09
Maître Jules, resté seul, s’était étendu sur le sopha ; en voyant rentrer sa maîtresse, il se hâta de se remettre en posture plus convenable ; elle éprouvait une folle envie de rire devant la tête que faisait Gonzague, quand elle le quitta ; elle la contint, en face de son véritable domestique, pour s’asseoir à son côté sur le sopha, lui entourer le cou d’un de ses bras, et, comme il tressaillait, elle lui murmura tout bas :
— C’est pour la frime, imbécile, il va certainement venir, il faut qu’il soit saisi en nous apercevant amoureux !
— Bon, bon, je joue la frime aussi.
Il l’enlaça bravement, la pressa conter sa poitrine, et ajouta :
— Ah ! ma petite poule, ce que le bonheur me brûle le sang !
— Et à moi donc, mon bébé en sucre d’orge ! Oh ! qu’on est bien ainsi, tous les deux près l’un de l’autre !
— Que je sens tous les picotements du feu de l’enfer me rôtir les os à l’asticotance de si belles épaules !
— Asticotance n’est pas français, âne, n’emploie pas de ces mots ! Oh ! mon turbin de mon cœur, que je t’aime !
— Turbin est doux à mon âme. Je bois du lait en donnant cette caresse à ta bouche.
— Cochon !
Mais elle ne se recula pas comme elle en avait esquissé le mouvement ; bien mieux, elle se leva pour s’installer sur ses genoux, en lui enroulant la tête de ses bras : elle venait d’entendre la porte qui s’ouvrait. Elle s’exclama :
— Que c’est gentil, mon Gonzague, de ne pas m’avoir négligée durant ces jours de tristesse, et de n’avoir pas été découragé, malgré mon refus de te revoir.
— Oh ! ma caillette, je bande comme un moine !
Elle cacha sa tête contre l’épaule de Jules ; Gonzague s’approcha, les yeux hébétés, et dit :
— Pardon, pardon, il n’y a pas ici deux Gonzague !
— Hein, qu’y a-t-il ? s’écria Thérèse en se redressant soudain et en quittant les genoux de Jules ! Quoi, c’est encore vous, sot animal, et vous entrez sans frapper ! Quelle idiotie ! Et l’orangeade, où donc est-elle ?
— Je ne trouve ni les oranges, ni le sucre, ni la glace, ni les verres, ni rien, rien, rien.
— Vous êtes donc obtus, mon ami, ou aveugle.
— Oh ! aveugle non ! Ce que je voyais tantôt, et ce que je vois ! Mais, dites-moi, quel est cet individu qui porte mes habits ?
— Vos habits ! Oh ! Gonzague, mon domestique est fou, cours vite chercher le commissaire, ramène-le, j’ai peur.
— Lui, Gonzague !
— Oui, lui, Gonzague ! Ne le savez-vous pas, Jules.
— Moi, Jules !
— Sans doute, puisque c’est sous ce nom que vous êtes engagé à mon service !
En ce moment, le vrai Jules se leva à son tour, et dit avec noblesse :
— Ne vous fâchez pas, ma charmante, cet homme n’a pu supporter l’éclat de votre beauté ! Elle l’a rendu toqué. En me voyant follement épris de vos charmes, il s’est figuré être Gonzague, tandis qu’il m’attribuait sa qualité de Jules !
— Moi, je ne suis pas assez forte pour me débrouiller dans cet imbroglio : arrangez-vous tous les deux. Je vais sortir et demander à des amis de m’offrir à me rafraîchir quelque part, puisque je ne puis l’obtenir chez moi.
— Ah ! non, vous ne sortirez pas, dirent en même temps les deux hommes.
— Et qui m’en empêchera ! Pas vous dans tous les cas.
— Pardon, pardon, chère Madame, reprit Gonzague avec un peu d’humeur, si Monsieur s’appelle Gonzague, et si ces habits lui appartiennent, il doit savoir ce qui est renfermé dans les poches du veston, et il va nous l’apprendre, sans y regarder.
