de l'argot du peuple, qui ne sent pas le fagot autant qu'on pourrait le croire au premier abord; elle signifie simplement, dans la bouche de l'homme le plus en colère: «Malgré tout, je ferai ce que je veux faire, rien ne m'arrêtera.»

IL PLEUT! Terme de refus ironique,--dans l'argot des gamins et des ouvriers.

IL PLEUT! Exclamation de l'argot des typographes, pour annoncer la présence d'un étranger dans l'atelier.--Exclamation de l'argot des francs-maçons, pour s'avertir mutuellement de l'intrusion d'un profane dans une réunion.

IL TOMBERA UNE ROUE DE VOTRE VOITURE! Phrase souvent employée,--dans l'argot du peuple--à propos des gens trop gais ou d'une gaieté intempestive.

IMAGE, s. f. Lithographie, gravure, dessin,--dans l'argot des enfants et du peuple, ce grand enfant.

IMBIBER (S'), v. réfl. Boire,--dans l'argot des faubouriens.

IMBRIAQUE, s. f. Écervelé, excentrique, maniaque,--dans l'argot du peuple.

A signifié autrefois Homme pris de vin.

Nous ne sommes pas loin de l'ebriacus de Plaute.

IMMEUBLE, s. m. Maison,--dans l'argot des bourgeois.

IMMORTEL, s. m. Académicien,--dans l'argot ironique des gens de lettres, qui savent très bien que l'Institut est un Léthé.

Les quarante immortels. Les quarante membres de l'Académie à tort dite Française.

IMPAIR, s. m. Insuccès, fiasco,--dans l'argot des artistes.

IMPAVIDE, adj. Impassible, que rien ou personne n'émeut.

J'ai employé cette expression il y a quatre ou cinq ans, quelques-uns de mes confrères l'ont employée aussi,--et maintenant elle est dans la circulation.

IMPAYABLE, adj. Qui est d'une haute bouffonnerie, d'un caractère extrêmement plaisant.--dans l'argot du peuple, qui emploie ce mot à propos des choses et des gens.

IMPAYABLE, adj. Etonnant à force d'exigences, ennuyeux à force de caprices,--dans l'argot de Breda-Street.

IMPÈRE, s. f. Apocope d'Impériale,--dans l'argot des faubouriens.

IMPOSSIBLE, adj. Extravagant, invraisemblable à force d'être excentrique.--Argot des gens de lettres.

IMPURE, s. f. Femme entretenue,--dans l'argot des vieux galantins, qui ont conservé les traditions du Directoire.

INCOMMODE, s. m. Réverbère,--dans l'argot des malfaiteurs, ennemis-nés des lumières.

INCONGRUITÉ, s. f. Ventris crepitus, ou Ructus,--dans l'argot des bourgeois, qui oublient que leurs pères éructaient et même crépitaient à table sans la moindre vergogne.

Faire une incongruité. Crepitare vel eructare.

Dire une incongruité. Dire une gaillardise un peu trop poivrée,--turpitudo verborum.

INCONOBRÉ, s. et adj. Inconnu, étranger,--dans l'argot des voleurs.

INCONSÉQUENCE, s. f. Infidélité galante,--dans l'argot de Breda-Street, où le manque de probité en amour est naturellement considéré comme péché véniel.

INCONSÉQUENTE, s. f. Femme qui change souvent d'amants, soit parce qu'elle a la papillonne de Fourier, soit parce qu'ils n'ont pas la fortune de M. de Rothschild.

INCONVÉNIENT, s. m. Infirmité,--dans l'argot du peuple.

Avoir l'inconvénient de la bouche. Mériter cette épigramme de Tabourot à Punaisin:

«Tu t'esbahis pourquoy ton chien, Les estrons de sa langue touche: Se peut-il pas faire aussi bien Qu'il lesche ta lèvre et ta bouche?»

Avoir l'inconvénient des pieds. Suer outrageusement des pieds.

INCROYABLE, s. m. Le gandin du Directoire.

On prononçait Incoïable.

INDÉCROTTABLE, adj. Incorrigible,--dans l'argot des bourgeois.

INEXPRESSIBLE, s. m. Pantalon,--dans l'argot des Anglaises pudiques, qui est devenu celui des gouailleurs parisiens.

INFANTE, s. f. Maîtresse,--dans l'argot des troupiers.

Les infantes étant les filles puînées des rois d'Espagne et de Portugal, sont supposées belles, et l'on sait que tous les amants jouent volontiers de l'hyperbole à propos de leurs maîtresses: ils disent «mon infante» comme ils disent «ma reine». Une couronne leur coûte moins à donner avec les lèvres qu'une robe de soie avec les mains.

