‹ ÉthiqueChapitre 293 sur 459 · Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · SCOLIE

Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · SCOLIE

Parmi ces espèces d’affections, qui (Prop. préc.) doivent être très nombreuses, les notoires sont la Gourmandise, l’Ivrognerie, la Lubricité, l’Avarice et l’Ambition, lesquelles ne sont que des désignations de l’Amour ou du Désir expliquant la nature de l’une et l’autre affections par les objets où elles se rapportent. Par Gourmandise, Ivrognerie, Lubricité, Avarice et Ambition, nous n’entendons rien d’autre en effet qu’un Amour ou un Désir immodéré de la chère, de la boisson, du coït, des richesses et de la gloire. De plus, ces affections, en tant que nous les distinguons des autres par l’objet où elles se rapportent, n’ont pas de contraires. Car la Tempérance et la Sobriété et enfin la Chasteté, que nous avons accoutumé d’opposer à la Gourmandise, à l’Ivrognerie et à la Lubricité, ne sont pas des affections ou des passions, mais manifestent la puissance de l’âme qui gouverne ces affections. Je ne peux d’ailleurs ici expliquer les autres espèces d’Affections (y en ayant autant que d’espèces d’objets) et, si même je le pouvais, cela n’est pas nécessaire. Car pour l’exécution de notre dessein qui est de déterminer les forces des affections et la puissance qu’a l’Âme sur elles, il nous suffit d’avoir une définition générale de chaque affection. Il nous suffit, dis-je, de connaître les propriétés communes des Affections et de l’Âme, pour pouvoir déterminer de quelle sorte et de quelle grandeur est la puissance de l’Âme pour gouverner et réduire les Affections. Bien qu’il y ait une grande différence entre telle et tells affection d’Amour, de Haine ou de Désir, par exemple, entre l’Amour qu’on a pour ses enfants et l’Amour qu’on a pour sa femme, nous n’avons donc pas besoin de connaître ces différences et de pousser plus outre l’étude de la nature et de l’origine des affections.

Une affection quelconque de chaque individu diffère de l’affection d’un autre, autant que l’essence de l’un diffère de l’essence de l’autre.

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