— Cette bêtise. Il y a des lettres.
— De qui ?
Thérèse se dépêcha d’intervenir :
— Je vous dis que c’est Gonzague, moi ! Et vous m’embêtez, vous ! Pourquoi n’apportez-vous pas l’orangeade, et pourquoi nous privez-vous du duo d’amour que nous commencions ? Puis, zut pour votre folie, j’appellerai le médecin plus tard. Je ne veux plus m’occuper que de toi, mon chéri, et nous allons ensemble faire notre orangeade. Vous, Jules, courez à ma chambre arranger le lit pour que mon amant Gonzague me baise avant de se retirer.
— Jour de…
— Qu’est-ce, que signifie ?
Thérèse se pressait contre la poitrine de Jules comme une chatte amoureuse, levait des yeux remplis de passion sur les siens ; il la serrait dans ses bras, il la patouillait, il s’enfiévrait, il prenait goût au jeu, et elle le pinçait pour qu’il ne s’oubliât pas trop. Mais le feu flambait, il bandait, luttait pour déboutonner sa culotte et en sortir sa pine. Thérèse n’avait d’autre ressource que d’appuyer sur la main pour la gêner dans sa tentative et la tenir en repos en l’écrasant. Elle eut une inspiration, et demanda :
— Oh ! mon navet, dis, dis-moi, quel est l’objet de ma toilette qui te plairait le plus à recevoir, et je te le donne, pour que tu penses à moi, quand nous nous quitterons.
— Un objet de ta toilette, ô ma tubéreuse, je voudrais, je voudrais un mouchoir de dentelles, après qu’il aurait caressé ton joli chat, ton chat que j’aime tant à voir et à embrasser.
— Chut, il ne faut pas parler ainsi devant Jules. Laisse-moi lui ordonner de retourner à la cuisine pour l’orangeade, et je te donnerai ce mouchoir de dentelles, là, tu vois, que je sors de ma poche, et que je passerai sur mon chat autant qu’il te conviendra, pour que tu en conserves le souvenir loin de moi.
— Ha, ha, ha, se mit à geindre Gonzague, je crois que ma raison n’est pas bien solide ! Elle veut me renvoyer pour lui donner le mouchoir de dentelles ! Non, je ne m’en irai pas.
— Tu ne veux pas m’obéir, sale espèce de domestique, eh bien ! tiens, regarde ; le commissaire a déjà vu la chose. Je veux qu’il me frotte lui-même le chat avec le mouchoir de dentelles.
— En faisant minettes, ma carotte, pour me faire jouir et couler ma décharge dans le mouchoir de dentelles.
— Oh ! c’est trop de torture, gronda Gonzague.
Thérèse, ses jupes retroussées très haut, abandonnait ses cuisses à la langue de Jules, accroupi entre ses jambes, tenant le mouchoir de dentelles à la main, avec lequel il s’amusait à lui éventer le chat. Gonzague, idiotisé, contemplait le spectacle, sans oser risquer une protestation, que les regards narquois de la jeune femme clouaient du reste à ses lèvres. Le vaurien de Jules, dont la langue travaillait à merveille sa maîtresse, parvenant à l’émouvoir, ne craignait plus de lui peloter les fesses et les mollets, et elle poussait de petits cris pâmés, où malgré l’excessivité, se sentait une certaine part de vérité. Elle se livrait aux minettes, aux caresses, avec moins de restriction, de réserve ; si elle n’encourageait pas les entreprises de son domestique, elle les acceptait sans déplaisir, et clignait de l’œil en apercevant sa pine sortie de la culotte, bandant très dur.
