‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 26 sur 80 · L. FESTEAU.

L. FESTEAU.

_Cessez donc de pleurer un sort digne d’envie, Et ne regrettez plus la plus belle des fleurs; Si ne la garder pas, c’est faire une folie, On goûte en la perdant mille et mille douceurs._

BUSSY-RABUTIN.

Te laisser vierge, c’est te faire sentir de la façon la plus cruelle que ta fleur ne vaut pas la peine qu’on se donnerait pour la cueillir.

LOUVET.

_Il est bon de garder sa fleur, Mais pour l’avoir perdue, il ne faut pas se pendre._

LA FONTAINE.

Cette fleur, qui avait été réservée pour le beau prince de Massa-Carrera, me fut ravie par le capitaine corsaire.

VOLTAIRE.

_Pour eux ne brille cette fleur, Qu’amour, diligent moissonneur, Sait recueillir avant la fête Que le tardif hymen s’apprête._

PIRON.

FLEUR D’ORANGER. Fleurs blanches qu’une fille porte sur la tête le jour de son mariage, pour dire à tout le monde: Je n’ai pas encore été baisée; j’ai toujours gardé ma fleur et mon fruit... défendu.—Laissons passer et disons avec Commerson:

Le bouquet de fleurs d’oranger est le cynisme de la vertu.

FLEURETTES. Petites fleurs du langage amoureux, douceurs que les galants débitent aux jeunes personnes qui y prêtent volontiers l’oreille,—faute de prêter autre chose à quelque chose de mieux. On dit aussi: _Conter fleurettes_, pour: parler d’amour.

Je ne cessais de me retracer mon gentil Belval, allant au fait, et commençant par où les autres me semblaient ne devoir finir d’un siècle. Aussi, leurs fleurettes n’étaient-elles honorées d’aucune attention.

FÉLICIA.

_Des abbés coquets sont venus; Ils m’offraient pour me plaire Des fleurettes au lieu d’écus, Je les envoyai faire... vois-tu..._

GALLET.

FLEUR DU MAL. Tribade—qui se fait respirer par une autre femme, qu’elle respire à son tour.—L’expression date de 1856, époque de la publication du livre de poésies de M. Charles Baudelaire, dans lequel les gougnottes sont chantées sur le mode ionien.

FLEURONS DE VÉNUS. Accidents vénériens qui forment sur le front du malade une sorte d’auréole.

_Les fleurons de Vénus te servent d’auréole; Comme un vase trop plein tu répands la vérole Sur tout un peuple frémissant._

DUMOULIN.

FLEURS BLANCHES. Nom que, par corruption, on donne à un écoulement blanchâtre particulier aux femmes blondes, lymphatiques, chlorotiques, mal nourries,—parisiennes, en un mot. _Mulierum vulvæ fluores, stillationes morbosæ_, d’où, conséquemment, on devrait dire: _flueurs blanches_, du verbe latin _fluere_, couler.

_La marquise a bien des appas, Ses traits sont vifs, ses grâces franches, Et les fleurs naissent sous ses pas; Mais, hélas! ce sont des fleurs blanches._

Comte de MAUREPAS.

FOLICHON, FOLICHONNE, FOLICHONNEUSE, FOLICHONNETTE, FOLICHONNER, FOLICHONNADES, FOLICHONNERIES. Rieurs, bons vivants, folâtreries, gaillardises.

_Mariette était si folichonne. Qu’elle embrassait les cuisiniers._

MARTIAL O...

Je fus épris comme un toqué d’une aimable folichonnette.

J. KELM.

_Une folichonneuse, Cancane et me plaît mieux._

J.-E. AUBRY.

_Folichons et folichonnettes, Rigolons et folichonnons._

F. VERGERON.

M. M..., pour avoir lu des livres entachés de folichonnerie, copiera cent versets de la Bible.

CH. JOLIET.

FONDEMENT (Le). Les parties sexuelles, dont le fondement n’est cependant qu’une partie.

_Craignez, craignez fort la vérole! Il faut garder son fondement Propre, avec tout son fourniment, Pour suivre les cours de l’école._

A. WATRIPON.

FONTAINE. La nature de la femme, où s’abreuve l’humanité—altérée de jouissance.

_Le vin est inventé pour vous: Il fait rejaillir la fontaine Qu’on voit tout le long, le long de la bedaine._

(_Chanson anonyme moderne._)

Nous fûmes aussitôt tous les trois près d’elle lui faire les caresses qu’elle montrait désirer; à peine avions-nous posé nos mains sur ses fesses, qu’après deux ou trois mouvements de reins, nous l’aperçûmes tourner de l’œil, et nous vîmes couler la fontaine du plaisir.

MIRABEAU.

—On le dit aussi d’une femme qui a des flueurs ou un écoulement vénérien. De là le surnom d’une célèbre habituée de bals, Clara Fontaine:

_Coule, coule toujours, Fontaine des amours._

G. NADAUD.

FORCER LA BARRICADE. Déchirer la membrane de l’hymen d’une vierge en la dépucelant, la baïonnette en avant.

Il poussa et m’entr’ouvrit avec plus de facilité que devant, et fit tant à la fin, se remuant de cul et de tête, qu’il força la barricade.

