02
Ainsi, Gonzague de Ponleuleu aime Thérèse Phoncinot ; et ainsi il lia sa vie plus qu’il ne le supposait. Un très beau bouquet avait précédé sa visite, et quand il sonna à la porte de Thérèse, il possédait toutes les résolutions nécessaires pour ne pas se retirer quinaud. Thérèse le reçut dans un boudoir rose et paille, étendue sur un sopha, sous le plus suggestif des déshabillés. Elle avait la curiosité de connaître ce qu’il désirait de sa complaisance, et elle lui tendit sa main, fiévreuse dans sa finesse, pour l’attirer à ses pieds, sur un pouff préparé à cette intention. Galant chevalier, Gonzague colla les lèvres sur la jolie menotte qu’on lui abandonnait, et ils ne se dirent rien ; le langage des yeux suffisait amplement, il traduisait l’entente voulue pour activer les audaces amoureuses, Thérèse brûlant d’arriver promptement à l’énoncé du goût fétichiste de son nouvel adorateur. Et le baiser s’allongeait, s’allongeait, caressant la paume de la main, puis le poignet délié et coquet, puis tout le bras sous la manche du déshabillé, qui ne s’arrêtait pas, le sentant grimper peu à peu jusqu’à la bouche, qu’elle ouvrait pour le happer au passage, elle murmura :
— Quel est ton petit vice, chéri, dis, dis le vite.
— Pas encore.
— Si, dis-le.
— Non, je ne veux pas.
— Moi, je veux, ou je ne te laisse pas ouvrir mon peignoir.
— Ne sois pas méchante, permets-moi d’aspirer tes jolis nénés.
— Ne te gêne pas.
— Pourquoi appelles-tu à l’amour ?
— Tu ne veux pas me dire ce qui te plaît, chéri ! Parle donc, vilain : Je suis sous tes yeux et sous tes mains.
— Je vois ton petit, petit con.
— Tu es un cochon. Ne dis pas le mot.
— Si, si, je le dirai, ton petit con ! Et, si tu me laisses enfoncer ma pine dans ton joli con, je parlerai ensuite, parce que j’aurai plus confiance de te voir m’écouter avec indulgence.
— Tu n’es pas un homme d’avoir peur de me le dire ; tu es un petit enfant, et tu mériterais bien que je te fouette.
— Oh ! oui, fouette-moi.
— Tu aimes qu’on te fouette, dis ? Bon, déculotte-toi, et présente-moi ton derrière. Tiens, vois si je ne devinais pas que tu en avais le goût ! J’ai un martinet sous la main.
— Tu es un ange !
— Dis, est-ce ton envie ! Tu n’osais pas m’avouer que tu aimais d’être fouetté !
— Non, c’est autre chose.
— Tu es un être insupportable ! Oust, à bas vos culottes, Monsieur, et posez la tête sur mes genoux, qu’on vous châtie.
Sans plus d’observations, Gonzague dégrafa ses bretelles, fit tomber son pantalon sur ses pieds, et la tête sur les genoux de Thérèse, il n’exhiba pas son derrière, mais le caleçon qui le cachait.
— Tu as honte de me montrer tes fesses, dis ? Ah ! mais, il faudra me les donner sans rien dessus, tu entends, j’aime de voir les effets du martinet sur la chair ! Le martinet ne te paraîtrait-il pas suffisant ? Voudrais-tu du fouet ? des verges ? Hein, les verges, oui, voilà ton goût.
— Les verges et tous les genres de flagellation, sous de jolies mains de femme, comme les tiennes.
— Le martinet, pour commencer. Tant pis si je t’écorche le postérieur, puisque, par pudeur sans doute, tu le gardes voilé ! Je vais le mettre à sang, et je t’obligerai bien à parler.
— Ah ! Thérèse, Thérèse, je t’adore, laisse-moi appuyer la tête sur tes genoux… tout nus.
— Non, tant que tu ne te déshabilleras pas ! Tu n’iras pas plus loin.
— Je me sécherai, cruelle.
— Dévêtis-toi.
— Soit, je t’obéis.
Àpas de géants, le duo se lançait dans la luxure. Gonzague se débarrassait de ses vêtements, Thérèse dénouait son peignoir, et, adorable sirène, apparaissait dans la ravissante nudité de son corps blanc et rosé, de ce corps dont tous les poètes et les artistes disaient des merveilles, l’ayant plus ou moins contemplé dans certaines poses de tableaux vivants. Elle rejeta le peignoir, et statue impeccable de formes, debout devant Gonzague, dévêtu et agenouillé, elle lui poussa le haut du corps sur le parquet, se baissa, lui administra une magistrale fouettée avec la main. Le galant se prêtait avec délices à la correction, et tendait les fesses à mesure que les claques s’accentuaient. On voyait que Thérèse aimait ce genre d’exercices : elle fouettait et elle manipulait les chairs ; elle caressait parfois l’épiderme du derrière assez volumineux de Gonzague, pour le préparer à une plus forte fouettée, et elle s’enrageait à frapper, le voyant bander sous les coups, elle s’arrêta pour saisir la queue entre ses doigts, et dit :
— Tu as envie que je te caresse, ah ! C’est ça, ton goût !
— Non, non !
— Si, tu veux que je te suce !
— Ce n’est pas ça, mais montre-moi si tu sais le faire.
— Si je sais le faire ! Attends, chéri, si tu ne parles pas après, c’est que tu t’amuses de ma curiosité.
Elle se jeta par dessous le ventre de Gonzague, attrapa sa queue entre les lèvres, la suçota, en murmurant :
— Dis, mon petit rat, je te suce, on ose tout avouer à une femme qui vous suce, quelle est ta petite marotte ?
Je veux, je veux, ah ! ne t’arrête pas, garde ma queue dans ta bouche, ou je ne te dirai rien. Ah ! bien non, je ne parlerai qu’après t’avoir baisée.
— Eh bien, grand cochon, baise-moi et parle.
Elle s’étendit sur le dos, ouvrit les bras et les cuisses, et Gonzague se précipita sur son corps ; ils s’enroulèrent sur-le-champ, et leurs lèvres se pigeonnèrent, tandis qu’il dirigeait sa queue vers le con. La gentille citadelle se rendait à la première attaque : les épidermes se frottaient, les mains patouillaient, les ventres liaient connaissance, Gonzague enconnait Thérèse, qui ne dissimulait pas son contentement de l’affaire. Ils travaillaient leur coït dans toutes les règles de l’art et de la passion. Thérèse connaissait des cuisses la finesse des contorsions ; elle ne négligeait pas les sauts sur les reins, savait approcher et reculer à des moments opportuns le collage des ventres, s’amusait aux séductions des nichons, tétillonnant sous les yeux de l’amant, précipitait ou ralentissait la manœuvre. Gonzague s’affolait dans la possession de cette si gentille créature, il ne contenait plus ses élans, il s’emparait de la divine proie qui s’abandonnait à son délire, il jouissait, il déchargeait son sperme, et dans son extase, révélait enfin sa perversité, en un souffle timide de petit garçon :
— Ah ! ma chérie, ah ! ma jolie, ah ! la femme de mes rêves, ce que je veux, je te le dis, je te le confesse, je veux te baisser une seconde fois, avec ton vase de nuit à côté, et puis tu m’en feras cadeau !
— Oh ! l’enfant d’homme, de ne pas avoir osé le dire ! Bien vrai, tu me baiseras, avec mon petit vase à côté ?
— Je te le jure, et avec encore plus de vigueur.
— Et bien, viens vite dans ma chambre, tu le prendras, et tu le mettras où tu voudras.