INFECT, adj. Détestable, mal écrit,--dans l'argot des gens de lettres qui disent cela à propos des articles ou des livres de ceux de leurs confrères qu'ils n'aiment pas, à tort ou à raison.

INFECT, adj. Peu généreux,--dans l'argot des petites dames, pour qui ne pas regarder à la dépense c'est sentir bon, et n'avoir pas d'argent c'est puer.

INFÉRIEUR, adj. Qui est indifférent; qui semble peu important. Argot des faubouriens.

Cela m'est inférieur. Cela m'est égal.

INFIRME, s. et adj. Imbécile,--dans l'argot du peuple et des gens de lettres.

Jouer comme un infirme. Jouer très mal.

INGÉNUE, s. f. Jeune fille innocente et persécutée par les séducteurs auxquels elle résiste vertueusement--tant que dure son rôle: la toile baissée, c'est différent. Argot des coulisses.

Cet emploi commence à disparaître des théâtres et des pièces comme trop invraisemblable et par conséquent ridicule. Les actrices aiment mieux jouer les travestis.

INGLICHE, s. m. Anglais,--dans l'argot des faubouriens, qui prononcent à peu près bien ce mot, mais qui l'écriraient probablement très mal.

Ils disent aussi Inglichemann (Englishman).

INGRISTE, s. m. Peintre qui fait gris comme M. Ingres et exagère la sécheresse et la froideur de couleur de ce maître. Argot des artistes et des gens de lettres.

INGURGITER, v. a. et n. Boire, ou manger, avaler,--dans l'argot du peuple.

Ce verbe, que n'oseraient pas employer les gens du bel air, est un des mieux formés et des plus expressifs que je connaisse: ingurgitare,--qui évoque naturellement le souvenir du fameux ingurgite vasto, cet abîme goulu où disparurent les Lyciens, les fidèles compagnons d'Enée.

On dit aussi S'ingurgiter quelque chose.

INGURGITER SON BILAN. Mourir,--dans l'argot des commerçants.

IN NATURALIBUS. En chemise, ou nu.

INODORES, s. m. pl. Water-closets,--dans l'argot des bourgeois.

INQUIÉTUDES, s. f. pl. Démangeaisons,--dans l'argot des faubouriens.

Avoir des inquiétudes dans le mollet. Avoir une crampe.

INSINUANT, s. m. Apothicaire,--dans l'argot des voleurs, qui ont voulu détrôner M. Fleurant.

INSOLPÉ, adj. et s. Insolent,--dans le même argot.

INSURGÉ DE ROMILLY, s. m. Résultat probant de toute bonne digestion. Synonyme de factionnaire, sentinelle, etc. Cette expression date de 1848 et est due à une historiette grasse rapportée par le Corsaire de cette époque.

INTERLOPE, s. et adj. Qui appartient au monde de la galanterie,--où les smugglers des deux sexes fraudent sans cesse la Morale, la Pudeur et même la Préfecture de police.

Le monde interlope. La Bohème galante.

INTERLOQUER, v. a. Confondre, stupéfier, humilier,--dans l'argot du peuple.

INTIME, s. m. Applaudisseur gagé,--dans l'argot des coulisses.

INVALIDE, s. m. Ancienne pièce de quatre sous,--dans l'argot du peuple.

INVALO, s. m. Apocope d'Invalide,--dans l'argot des faubouriens.

INVITE, s. f. Apocope d'Invitation,--dans l'argot des joueurs de whist.

INVITE, s. f. Apocope d'Invitation.--Argot des faubouriens.

Faire une invite à l'as. Solliciter quelqu'un de vous offrir quelque chose.

IRLANDE (En)! Obliquement, à droite ou à gauche,--dans l'argot des gamins, qui emploient cette expression en jouant au bouchon ou aux billes.

IROQUOIS, s. m. Imbécile,--dans l'argot du peuple, qui ne respecte pas assez les héros de Cooper.

S'habiller en iroquois. D'une manière bizarre, extravagante.

Parler comme un iroquois. Fort mal.

ISOLAGE, s. m. Abandon.--dans l'argot des voleurs.

ISOLER, v. a. Abandonner.

ITRER, v. a. Avoir,--dans le même argot.

C'est un verbe irrégulier. Ainsi: Ire-tu picté ce luisant? (As-tu bu aujourd'hui?)

IVOIRE, s. m. Les dents,--dans l'argot des faubouriens.

Faire un effet d'ivoire. Rire de façon à montrer qu'on a la bouche bien meublée.

Les voyous anglais disent de même: To flash one's ivory.

IVROGNER (S'), v. réfl. Avoir des habitudes d'ivrognerie,--dans l'argot du peuple.

