Élégie
Oiseau qui regagne son nid,
Lion qui vers l’antre bondit,
Le flot impétueux qui coule,
La locomotive qui roule,
L’éclair irradiant le ciel,
Le jet du rayon du soleil,
Crois-le-bien, ô ma bien-aimée !
Vont moins vite que ma pensée
Vers toi, foyer de mon bonheur,
Qu’adore et que chérit mon cœur.
Soldat disant : « Adieu patrie ! »
Alors que le vainqueur s’écrie :
« Victoire ! » Le marin du bord,
Ivre d’espoir, touchant au port ;
L’aigle qui veille, de son aire,
Sur son aiglon ; le téméraire
Qui, n’écoutant que sa valeur,
Meurt pour son prochain, ô mon cœur !
Dois-je te le dire quand même,
N’aiment pas plus que je ne t’aime !
Aux jours où fleurit le printemps
Heureux, l’exilé dit : « J’attends
Messagère aimante et fidèle. »
Sois la bienvenue, hirondelle !
Léandre, à l’heure des amours,
Du fleuve a sillonné le cours :
Héro l’attend. Pour cette amante
Est-il une plus longue attente
Que celle où tu le plonges. Lui,
Qui, lorsque tu pars, tout a fui ?