Chapitre 66 Où prenez-vous les belles choses que vous dites ?
C’est très simple, chère madame. Je recueille les pétales des fleurs de votre pensée. Je traduis comme je peux, en ma pauvre langue, « le sourire mystérieux de la Joconde » que j’aperçois sur vos lèvres et qui me suffit tellement ! Quand vous ne me parlez pas, il me semble que c’est une grâce que vous me faites. Mon esprit alors s’élève doucement. Quand vous me parlez, au contraire, il s’effarouche et s’envole très loin. Je crains d’entendre des choses trop belles que je serais inhabile à exprimer convenablement. Ne m’interrogez donc pas, je vous en prie. Contentez-vous de m’inspirer silencieusement et de savoir que je lis tous les Lieux Communs sur votre visage ravissant, comme je lirais un poème très difficile dans un manuscrit admirable enluminé avec génie par un grand artiste oublié.
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