J

JABOT, s. m. Estomac,--dans l'argot des faubouriens, qui savent pourtant bien que l'homme n'est pas un granivore.

S'arroser le jabot. Boire.

Faire son jabot. Manger.

On dit aussi Remplir son jabot.

L'expression est vieille:

«De ce vin champenois dont j'emplis mon jabot On ne me voit jamais sabler que le goulot!»

dit le grand prêtre Impias de la tragédie-parade le Tempérament (1755).

JABOT, s. m. Gorge de femme.

Chouette jabot. Poitrine plantureuse.

JABOTAGE, s. m. Bavardage,--dans l'argot du peuple.

JABOTER, v. n. Parler, bavarder.

L'expression se trouve dans Restif de la Bretonne:

«Lise était sotte, Maintenant elle jabotte; Voyez comme l'esprit Dans un jeune cœur s'introduit.»

JABOTEUR, s. m. Bavard.

JACASSE, s. f. Femme bavarde.

Se dit aussi d'un Homme bavard ou indiscret.

JACASSER, v. n. Bavarder.

JACASSEUR, s. m. Bavard, indiscret.

JACOBIN, s. m. Révolutionnaire,--dans l'argot des bourgeois, qui singent les aristocrates.

JACQUE, s. m. Pièce d'un sou,--dans l'argot des voleurs.

JACQUE, s. m. Geai,--dans l'argot du peuple.

JACQUELINE, s. f. Grisette,--dans l'argot des bourgeois; Concubine,--dans l'argot des bourgeoises.

«Notre Jacqueline le fouille, Emporte la grenouille. Laisse là mon nigaud,»

dit une vieille chanson.

JACQUELINE, s. f. Sabre de cavalerie,--dans l'argot des soldats.

JACQUES BONHOMME. Le peuple,--dans l'argot des faubouriens, dont les pères firent la Jacquerie.

C'est le John Bull anglais, le Frère Jonathan américain, etc.

JACQUOT, s. m. Niais, bavard, importun,--dans l'argot du peuple.

On dit aussi Grand Jacquot.

JACTER, v. n. Parler,--dans l'argot des voleurs, qui ont emprunté ce verbe à la vieille langue des honnêtes gens (jactare, vanter, prôner).

JAFFE, s. f. Soufflet,--dans l'argot du peuple, qui s'assimile volontiers les mots des ouvriers provinciaux transplantés à Paris, et qui a certainement emprunté celui-ci au patois normand.

JAFFES, s. f. pl. Les joues.

JAFFIER, s. m. Jardin,--dans l'argot des voleurs.

JAFFIN, s. m. Jardinier.

JAFFLE, s. f. Soupe, potage,--dans le même argot.

JALO, s. m. Chaudronnier,--dans le même argot.

JAMBE DE VIN, s. f. Ivresse,--dans l'argot du peuple.

Faire jambe de vin. Boire à tire-larigot.

JAMBES DE COQ, s. f. pl. Jambes maigres,--dans l'argot du peuple.

Jambes en coton. Flageolantes comme le sont d'ordinaire celles des ivrognes, des poltrons et des convalescents.

Jambes en manches de veste. Jambes arquées, disgracieuses.

JAMBES EN L'AIR, s. f. Potence,--dans l'argot des voleurs.

JAMBONS, s. m. pl. Les cuisses,--dans l'argot des faubouriens, qui prennent l'homme pour un goret, et qui ont quelquefois raison.

Scarron n'a pas été moins irrévérencieux:

«Aussi fut Pélias le bon Fort incommodé d'un jambon.»

dit-il dans son Virgile travesti.

JAPPER, v. n. Crier.

JAR, s. m. Argot des voleurs, qui n'est pas autre chose qu'un jargon.

Dévider le jar. Parler argot.

Le peuple disait autrefois d'un homme très fin, très rusé: Il entend le jar. Et souvent il ajoutait: Il a mené les oies,--le jar étant le mâle de l'oie.

JARDINAGE, s. m. Débinage, médisance,--dans l'argot des voyous.

JARDINER, v. a. et n. Débiner.

JARDINER, v. n. Parler,--dans le même argot.

JARDINIER, s. m. Complice de l'Américain dans le vol au charriage. C'est lui qui est chargé de flairer dans la foule l'homme simple à dépouiller.

JARGOLLE, n. d. l. La Normandie,--dans l'argot des voleurs.

JARGOLLIER, s. m. Normand.

JARGONNER, v. n. Babiller, bavarder,--dans l'argot du peuple.

JARGOUILLER, v. n. Parler confusément.

On dit aussi Gargouiller.