Elle admirait cette belle et solide queue, car Jules Bimbin n’avait que vingt-huit ans, et offrait un type de brun fortement constitué. Il se lançait dans des langues de plus en plus polissonnes honorant le chat, le clitoris, le con, l’entre-cuisses, s’égarant jusqu’au cul qu’on lui présentait sitôt qu’il imprimait un mouvement de rotation au corps. Le mouchoir de dentelles fonctionnait aussi on ne peut mieux : il essuyait les traces de salive qui humectaient le minet, les perles de cyprine qui commençaient à sourdre ; il caressait les rondeurs des fesses, quand la langue marchait trop activement, et Thérèse, ne cachant plus l’excitation qui la dominait, se collait le ventre et le cul sur le visage de Jules. Elle n’invectivait plus Gonzague qui, affolé devant ce spectacle, s’était laissé tomber sur un fauteuil et résistait mal à la fantaisie de se masturber. Il se déboutonnait, il exhibait sa queue, il la caressait de sa main ; Thérèse, qui déchargeait sur la bouche de Jules, s’en aperçut au milieu du vague de ses idées, elle s’arracha à l’ivresse qui l’envahissait, en vain Jules voulut la retenir, elle se précipita sur Gonzague, et lui touchant la queue du bout de sa bottine, cria :
— Cochon, salaud, porc, veux-tu bien vite cacher ton ordure ! N’as-tu pas honte, devant un amant qui m’adore, d’essayer de te masturber.
— Ton amant, c’est moi, ce n’est pas cet ivrogne qui se saoule de ton con, tu entends ! Je ne veux pas que cette farce continue. Tu vas l’obliger à me rendre mes habits, et je lui rendrai les siens. Et chacun reprendra son rang.
— Oh, cette boule !
Elle croisa les bras et lui rit au nez, puis apostropha Jules.
— Hein, qu’en penses-tu, ma ciboulette ! Il veut reprendre ses habits et il veut te donner ceux qu’il porte, comme étant les tiens ! Il continue à se payer ma tête. Apporte-moi le martinet ; nous allons lui apprendre ce qu’il est en réalité, mon domestique, mon esclave.
— Ton domestique, ton esclave, oui, mais pas pour assister à ton abaissement avec un valet.
— Mon abaissement avec un valet ! Mais c’est toi, mon valet, mon serviteur ! Allons, preste, quitte ta culotte et montre ton postérieur ! Voilà le martinet, il va te régaler.
— Thérèse, Thérèse, n’abuse pas.
— Tu ne veux pas retirer ta culotte de bon gré, tu ne veux pas présenter ton derrière !
— Pas devant lui.
— Pourquoi pas devant moi ? Parce que je lui ai sucé le bouton sous tes yeux.
— Je vous défends de me tutoyer !
— Fais pas ta poire, et causons plutôt en bons frères.
— Si vous ne mettez pas fin à cette scène, Thérèse, je cesse le rôle que j’avais accepté par grand amour pour vous, et je me retire pour ne plus jamais vous voir.
Cette fois, il affichait une attitude si résolue, qu’elle eut peur d’avoir dépassé le but, et qu’elle répondit :
— Pour Dieu, Jules, je ne comprends rien à ce que vous me dites ! Vous voulez, et vous ne voulez pas. Soit, je cède en vous renvoyant, mais vous vous repentirez plus que moi d’avoir quitté mon service.
Il eut l’ombre d’une hésitation ; mais en cet instant, un secours inattendu lui vint en la personne du vrai Jules, qui saisissait brutalement Thérèse par les bras, et disait :
— Vraiment, ma violette, vous vous moquez trop des hommes ! Vous excitez au branle-bas et vous lâchez le combat ; vous inspirez le supplice d’un tas d’ail à votre monde, et vous voulez fouetter les gens ! C’est vous qui allez l’être, pour nous venger tous les deux.
— Moi ! Tenez, voilà pour vous.
