Simple dialogue
Lise, un jour, dit à Mathurin :
« Il faut prendre femme, cousin…
Beau gars épouse à la trentaine
Et vous frisez la quarantaine.
Regardez bien, autour de vous,
Tous vos amis sont des époux. »
— « C’est vrai, ma charmante lutine…
Mais ne croyez-vous point, cousine,
Que mon état de liberté
Égale leur félicité ?
Le mariage est une chaîne
Lourde à ceux dont courte est l’haleine ! »
— « Galant vous n’êtes point. Adieu. »
Amour qui passait en ce lieu
Laissa choir un malin sourire…
De ses liens, par son empire,
Trois mois après couple enchanté
Égloguait sur l’égalité.
Femme le veut, Amour l’ordonne…
Regrets pour le cœur qui se donne
Au dieu qu’on nomme Célibat !
— Triste sinon coupable état. —
Épouser est loi naturelle :
Nul ne doit s’y montrer rebelle.
Tout à l’hymen est invité :
Des cœurs c’est la fraternité.
1886.