MILILOT.

FORCER UNE FEMME. La baiser malgré elle.

Je vous ai forcée, je vous ai violée; mais je n’ai pu faire autrement, et je vous en demande pardon.

LA POPELINIÈRE.

FORÊT HUMIDE (La). La motte de la femme, qu’arrosent si fréquemment la sueur, l’urine, les menstrues, le sperme, les ablutions, etc.

_Notre morpion se hâta De gagner la forêt humide Qui devant lui se présenta._

B. DE MAURICE.

FORNICATEUR. Homme qui se plaît à commettre le doux péché de fornication.

_Grand gesticulateur, Hardi fornicateur, Et dont l’incontinence S’attaque à l’honneur De ma sœur._

COLLÉ.

_Un jeune capucin, Qui fornique et qui prie, Allait passer sa vie Dans un couvent lointain._

J. CABASSOL.

Notre grand’maman Ève elle-même n’a-t-elle pas commencé à mettre la fornication en honneur?

PIGAULT-LEBRUN.

_Puis la virant, preste sur la croupière, Se huche. Hélas! quel taon vous a piqué? Serrant le cul, s’écria la commère; Par là jamais nous n’avons forniqué._

PIRON.

FOUAILLER UNE FEMME. La baiser, se servir avec elle du fouet qui cingle si bien.

Elles savent donc qu’il y a des moines qui fouaillent.

(_Moyen de parvenir._)

La fille de taverne, dit Auguste Barbier,

... _N’a d’amour chaud et libertin Que pour l’homme hardi qui la bat et la fouaille Depuis le soir jusqu’au matin._

FOUAILLEUR. Coureur de filles, bordelier.—«Un T de plus dans ce mot, et on a son étymologie,» dit l’auteur des _Excentricités du langage_, M. Lorédan Larchey.

FOUETTER UN HOMME, afin d’amener l’érection de son membre.

_Si son vit impuissant n’a pas encor bandé... On saisit le bouquet de verges à deux mains. On fustige le vieux sur la chute des reins: La douleur qu’il éprouve est quelquefois bien grande, Mais il ne se plaint pas, il est heureux... il bande!_

LOUIS PROTAT.

FOULER. Faire l’acte vénérien.

_Ne foulez point son mausolée, La pauvre fut assez foulée Durant le temps qu’elle a vécu._

(_Cabinet satyrique._)

FOUR. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

Avec sa pâte qui fut levée aussitôt que le four fut chaud.

(_Moyen de parvenir._)

_S’il vous plaist nous prester vos fours, Nous sommes à vostre service._

_Il est défendu par nos loix De travailler dans un four large._

(_La Fleur des chansons amoureuses._)

FOURBIR UNE FEMME. La baiser, frotter de la queue les parois de son vagin pour les dérouiller,—ce qui la rend non-seulement _polie_, mais très contente.

Comme s’il fallait que je lui donnasse du salaire pour avoir fourbi cette gaupe.

CH. SOREL.

_Puis vous fourbit l’agréable femelle Qui l’occupait._

GRÉCOURT.

FOURGONNER UNE FEMME. La baiser, en introduisant dans son petit foyer la pine en guise de _poker_.

FOURNIR SA CARRIÈRE. Achever de jouir en baisant.

Tu aurais été ravie en extase en voyant seulement comme il se tourmentait sur moi dans le temps que nous achevions de fournir notre carrière.

MILILOT.

FOURRAGER. Patiner une femme; essayer d’introduire son membre dans son aimable hiatus.

Eh bien! eh bien! où vas-tu comme ça?... Qu’est-ce que tu fourrages là-dedans?

HENRY MONNIER.

FOURRER (Le). Introduire le membre viril dans la nature de la femme.

Je me le figure toujours tel que s’il me le fourrait dedans le con avec force et qu’il eût de la peine à entrer.

MILILOT.

FOUTERIE. Action de foutre une femme, ou d’être foutue par un homme,—du verbe _futuo_, qui a la même signification.

Ceux-là qui sont bien fournis d’instruments à fouterie et qui sont propres à donner un plaisir partout.

MILILOT.

_Tu brûlais pour moi d’un amour immense Dans des vers fort beaux—que je n’ai pas lus; Notre fouterie à peine commence, Et déjà, mon cher, tu ne bandes plus!_

ANONYME.

FOUTERIE DE PAUVRE. Pauvre fouterie; mauvais coup.

FOUTEUR. Homme qui satisfait les femmes, au lit ou en fiacre, à pied ou à cheval.

_Veuve de son fouteur, la gloire, La nuit, dans son con souverain, Enfonce—tirage illusoire!— Ce grand godemichet d’airain!_

(_Parnasse satyrique._)

_Et mandons à tous nos fouteurs, Fussent-ils un peu plus à l’aise, De prendre au con seul leurs ébats._

COLLÉ.

Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme jamais en effet je n’ai été chaussée.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

FOUTEUSE. Femme qui aime à être baisée, ou qui met son art à bien faire jouir les hommes qui la baisent.

Tu es une belle fouteuse, ma mie.

LA POPELINIÈRE.

_Car on peut devenir une bonne fouteuse, Mais on ne devient pas, il faut naître branleuse._