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Chapitre 71 Où il n’y a rien, le roi perd ses droits

C’est ce qui arrive au propriétaire qui a fait des frais et qui ne trouve rien à saisir. Etrange situation d’un roi moderne dont la majesté est ainsi lésée et qui n’a pas même le moyen de punir. Si les trop bénignes lois restrictives de son pouvoir qu’il a eu l’imprudence de concéder, lui laissaient du moins le privilège de rôtir son locataire et de le manger, ce serait sans doute une insuffisante compensation, mais il n’aurait pas tout perdu. Il pourrait croire encore à cette justice immanente qui fut la cousine-germaine de feu Gambetta et jouir, en même temps, d’un peu de justice transitoire.

Tout est à refaire. Quand la civilisation bourgeoise aura pleinement triomphé de la barbarie chrétienne, on verra enfin renaître l’anthropophagie ; mais affinée, raffinée, perfectionnée, sportive et philanthropique par excellence, magnifiée, surnaturalisée même, en quelque sorte, par tous les prodiges de l’art culinaire et la table du roi deviendra eucharistique, si j’ose m’exprimer ainsi, puisqu’on y mangera le Pauvre. Je crois déjà lire une lettre gracieuse ainsi libellée : « M. et Mme Ducrétin ont l’honneur de vous inviter à la fortune du pot, vendredi saint. On aura du surhomme. » Les droits du monarque alors seraient imperdables, le locataire décrété comestible pouvant être abattu longtemps avant l’heure où il n’aurait plus que la peau sur les os, c’est-à-dire au moment précis où les connaisseurs verraient en lui un bon morceau. Mais que nous sommes loin encore de ces heureux jours !

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