‹ Essai sur l’espèce bovineChapitre 2 sur 10 · 1° du bœuf producteur de force mécanique

1° du bœuf producteur de force mécanique

De tout temps, le bœuf a été, comme le cheval, un moteur et plus particulièrement un moteur agricole ; depuis l’antiquité la plus reculée, le bœuf est la bête de ferme et de labour ; l’Ancien Testament, les auteurs grecs et latins ne parlent que du bœuf et nullement du cheval, comme compagnon du laboureur. De nos jours encore, il est à peu près le seul animal de labour dans toute l’Asie, où on le trouve partout jusque vers le cercle polaire où il cède la place au renne ; chez les Hottentots et quelques autres peuplades de l’Afrique, il sert encore aux champs et quelquefois remplace le cheval comme monture.

En France, encore aujourd’hui, le bœuf est la principale force motrice agricole. Le travail agricole du bœuf en France, comparé à celui du cheval, est dans la proportion de 37 à 23 ou, à peu près, comme 3 est à 2. C’est surtout dans le midi, le centre et le sud-ouest (Gascogne, Guyenne, Berry, Bourbonnais, Languedoc, etc.) que le bœuf est le principal et presque le seul instrument de culture ; il y fait même souvent un service de roulage. Dans le nord (Île de France, Normandie, Boulonnais, Picardie, Flandre, Artois, etc.) on l’élève comme bête de rente, et le cheval le remplace dans les travaux des champs.

Le problème qui consiste à chiffrer les avantages et les inconvénients du bœuf de travail comparé au cheval n’est pas résolu ; il est acquis cependant que dans les pays de montagnes et de coteaux et là où les terres sont fortes le bœuf est préférable au cheval. Le travail quotidien du bœuf comparé celui du cheval serait comme 3 est à 4 et même comme 4 est à 5 d’après Mathieu de Dombasle. Pradt et Arthur Young estiment que le bœuf, s’il était bien attelé et bien gouverné, pourrait donner un travail quotidien égal à celui du cheval.

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