Elle souffleta Jules, qui ne lâcha pas prise, la jeta sans peine sous un de ses bras, comme cela s’était passé quelques jours auparavant entre elle et La Férina, lui retroussa les jupes, exhiba les belles rotondités de ses fesses, et, comme il avait le martinet à la main, flic, flac, il lui administra une première cinglée, qui la fit gigoter des jambes : mais elle était retenue par un homme doué d’une robuste force : elle ne pouvait se dégager, et ses efforts ne servaient qu’à la découvrir davantage, à jeter ses blanches chairs aux coups qui les poursuivaient : elle se trémoussait, son cul se haussait ou s’abaissait, éblouissant de carnation se nuançant de rouge ; elle resserrait la fente, elle n’empêchait pas les crins de s’y enfoncer et de la meurtrir. Son derrière ne décessait plus de s’avancer ou de reculer sous l’impression de la flagellation, clic, clac, le martinet se levait et retombait, frappant, écorchant ; les coups se multipliaient, et elle criait de colère, de douleur et de rage :
— Je vous chasse tous les deux ; je suis chez moi ici, je suis ma maîtresse, je me plaindrai au Commissaire de police.
Sans s’émouvoir, Jules, voyant que Gonzague était plus disposé à la soutenir qu’à se tourner contre lui, jeta le mouchoir de dentelles à ses pieds et lui dit :
— Si elle jaspine, bâillonnez-la, et vous m’aiderez à la fouetter, vous avec la main, moi avec le martinet.
— Monstres, monstres, hurla Thérèse.
Elle n’était pas la plus forte, et les deux mâles, malgré la différence de leur position sociale, semblaient très bien s’entendre à cette heure pour assouvir leurs fantaisies érotiques. Gonzague avait ramassé le mouchoir de dentelles : sur les genoux, il se glissait pour faire face à Thérèse, il lui attrapait la tête, et cherchait à lui fermer la bouche ; mais, elle écumait et mordait, criant :
— Lâches, lâches.
Jules suspendit la flagellation, se tourna pour la saisir à bras le corps, la serrer entre ses jambes pour entraver ses mouvements, tout en essayant de lui maintenir la tête immobile.
— Jetez-lui les robes sur la figure, dit-il et nous en viendrons à bout : elle comprendra qu’il vaut mieux se taire et se laisser faire.
La même férocité de luxure imposée unissait les deux hommes, et les efforts de la femme, loin de calmer l’effervescence qui s’emparait de leurs sens, ne servaient au contraire qu’à les enrager davantage : ils s’accordaient très bien, et se sentaient les maîtres de la situation pour les obscénités qu’ils rêvaient. Gonzague vit les yeux de Thérèse si furibonds, si remplis d’une colère de mépris, qu’il n’hésita pas à marcher, et à coller le mouchoir de dentelles sur sa bouche, en disant :
— Tu l’as eu au con, ma belle, tu l’as maintenant sur les lèvres.
— Nous sommes les vainqueurs, renchérit Jules. Si elle ne se soumet pas de bonne volonté, on la ficelle comme un saucisson, et on la fouette jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Cela ne la tuera pas. D’ailleurs elle est de force à nous épuiser tous les deux.
⁂
Thérèse ne pouvait rien contre deux hommes affolés de luxure, et que leur troquage de vêtements associait dans les caprices libidineux qui leur montaient au cerveau. L’homme du monde et le valet nourrissaient le même dédain de scrupules ; ils sentaient leur victoire assurée, ils comprenaient que l’un par l’autre, ils atteindraient leurs plus sauvages satisfactions. Elle ferma les yeux et s’abandonna avec la résolution de se venger impitoyablement.
— Là, elle devient sage, observa Jules, s’apercevant de la détente de nerfs de la jeune femme, nous allons reprendre la suite de l’affaire. À tout Seigneur, tout honneur, Monsieur mon complice. Son cul doit être en état de recevoir vos fouettées, voulez-vous que je vous l’offre ?
Il roula avec brutalité Thérèse pour la coucher sur le ventre ; elle ne se défendit pas ; elle faisait la morte. Il la retroussa, lui remonta les jupes et la chemise sur le dos, et remit en lumière ses fesses, révélant encore les marques du martinet, mais conservant leur éclatante blancheur.
