‹ Essai sur l’espèce bovineChapitre 7 sur 10 · 1° lois économiques

1° lois économiques

La production du bétail est une industrie ; le problème de cette production est donc avant tout un problème industriel. Or la condition première des entreprises de ce genre c’est qu’elles aient pour résultat un bénéfice par la création d’une valeur supérieure à la somme des valeurs employées pour obtenir celle-là. Sans cette condition, on peut bien faire de l’art, on peut faire des choses belles au point de vue de l’esthétique, de la philanthropie, du dévouement, mais on ne fait plus de l’industrie. Le résultat industriel, le bénéfice, découle de l’exacte appropriation de la chose produite aux circonstances qui en déterminent la valeur, c’est la mesure da rapport qui existe entre cette chose et son utilité économique. Quelles sont, pour l’espèce bovine, les conditions économiques de la production du bétail ? Voilà ce qu’il nous faut d’abord envisager et préciser avant de nous occuper des moyens d’y parvenir.

Envisagée dans ses rapports avec l’économie générale de la société, l’espèce bovine doit fournir du travail et du lait durant sa vie avant que d’arriver sous le couteau du boucher. Ces trois termes : travail, lait et viande résument donc ses fonctions économiques dans l’ensemble. Sous la domination de certaines circonstances économiques, on a spécialisé dans une certaine mesure quelques-unes des aptitudes de l’espèce ; mais ce qui s’observe le plus communément, c’est la succession des trois fonctions dans l’espèce embrassant les deux sexes, bien entendu. Le problème à résoudre, c’est d’apprécier dans l’ensemble de l’espèce la triple fonction qui lui est dévolue et de déterminer le degré d’importance qu’il convient d’accorder à chacune des spécialités fonctionnelles sus-énumérées.

Dans la plupart des régions de notre pays, le travail est la spécialité fonctionnelle la plus utilisée ; cela ressort des habitudes prises depuis longtemps déjà dans nos pays, ainsi que des exigences de la culture. Dans les provinces où poussent d’abondants fourrages, la production du lait est le résultat recherché. Mais une spécialité fonctionnelle qu’il faut économiquement tendre à réaliser partout, c’est l’aptitude à l’engraissement. Nous pouvons donc établir comme lois économiques que, pour la production industrielle de l’espèce bovine, il faut tenir compte des pays, des provinces où l’on veut s’adonner à cette industrie. Tout doit tendre à donner aux animaux qu’on veut produire des aptitudes en rapport avec la situation locale, et il faut diriger toutes les races vers cet emploi final : la boucherie.

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