‹ Du chloral hydraté en médecine vétérinaireChapitre 2 sur 7 · ii PHARMACOGRAPHIE

ii PHARMACOGRAPHIE

Solide, blanc et cristallisé, l’hydrate de chloral est onctueux, gras au toucher, d’une odeur vive et pénétrante, rappelant celle du melon. Il est déliquescent, d’une saveur âcre et désagréable. C’est un caustique assez énergique, désorganisant les tissus, attaquant le liége, le papier, le caoutchouc, les métaux, mais sans action sur ceux-ci lorsqu’il est parfaitement pur. Ce corps est très-soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther et le chloroforme, fond à 46°, bout à 97° et a une densité de 1,57. Il se présente en plaques opaques avec un aspect saccharoïde, plaques dues à l’enchevêtrement d’une foule de petits cristaux prismatiques à 4 pans, ou rhombiques, présentant des stries parallèles signalées la première fois par M. Byasson.

Voyons maintenant quelle est l’action des alcalis sur le chloral. Cette action est toujours la même, mais varie d’intensité suivant le genre d’alcali, et nous croyons que l’on doit à l’exemple du docteur Lissonde, résumer ainsi leur mode d’action :

1 Avec la soude et la potasse caustique, la réaction est instantanée à froid, la formation du chloroforme est évidente.

2 Avec les carbonates même résultat, déjà l’action est bien moins intense.

3 Avec les bicarbonates alcalins, la réaction est constante, graduelle et demande, surtout à froid, un certain temps pour se produire ; en outre, le dégagement de chloroforme se fait, avec d’autant plus de facilité, qu’on approche de son point d’ébullition par l’augmentation de la tension de sa vapeur.

Préparation. — Depuis Liebig qui obtint le premier l’hydrate de chloral en faisant agir le chlore sur l’alcool, diverses méthodes ont été employées.

Nous citerons, entre autres, celle suivie par Stœdœler qui fit agir le chlore non plus sur l’alcool, mais bien sur des substances organiques, capables d’en fournir par dédoublement, se basant sur ce que deux corps ont d’autant plus d’action qu’ils se trouvent tous deux à l’état naissant.

Le procédé Dumas consiste à faire agir du chlore sur de l’alcool absolu.

On obtient ainsi du chloral liquide, qui devient solide par distillation et qu’on purifie ensuite de la manière suivante :

L’acide sulfurique est employé pour séparer l’alcool qui aurait échappé à l’action du chlore, il retient cet alcool ou le transforme en éther sulfurique ; d’autre part, il s’empare de l’eau qui accompagne le chloral brut. On fait ensuite bouillir le chloral traité par l’acide sulfurique, on le prive ainsi de l’acide chlorhydrique, de l’éther sulfurique ou même à la rigueur de l’alcool, s’il en restait encore. Enfin, en le rectifiant par la chaux vive, on s’empare de l’acide chlorhydrique restant. Tel est, en peu de mots, le procédé Dumas et le mode de purification suivi par ce professeur.

M. Roussin, dans le Journal de pharmacie et chimie 1870, a fait connaître un nouveau mode de préparation permettant d’obtenir un produit très-pur et beaucoup plus abondant.

Cette méthode est celle de M. Dumas, modifiée en ce sens que l’on supprime la préparation du chloral liquide qui occasionne une perte notable et provoque la formation de produits secondaires, difficiles à éliminer. De plus, M. Roussin purifie l’hydrate de chloral par une expression énergique, terminée par une distillation. Le produit ainsi obtenu peut être considéré comme un alcoolat de chloral ayant pour formule C 4 Cl O C H O.

Enfin, M. Follet a aujourd’hui un procédé très-simple pour fournir de l’hydrate de chloral. Pureté, beauté de cristallisation, tout se trouve dans le produit obtenu par cette nouvelle méthode que nous regrettons de ne pouvoir faire connaître tout au long ; cependant, nous dirons :

1 Que l’alcool anhydre est remplacé par l’alcool à 95°

2 Que le chlore vient agir dans des conditions différentes de température.

3 Que la séparation des produits nombreux par rectification a été également modifiée.

Àquoi reconnaîtra-t-on un produit exempt de toute impureté, tel qu’il le faut enfin pour l’usage en médecine ?

Àpart les caractères physiques que nous avons déjà donnés, on reconnaît le chloral pur, à ce qu’il doit se dissoudre facilement dans l’eau distillée et la solution ne pas précipiter par le nitrate d’argent. Il ne doit pas noircir, lorsque à la température de 120° on le traite par l’acide sulfurique. Chauffé à 45° ou 46°, il doit fondre, et à 96°, distiller, sans laisser de résidu (M. Lissonde. Du chloral hydraté, 1874).

Lorsque l’on veut déterminer la quantité réelle de chloral qui existe dans un produit donné comme pur, il faut employer la méthode signalée par M. Meyer (Annalen der chimie und pharmacie, 1873), elle consiste à traiter le chloral par les alcalis.

On voit par cette équation qu’une molécule d’hydrate sature une molécule de soude, ou que, en équivalent, 165 gr. 5 de chloral satureront 1000 de solution de soude. On peut ainsi par la quantité de soude employée, en déduire celle de l’hydrate de chloral.

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