Les pauvres jumelles se resserraient avec crainte, essayaient de se rapetisser, de diminuer leur surface et témoignaient de la plus absolue des soumissions au nouveau châtiment qu’on leur annonçait. Jules les patouillait cyniquement de la paume de la main, et murmura :
— Beaux fruits, Monsieur Gonzague, beaux fruits, que la flagellation rendra souples et savoureux pour tout ce qu’on voudra en faire. Admirez cette chute de reins ; vous la connaissez probablement ! Oh, vous n’êtes pas le seul, savez-vous !
Il y en a qui viennent et qui les adorent pendant des heures, en les léchant à bouche que veux-tu, en les gargouillant de la langue, les pelotant et les appelant des plus jolis noms de la création. Oh, je comprends leur goût ! Que souvent, je me suis masturbé en les regardant opérer par le trou de la serrure.
Thérèse ne dissimula pas un tressaillement, il lui allongea une grosse claque sur les fesses, et continua son discours :
— C’est un simple acompte sur ce que vous allez lui servir ! Je croyais qu’elle se révoltait encore. La patronne n’est pas contente d’apprendre que j’espinchais par le trou de la serrure. Elle l’ignorait. Vous saisissez : elle m’avait flanqué à la porte, avant la petite comédie que nous venons de jouer ! Je suis certain qu’elle me cassera aux gages, dès que nous la tiendrons plus en mains ! Alors, je me moque de dénoncer les trucs, elle s’en souviendra pour ceux qui me remplaceront. Quant à vous, n’ayez pas peur, elle vous régalera du même plat… à moins que vous ne casquiez ferme. Donc, profitons de l’occasion, et usons-en une bonne fois, ce sera toujours ça de gagné ! Hein, ça vous va que je vous montre et que je vous détaille son cul ! Examinez ces contours ? Est-ce rembourré. Et cet épanouissement des hanches, et, voilà un beau lever de pleine lune ! Il n’y a pas à dire, c’est un des plus beaux derrières qu’on puisse voir, et il faudra que je l’encule avant de lui rendre la liberté. Vous devez préférer le devant, Monsieur Gonzague. Moi, ça, m’est égal. Oh, on peut se procurer le plaisir des deux choses à la fois, en l’enfilant en levrette. Nous jugerons le coup de queue tantôt ! Hein, est-elle sage maintenant ? Allons, assez causé, et à l’action. Je reste à côté pour la dompter, si elle résistait. Fixez bien cette jolie peau, c’est fin, c’est du velours, visez au beau milieu, et fouillez dur. Vous en avez envie, eh ?
Gonzague de Ponleuleu manquait à tous ses devoirs de solidarité sociale : agenouillé près du postérieur de Thérèse, il ne l’eût pas plus tôt à sa disposition, qu’il fouettait à pleines mains, remontant les chairs d’une main, pour mieux claquer de l’autre. Et, les claques devinrent si violentes, que Thérèse voulut recommencer à se tortiller.
Mais Jules se hâta d’intervenir ; il appuya un genou sur son dos pour la tenir en respect, et elle se rendit vite compte que le mieux consistait à se laisser fouetter.