JARGUER, v. n. Parler argot, dévider le jar.

JARNAFFE, s. f. Jarretière,--dans l'argot des voleurs.

Jeu de la jarnaffe. Escroquerie dont Vidocq donne le procédé, pages 233-34 de son ouvrage.

JARRET, s. m. Bon marcheur,--dans l'argot du peuple, qui emploie souvent la métonymie.

JASANTE, s. f. Prière,--dans l'argot des voleurs.

JASER, v. n. Prier.

JASER, v. n. Parler indiscrètement, de manière à compromettre des tiers ou soi-même,--dans l'argot du peuple.

JASPIN, adv. Oui,--dans l'argot des voleurs.

JASPINEMENT, s. m. Aboiement,--dans le même argot.

JASPINER, v. a. et n. Parler, bavarder.

Jaspiner bigorne. Entendre et parler l'argot. V. Bigorne.

En wallon, Jaspiner c'est gazouiller, faire un petit bruit doux et agréable comme les oiseaux.

JAUNE, s. m. Eau-de-vie,--dans l'argot des chiffonniers.

JAUNE, s. m. Été, la saison mûrissante,--dans l'argot des voleurs.

JAUNE D'OEUF (Avec un). Phrase suffixe que le peuple emploie ironiquement avec le verbe Aimer ou Adorer.

Ainsi Je t'adore avec un jaune d'œuf signifie: «Je ne l'aime pas du tout», et fait une sorte de calembour, par allusion à l'emploi connu du jaune d'œuf.

JAUNET, s. m. Pièce d'or de vingt francs,--dans l'argot des faubouriens.

Ils disent aussi Jauniau.

Au XVIIe siècle, on disait Rouget.

JAUNIER, s. m. Débitant ou buveur d'eau-de-vie.

JAVANAIS, s. m. Langue de convention parlée dans le monde des coulisses et des filles, qui consiste à ajouter après chaque syllabe la syllabe va ou av, ad libitum, de façon à rendre le mot prononcé inintelligible pour les profanes.

Les voleurs ont aussi leur javanais, qui consiste à donner des terminaisons en ar et en oc, en al ou en em, de façon à défigurer les mots, soit français, soit d'argot, en les agrandissant.

Quant aux bouchers, étaliers ou patrons, leur javanais consiste à remplacer toutes les premières lettres consonnes d'un mot, par un l et à reporter la première consonne à la fin du mot, auquel on coud une syllabe javanaise. Ainsi pour dire Papier, ils diront Lapiepem, ou Lapiepoc.

Pour les mots qui commencent par une voyelle, on les fait précéder et suivre par un l, sans oublier de coudre à la fin une syllabe javanaise quelconque. Par exemple avis se dit Laviloc ou mieux Lavilour. Quelquefois aussi ils varient pour mieux dérouter les curieux; ils disent nabadutac pour tabac,--quand ils ne disent pas néfoin du tré pour tréfoin, en employant les syllabes explétives na et né qui sont du pur javanais, comme av et va.

JAVARD, s. m. Lin que l'on met en javelles,--dans l'argot des voleurs.

JAVOTTE, s. f. Homme bavard, indiscret,--dans l'argot du peuple.

JEAN, s. m. Imbécile; mari que sa femme trompe sans qu'il s'en aperçoive.

On disait autrefois Janin.

JEAN-BÊTE, s. m. Imbécile.

C'est le cas ou jamais de citer les vers de madame Deshoulières:

«Jean? Que dire sur Jean? C'est un terrible nom Que jamais n'accompagne une épithète honnête: Jean Des Vignes, Jean Lorgne... Où vais-je? Trouvez bon Qu'en si beau chemin je m'arrête.»

JEAN DE LA SUIE, s. m. Savoyard, ramoneur,--dans l'argot du peuple.

JEAN DE LA VIGNE, s. m. Crucifix,--dans l'argot des voleurs.

JEANFESSE, s. f. Malhonnête homme, bon à fouetter,--dans l'argot des bourgeois.

JEANFOUTRE, s. m. Homme sans délicatesse, sans honnêteté, sans courage, sans rien de ce qui constitue un homme,--dans l'argot du peuple, dont cette expression résume tout le mépris.

JEAN GUÊTRÉ. Le peuple des paysans.

L'expression est de Pierre Dupont.

JEAN-JEAN, s. m. Conscrit,--dans l'argot des vieux troupiers, pour qui tout soldat novice est un imbécile qui ne peut se dégourdir qu'au feu.

JEAN JEAN, s. et adj. Homme par trop simple, qui se laisse mener par le bout du nez,--dans l'argot du peuple.

JEANLORGNE, s. m. Innocent, et même niais.

