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Chapitre 65 Le baptême du feu

Il me tardait d’y arriver. Le fameux empereur iconoclaste, Constantin V, dit Copronyme, si justement admiré des protestants, doit son surnom immortel à ceci qu’au moment de son baptême par le Patriarche de la ville gardée de Dieu, il souilla de ses excréments l’eau du baptistère.

Dans le baptême du feu, cela se passe autrement. Il n’y a pas de patriarche et le baptistère est remplacé par les culottes des conscrits. Cela fait une différence. Mais enfin, c’est un baptême, un des douze ou quinze baptêmes que le XIXe siècle a inventés.

Il y a, en effet, le baptême de l’épée, en usage dans les universités allemandes, et le « baptême de la science académique », découvert, il y a environ trente ans, par le père Didon, de judaïque mémoire. Plus récemment il y a eu le baptême civil institué par un de nos plus lyriques députés. Pourquoi pas le baptême des gifles et celui des coups de pied dans le derrière ? Pourquoi pas le baptême de la chronique, du roman feuilleton, des chiens écrasés, du notariat, de l’enregistrement, du cocuage, de la faillite frauduleuse ou de la police correctionnelle ? On n’en finirait pas et ce ne serait pas trop de faire feu des quatre pieds, s’il fallait énumérer tous les baptêmes imaginables.

Le seul qui ne compte pas, c’est le Sacrement de l’Eglise, lequel a cessé d’être une réalité pour les héritiers de la conscience du Copronyme.

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