Chapitre 25 Faire la pluie et le beau temps
Cela n’est possible que quand on a fait fortune. Seul un homme qui a fait fortune peut enrichir ou ruiner à volonté les marchands de parapluies et les décrotteurs. Mais beaucoup trop d’hommes ayant fait fortune, depuis que l’excrément surabonde, et la volonté de tous ces hommes étant ondoyante, on ne peut jamais savoir le temps qu’il fera. C’est la pluie constante, c’est la sécheresse, c’est un soleil miteux à chaque instant contesté par des averses.
Puis, il y a l’influence mystérieuse et météorique des femmes. Lorsqu’il se trouve un trop grand nombre de cocus parmi les hommes, c’est l’inondation probable et ceux, en nombre inégal, qui croient à la fidélité de leurs épouses et qui voudraient le beau temps, sont submergés, vaincus et cessent aussitôt d’avoir fait fortune. C’est un désordre infini. C’est la ruine des almanachs et le découragement total pour les amateurs de villégiature.
Ici, dans ma retraite charmante de Bourg-la-Reine où la crotte sévit en toute saison, j’ai dû renoncer à cultiver la statistique. Comme pour dérouter tous mes calculs, la municipalité inonde les rues quand il ne pleut pas, et décrète le marécage en les défonçant aussitôt qu’il pleut, en sorte que j’ignore invinciblement les mœurs de ce pays — dans l’impossibilité où je me trouve d’établir une balance probable entre le petit nombre connu des ménages riches et la quantité fabuleuse d’infortunes supposée par cette illusion perpétuelle d’un abominable temps. Que se passe-t-il ailleurs ?
q