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Chapitre 53 Le latin est une langue morte

Pourquoi ne l’enterre-t-on pas ? Vous verrez qu’elle finira par sentir mauvais et que ce sera un danger publie. Le Pape s’obstinant à n’employer que le latin pour parler à toute la terre, alors qu’il a l’espéranto à portée de la main, ne nous offre-t-il pas, du haut de sa Chaire, la plus complète évidence de ce danger redoutable et ne devrait-on pas faire subir une quarantaine très rigoureuse à tous les actes pontificaux, en les assainissant avec beaucoup d’attention avant que d’en permettre l’entrée, surtout en France où la contagion parait le plus à craindre ?

L’aveuglement est si étrange dans ce malheureux pays qu’on ne prend aucune précaution, au point qu’on y trouve encore des individus persuadés que Tacite et Juvénal peuvent être lus par des hommes qui ne sont pas au cimetière ou que la Vulgate a le pouvoir de vivifier les intelligences.

Heureusement la République vient de changer de chemise, une fois de plus, et parait avoir enfin compris que le plus sûr moyen d’en finir avec le latin, c’est d’étrangler la langue française. Nos universitaires y travaillent. Quand personne en France ne parlera plus français, on ne saura plus même ce que signifie le nom de nation latine. On sucera la vie aux généreuses mamelles de l’Angleterre, de l’Allemagne ou, peut-être, de la Bulgarie. Mais j’affirme qu’on pourra compter alors sur le prodige d’une langue universelle plus vivante que toutes les langues parlées aujourd’hui dans le monde, et ce sera la langue de Cambronne !

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