‹ Errantes et VagabondesChapitre 32 sur 46 · À la mémoire d’Alfred de Musset

À la mémoire d’Alfred de Musset

Est-il assez de fleurs pour couronner tes vers,
Ô chantre ! enfant gâté de la mère Nature ?
Est-il assez d’amour dans le vaste univers
Pour répondre aux accents, suave et doux murmure,
De ta lyre d’or ? Non. Barde qui subjugua
Les esprits délicats et le cœur de la femme ;
Génie, aux beaux fleurons, qu’en vain, plus d’un brigua,
Alors que tu trônais au paradis de l’âme,
Pourquoi, jeune, brillant, touchant à peine au port,
Cessas-tu de chanter, pour sourire à la Mort ?…
De ta muse, à jamais, les accords romantiques
Résonnèrent. Musset, chercher à conquérir
Un seul de tes lauriers ? Il faudrait acquérir
L’Idéal dont tu sus atteindre les portiques.

1886.

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