JEANNETON, s. f. Fille de moyenne vertu,--dans l'argot des bourgeois, qui connaissent leur La Fontaine.

«Car il défend les jeannetons, Chose très nécessaire à Rome.»

JEAN-RAISIN. Le peuple des vignerons.

L'expression est de Gustave Mathieu.

JE NE SAIS QUI, s. f. Femme de mœurs plus que légères,--dans l'argot méprisant des bourgeoises.

JE NE SAIS QUOI, s. m. Qualité difficile à définir; l'inconnue d'un sentiment ou d'un caractère qu'on chercherait en vain à dégager. Argot des gens de lettres.

JÉRÔME, s. m. Canne, bâton,--dans l'argot du peuple.

JÉSUITE, s. m. Dindon,--dans l'argot des voleurs, qui doivent employer cette expression depuis l'introduction en France, par les missionnaires, de ce précieux gallinacé, c'est-à-dire depuis 1570.

JÉSUS, s. m. Innocent,--dans l'argot souvent ironique du peuple.

D'où le grippe-Jésus de l'argot encore plus ironique des voleurs, puisqu'ils appellent ainsi les gendarmes.

JÉSUS, s. m. «Enfant dressé au vol et à la débauche,»--dans l'argot des voleurs.

JET, s. m. Canne, jonc,--dans le même argot.

JETER, v. n. Suppurer,--dans l'argot du peuple.

JETER DES PERLES DEVANT LES POURCEAUX, v. a. Dire ou faire de belles choses que l'on n'apprécie point à leur juste valeur,--dans l'argot des bourgeois.

C'est le margaritas antè porcos des Anciens.

JETER DU COEUR SUR DU CARREAU. Rendre fort incivilement son déjeuner ou son dîner, lorsqu'on l'a pris trop vite ou trop abondant.

JETER LE MOUCHOIR, v. a. Distinguer une femme et lui faire agréer ses hommages et son cœur,--dans l'argot des vieux galantins.

JETER SA LANGUE AUX CHIENS, v. a. Renoncer à deviner une chose, à la comprendre,--dans l'argot des bourgeois.

On dit aussi Jeter sa langue aux chats.

JETER SON BONNET PAR DESSUS LES MOULINS. Dire adieu à la pudeur, à l'innocence, et, par suite au respect des honnêtes gens, et se lancer à cœur perdu dans la voie scabreuse des aventures amoureuses. Argot du peuple.

JETER SON LEST, v. a. Se débarrasser involontairement du déjeuner ou du dîner dont on s'était lesté mal à propos.

JETER UN FROID, v. a. Commettre une incongruité parlée, dire une inconvenance, faire une proposition ridicule qui arrête la gaieté et met tout le monde sur ses gardes.

JETON, s. m. Pièce d'argent,--dans l'argot des faubouriens.

JEUNE, s. m. Petit enfant ou petit animal,--dans l'argot du peuple.

JEUNE, adj. Naïf, et même un peu sot.

Quand un ouvrier dit de quelqu'un: Il est trop jeune! cela signifie: il est incapable de faire telle ou telle chose,--il est trop bête pour cela.

JEUNE-FRANCE, s. m. Variété de Romantique, d'étudiant ou de commis--en pourpoint de velours, en barbe fourchue, en cheveux en broussailles, avec le feutre mou campé sur l'oreille.

JEUNE HOMME, s. m. Double moos de bière,--dans l'argot des brasseurs parisiens.

JEUNE HOMME (Avoir son), v. a. Être complètement ivre, de façon à se laisser mater et conduire par un enfant. Argot des faubouriens.

On dit aussi: Avoir son petit jeune homme.

JEUNE SEIGNEUR, s. m. Gandin,--du moins d'après madame Eugénie Foa, à qui je laisse toute la responsabilité de ce néologisme, que je n'ai jamais entendu, mais qu'elle déclare, à la date du 1er mars 1840, être «le titre de bon goût remplaçant ceux de petits-maîtres, beaux-fils, muscadins, etc..» Greffier fidèle, j'enregistre tout.

JEUNESSE, s. f. Jeune fille,--dans l'argot du peuple.

JEUNET, ETTE, adj. Qui est un peu trop jeune, et par conséquent trop naïf.

S'emploie aussi à propos d'un vin trop nouveau et que sa verdeur rend désagréable au palais.

JEUX SANGLANTS DE MARS (Les). La guerre,--dans l'argot des académiciens.

JIGLER, v. a. et n. Sauter en s'éparpillant. Ne s'emploie qu'à propos des liquides, vin, boue ou sang.

JINGLARD, s. m. Petit vin suret, ou le vin au litre en général,--dans l'argot du peuple, qui ne veut plus dire ginguet, et encore moins guinguet, une étymologie cependant.