La main de Gonzague ne se lassait pas. On aurait dit que la peau de ce joli derrière attirait sa main, dès, qu’ayant frappé, elle se relevait, pour la rappeler et exiger de nouvelles claques les fouettait plus durement. Thérèse ne tortillait plus les fesses : elle ne se défendait pas, elle n’en manifestait plus aucune velléité. Une douce chaleur envahissait ses membres ; elle éprouvait de légers soubresauts, et tout d’un coup, ses fesses ondulèrent sous une frénésie de frissons, en même temps que son corps se soulevait imperceptiblement, qu’elle avait un spasme. Oui, elle déchargeait, elle jouissait ; elle perdait conscience de l’odieuse scène dont elle était la victime. La main de Gonzague, à cette secousse de félicité, s’arrêtait de fouetter, se glissait entre les cuisses, saisissait le clitoris, et le branlait avec vigueur pour amener un nouveau plaisir : la jeune femme se tournait rapidement, se présentait de face, les cuisses largement ouvertes, comme pour inviter à la divine attaque de la possession : son ventre se soulevait en mouvements précipités qui brûlaient de fièvre, les regards de Gonzague ; elle poussait le mouchoir de dentelles, retiré de sa bouche sans qu’on s’en occupât, vers ses cuisses, et elle s’en essuyait le con, le chat. Songeait-elle qu’elle était vêtue ? Que lui importait sa toilette ? Jules, qui la voyait se prêter à l’aventure voluptueuse, se dévêtissait pour rendre ses vêtements à Gonzague, et se trouver tout nu, prêt à toutes les circonstances qui se présenteraient. Elle n’avait plus notion de ce qui s’accomplissait autour d’elle. Sous le branlage répété de Gonzague, sous la patouillage chatouilleux de ses mains, la caressant dans ses sexualités, elle ne refusait par aucune protestation de se laisser dépouiller de sa toilette, gardait les yeux fermés dans une dernière révolte de son sexe violé, en dépit de la jouissance éprouvée. Masse inerte, elle facilitait par des gestes morts, le retrait de ses jupes, de son corsage, de sa chemise, de tout ce qui la recouvrait, et, étendue sur le tapis, elle ne s’étonnait pas de sentir deux corps nus d’hommes allongés près du sien. Gonzague avait imité Jules, pour apparaître dans la sommaire toilette qu’on porte en venant au monde.
La grande lutte épique de l’assouvissement amoureux dans les affres de la possession allait commencer. Gonzague prenait dans ses bras, par-dessus lui, Thérèse, pour la baiser : celle-ci, couchée sur le ventre de son baiseur, tenait la croupe en l’air, à mesure que la queue s’enfonçait dans son con. Elle faillit devenir folle, folle d’ivresse hystérique, lorsque Jules, reprenant le martinet, la fustigea avec encore plus de force qu’au début. Et, plus le martinet cinglait, plus elle donnait des coups de ventre à Gonzague, et plus la pine de celui-ci s’enfonçait dans son con. Ses yeux s’ouvraient et se fermaient, le délire sensuel la subjuguait. Elle se livrait de plein gré, mais mordant les lèvres de Gonzague, elle disait :
— Oh, vous me faites jouir, mais, je vous le jure, vous me le payerez quand même.
Un gros coup de martinet déchira d’une longue balafre en travers ses fesses ; elle n’en souffrit pas, ou du moins la douleur se noya dans la sensation érotique ; elle appliqua un coup de ventre encore plus vigoureux, Gonzague en fut remué dans toute sa virilité, son foutre gicla bouillant dans le con : elle déchargeait, comme il déchargeait, et elle le serrait dans ses bras, le secouait avec passion, pour qu’il jouit encore et toujours. Il était de taille à la satisfaire. Les coups de martinet, qui continuaient à pleuvoir sur le cul de Thérèse, retentissaient dans son cœur et agitaient ses fibres de mouvements convulsifs, où à peine consommé la soif du coït le ressaisissait. Un feu d’enfer se communiquait d’un corps à l’autre, et quand Jules, le bras fatigué, s’arrêta de fustiger, le spectacle des deux corps, se mouvant dans les suprêmes assauts d’une nouvelle décharge, l’excita tellement que sa pine, gonflée et dure, creva d’elle-même, et pissa son sperme sur les reins de Thérèse.
— Ah ! le salaud, eût-elle la force de dire, il me pisse sa jouissance sur le dos !