JOB, s. m. Innocent, imbécile, dupe,--dans l'argot des faubouriens, qui parlent comme écrivaient Noël Du Fail en ses Propos rustiques et d'Aubigné en sa Confession de Sancy.

JOB, s. m. Tromperie, mensonge.

Monter un job. Monter un coup.

Monter le job. Tromper, jouer une farce.

JOBARD, s. m. et adj. Homme par trop crédule, dont chacun se moque, les femmes parce qu'il est trop respectueux avec elles, les hommes parce qu'il est trop confiant avec eux.

C'est un mot de vieille souche, qu'on supposerait cependant né d'hier,--à voir le «silence prudent» que le Dictionnaire de l'Académie garde à son endroit.

JOBARDER, v. a. Tromper, se moquer; duper.

Se faire jobarder. Faire rire à ses dépens.

JOBARDERIE, s. f. Confiance par trop excessive en la probité des hommes et la fidélité des femmes.

JOBERIE, s. f. Niaiserie, simplicité de cœur et d'esprit.

JOBISME, s. m. Pauvreté complète, pareille à celle de Job.

L'expression appartient à H. de Balzac.

JOCKO, s. m. Pain long,--dans l'argot des bourgeois, qui consacrent ainsi le souvenir du singe Jocko, un lion il y a trente ans.

On dit aussi Pain jocko ou à la Jocko.

JOCRISSE, s. m. Mari qui se laisse mener par sa femme,--dans l'argot du peuple, qui a eu l'honneur de prêter ce mot à Molière.

JOCRISSIADE, s. f. Naïveté,--ou plutôt Niaiserie.

JOINT, s. m. Biais pour se tirer d'affaire,--dans l'argot des bourgeois, qui découpent mieux qu'ils ne parlent.

Connaître le joint. Savoir de quelle façon sortir d'embarras; connaître le point capital d'une affaire.

JOJO, adj. Joli,--dans l'argot des voyous.

JOJO, adj. et s. Innocent, et même Niais,--dans l'argot du peuple.

Faire du jojo. Faire l'enfant, la bête.

JOLI, adj. et s. Chose fâcheuse, désagréable.

Voilà du joli! Nous voici dans une position critique.

JOLI GARÇON, s. m. Se dit ironiquement et en manière de reproche de quelqu'un dont on a à se plaindre.

JONC, s. m. Or,--dans l'argot des voleurs, qui appellent ainsi ce métal, non, comme le veut M. Francisque Michel, par corruption de jaune, mais bien parce que c'est le nom d'une bague en or connue de tout le monde, et qui ne se porte qu'en souvenir de l'anneau de paille des gens mariés par condamnation de l'Officialité.

JONCHER, v. a. Dorer.

JONCS, s. m. pl. Lit de prison, à cause de la paille qui en compose les matelas.

Être sur les joncs. Être arrêté ou condamné pour un temps plus ou moins long--toujours trop long!--«à pourrir sur la paille humide des cachots».

JORDONNE, s. m. Homme qui aime à commander, dans l'argot du peuple.

On dit aussi Monsieur Jordonne, et, de même, Madame ou Mademoiselle Jordonne, quand il s'agit d'une femme qui se donne des «airs de princesse».

JORNE, s. m. Jour,--dans l'argot des voleurs, qui d'ordinaire ne travaillent pas a giorno.

JOSEPH, s. m. Homme par trop chaste,--dans l'argot des petites dames, qui ressemblent par trop à madame Putiphar.

Faire son Joseph. Repousser les avances d'une femme, comme le fils de Jacob celles de la femme de Pharaon.

JOSÉPHINE, s. f. Mijaurée, bégueule,--dans l'argot des faubouriens, qui ont voulu donner une compagne à Joseph.

Faire sa Joséphine. Repousser avec indignation les propositions galantes d'un homme.

JOUASSER, v. n. Jouer mal ou sans application, pour passer le temps plutôt que pour gagner une partie.

On dit aussi Jouailler.

JOUASSON, s. m. Joueur malhabile ou distrait, redouté des véritables joueurs,--qui lui préféreraient volontiers un Grec.

On dit aussi Jouaillon.

JOUER (se). S'arranger, s'organiser,--dans l'argot du peuple, qui emploie cette expression à propos d'une foule de choses étrangères à la musique et au jeu. Ainsi, à propos d'un portefeuille à secret, au lieu de dire: Comment cela s'ouvre-t-il? il dira: Comment cela se joue-t-il?

Ce verbe s'emploie dans un autre sens, celui de faire, pour marquer l'étonnement. Comment cela se joue-t-il donc? Tout à l'heure j'avais de l'argent et maintenant je n'en ai plus!

JOUER A COURIR, v. n. Se défier à la course,--dans l'argot des enfants.

JOUER A LA MAIN CHAUDE, v. n. Être guillotiné,--dans l'argot des voleurs, qui font allusion à l'attitude du supplicié, agenouillé devant la machine, la tête basse, les mains liées derrière le dos.

JOUER A LA RONFLE, v. n. Ronfler en dormant,--dans l'argot des faubouriens.

JOUER COMME UN FIACRE, v. n. Jouer très mal,--dans l'argot du peuple, qui sait que les voitures imaginées, au XVIIe siècle, par Sauvage, sont les plus détestables véhicules du monde.

On dit aussi Jouer comme une huître.

JOUER DE LA HARPE. S'assurer, comme Tartufe, et dans le même but que lui, auprès d'une femme, que l'étoffe de sa robe est moelleuse.

JOUER DE QUELQU'UN, v. n. Le mener comme on veut, en tirer soit de l'argent, soit des complaisances de toutes sortes,--dans l'argot de Breda-Street, où l'on joue de l'homme comme Liszt du piano, Paganini du violon, Théophile Gautier de la prose, Théodore de Banville du vers, etc., etc.

JOUER DES JAMBES, v. a. S'enfuir,--dans l'argot des faubouriens.

JOUER DEVANT LES BANQUETTES. Jouer devant une salle où les spectateurs ne sont pas nombreux, ainsi que cela arrive fréquemment l'été. Argot des coulisses.

JOUER DU COEUR. Rejeter les vins ou les viandes ingérés en excès ou mal à propos,--dans l'argot du peuple, à qui les concetti ne déplaisent pas.

Nos aïeux disaient Tirer aux chevrotins.

JOUER DU NAPOLÉON, v. a. Payer; dépenser sans compter,--dans l'argot des bohèmes, à qui ce jeu-là est interdit.

JOUER DU PIANO, v. a. Se dit,--dans l'argot des maquignons, d'un cheval qui frappe inégalement des pieds en courant.

JOUER DU POUCE, v. a. Dépenser de l'argent,--dans l'argot du peuple.

Signifie aussi Compter de l'argent.

JOUER DU VIOLON, v. a. Scier ses fers,--dans l'argot des voleurs.

On dit aussi Jouer de la harpe.

JOUER DU VIOLON, v. n. Se dit,--dans l'argot des écrivains fantaisistes, à propos des mouvements de systole et de diastole du cœur humain en proie à l'Amour, ce divin Paganini.

JOUER LA FILLE DE L'AIR, v. a. S'en aller de quelque part; s'enfuir,--dans l'argot des faubouriens.

JOUJOU, s. m. Jouet,--dans l'argot des enfants.

Faire joujou. S'amuser,--au propre et au figuré.

JOUJOU, s. m. La croix d'honeur,--dans l'argot du peuple.

On se rappelle les tempêtes soulevées par Clément Thomas, employant cette expression en pleine Assemblée nationale.

JOUJOUTER, v. n. Jouer, faire joujou,--dans l'argot des faubouriens, qui emploient ce verbe au propre et au figuré.

JOUR DE LA SAINT-JEAN-BAPTISTE (Le). Le jour de l'exécution,--dans l'argot des prisons. C'est une allusion, comprise même des plus ignorants et des plus païens, à la décollation du Précurseur, dont la belle et cruelle Hérodiade ne pouvait digérer les mercuriales.

Les voleurs anglais ont aussi leur allusion à ce jour fatal, qu'ils appellent le Jour du torticolis (wry-neck day).

JOURNOYER, v. n. Ne rien faire de la journée, flâner. Argot du peuple.

JUBÉCIEN, IENNE, adj. et s. Grimacier, grimacière, qui fait des façons, des giries.

JUBILATION, s. f. Contentement extrême,--dans l'argot du peuple.

Visage de jubilation. Qui témoigne d'un très bon estomac.

JUBILER, v. n. Se réjouir.

JUDAS, s. m. Traître; homme dont il faut se méfier,--dans l'argot du peuple, chez qui est toujours vivante la tradition de l'infamie d'Iscariote.

Baiser de Judas. Baiser qui manque de sincérité.

Barbe de Judas. Barbe rouge.

Bran de Judas. Taches de rousseur.

Le point de Judas. Le nombre 13.

JUDAS, s. m. Petite ouverture au plancher d'une chambre située au-dessus d'une boutique, et qui trahit ainsi la présence d'un étranger dans celle-ci.

Les judas parisiens sont les cousins germains des espions belges et suisses.

JUDASSER, v. n. Embrasser pour tromper--comme Judas Iscariote fit au Christ.

Signifie aussi simplement: Tromper, trahir.

JUDASSERIE, s. f. Fausse démonstration d'amitié; tour, perfidie; trahison.

JUDÉE, n. de l. Préfecture de police,--dans l'argot des voleurs, qui ont appris à leurs dépens le chemin de la rue de Jérusalem.

Ils disent aussi Petite Judée.

JUGE DE PAIX, s. m. Tourniquet de marchand de vin, qui condamne à payer une tournée celui qui perd en amenant le plus petit nombre. Argot des ouvriers.

JUGE DE PAIX, s. m. Bâton,--parce qu'il est destiné à mettre le holà.

Cette expression fait partie de l'argot des voleurs et de celui des faubouriens.

JUGEOTTE, s. f. Jugement, logique, raison, bon sens,--dans l'argot du peuple, pour qui cela remplace la judiciaire.

JUGULER, v. a. Importuner, ennuyer, égorger d'obsessions.

JUIF, s. m. Prêteur à la petite semaine,--dans l'argot des étudiants.

JUIF ERRANT, s. m. Grand marcheur, homme qui va par monts et par vaux, comme Ahasvérus, que Jésus--«la bonté même»--a condamné à marcher «pendant plus de mille ans».

JUIFFER, v. a. Tromper en vendant; avoir un bénéfice usuraire dans une affaire.

JUILLETISER, v. a. Faire une révolution, détrôner un roi,--dans l'argot du peuple, qui a gardé le souvenir des «glorieuses journées» de 1830.

JULES, s. m. Pot qu'en chambre on demande,--dans l'argot des faubouriens révolutionnaires, qui ont éprouvé le besoin de décharger la mémoire de saint Thomas des ordures dont on la couvrait depuis si longtemps.

Aller chez Jules. C'est ce que les Anglais appellent To pay a visit to mistress Jones.

JUMELLES, s. f. pl. Partie du corps qui constitue la Vénus Callipyge,--dans l'argot des voleurs, héritiers des Précieuses, lesquelles appelaient cette partie Les deux sœurs.

JUS, s. m. Grâce, élégance, bon goût,--dans l'argot des faubouriens, pour qui certaines qualités extérieures, naturelles ou acquises, sont la sauce de certaines qualités de l'âme.

Avoir du jus. Avoir du chic, de la tournure.

Être d'un bon jus. Être habillé d'une façon grotesque, ou avoir un visage qui prête à rire.

JUS, s. m. Profit, bénéfice que rend une affaire.

JUS DE BÂTON, s. m. Coup de bâton.

JUS D'ÉCHALAS, s. m. Vin.

JUS DE RÉGLISSE, s. m. Nègre ou mulâtre.

JUSQU'À PLUS SOIF, adv. A l'excès, extrêmement,--dans l'argot des faubouriens, qui disent cela à propos de tout.

JUSTE, s. f. La Cour d'assises,--dans l'argot des voleurs, qui s'étrangleraient sans doute à prononcer le mot tout entier, qui est Justice.

JUSTE MILIEU, s. m. Député conservateur quand même, ami quand même du gouvernement régnant. Argot des journalistes libéraux.

On dit aussi Centrier.

JUSTE-MILIEU, s. m. L'endroit consacré par la jurisprudence du Palais-Royal comme cible aux coups de pied classiques et aux plaisanteries populaires.

JUTEUX, EUSE, adj. qui donne de grands bénéfices, qui rend un grand profit, qui a du jus enfin.

K

KIF-KIF, adv. Ric-à-ric,--dans l'argot des faubouriens qui ont servi dans l'armée d'Afrique.

KINSERLICK, s. m. Autrichien,--dans l'argot des troupiers, qui ont entendu parler des Impériaux (die Kaiserlichen) battus par leurs pères, les soldats de la Grande Armée.

On dit aussi et mieux Kaiserlick.

KLEBJER, v. n. Manger,--dans l'argot des marbriers de cimetière, qui parlent russe (kleb, pain) sans le savoir.

Ils disent aussi Tortorer.

KOKSNOFF, adj. Elégant, beau, brillant, chocnosoff,--dans l'argot des bohèmes et des rapins.

KOLBAC, s. m. Coiffure généralement quelconque,--dans l'argot des faubouriens.

KRAPSER, v. a. Tuer,--dans l'argot des faubouriens qui ont fait la guerre d'Orient.

Signifie aussi mourir.

KYRIELLE, s. f. Suite ou procession de gens; famille nombreuse,--dans l'argot du peuple.

Avoir des kyrielles d'enfants. En avoir beaucoup.

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