Mais Gonzague la retenait, sa queue ne sortait pas de son con, et le combat d’amour l’intéressait trop, pour qu’elle perdit le temps à apostropher plus longuement son valet. Cette fois-ci, elle y apportait encore plus du sien, et elle s’agitait avec une si vive fièvre qu’on eut pu supposer que la baiseuse était elle, et non Gonzague, le baiseur. Elle porta la main à ses fesses : que se passait-il ? Une langue les parcourait sur leurs rotondités et dans la fente, la langue de Jules qui se délectait aux feuilles de rose, pour renforcer les ébats de si voluptueux fouteurs. Elle lui allongea par derrière une grosse gifle, sans s’échapper des bras de Gonzague, et dit :
— Lèche, mais je ne t’autorise pas davantage : Je redeviens la maîtresse et, je n’en doute pas, Gonzague me permettra par son aide de te remettre à ta place.
Il ne s’inquiétait pas de l’apostrophe : il reprenait les feuilles de rose, sa langue effaçait les moindres traces de sang, il suçait les petites déchirures dans l’intention de les cicatriser, il claquait de douces et molles fouettées le joli cul qui se trémoussait sous la fièvre du coup que tirait Gonzague, et il s’emparait de nouveau du mouchoir de dentelles, dont il frottait les cuisses de Thérèse et les couilles du baiseur. Il rebandait, et guettait la succession de l’heureux possesseur du con. Gonzague perdait enfin du souffle, ayant tiré ses trois coups de suite, et, Thérèse, ne sachant ce qu’elle faisait, se livrait à des efforts surhumains, pour retenir dans son vagin la queue qui mollissait : mais le travail l’avait vaincue ; la pauvre n’était plus vaillante et glorieuse elle s’échappait de son con : soudain, une autre la remplaçait, Thérèse ne pouvait douter à qui elle appartenait ; elle ne voulait pas avoir le démenti de son interdiction à son valet, elle s’écria :
— Ah ! petit cochon de Gonzague, tu es insatiable ! Tu vois, tu es encore prêt, ta queue est encore plus forte que tantôt, elle s’enfonce plus profondément. Ne t’occupe pas de ce salaud de domestique, qui fichera le camp de ma maison dès ce soir ; il se figure m’enculer, l’animal. Il n’y parviendra pas malgré ses coups de ventre à mon derrière. Ta queue tient mon con, la sienne n’aura rien.
Mais, elle se démenait sous la possession en levrette de Jules ; elle s’y abandonnait, s’aplatissait par-dessus le ventre de Gonzague, dont elle sentait bien la queue molle et flasque contre son nombril ; et Jules jouissait, déchargeait, comme avait joui, déchargé, Gonzague, comme elle-même l’avait fait, le faisait-il, l’encerclait de ses bras et de ses mains ; et elle ne cherchait pas à rompre son étreinte ; un nouveau coup de queue s’ajoutait à ceux déjà reçus. Puis, puis, encore plus folle de luxure qu’au début, oubliant toute colère, toute dignité, elle se jetait sur les genoux, et disait :
— Je jure de vous faire encore jouir en vous suçant, quelle est la pine la plus agile pour s’enfoncer dans ma bouche.
Ce fut celle de Jules, décidé à crever, s’il le fallait, mais à goûter à la coupe du libertinage comme il n’y goûterait peut-être jamais plus de sa vie. Cette queue, qui sortait de son vagin, humide du sperme qu’elle y avait versé, et aussi sans doute de celui de Gonzague, elle l’avala d’une seule aspiration, tandis que ses mains chatouillaient les couilles de l’heureux mortel, grimpaient jusqu’à l’anus pour accélérer le mouvement des nerfs jouisseurs. Elle suçait, elle suçait, dans sa pose agenouillée, la bouche s’ouvrant et se refermant pour mieux presser la pine, le gland, qu’elle engloutissait dans son palais, au risque de s’étouffer, et elle en amenait en peu d’instants le gonflement, précurseur du plaisir. Ses lèvres ne lâchaient pas le membre viril, malgré la grosseur qu’il développait ; et elle semblait le téter avec une sauvage passion.
Elle se cramponna soudain aux cuisses de Jules, elle se tendit sur les reins, le buste à demi-incliné sous le ventre masculin, la pine apparaissait énorme, glissant peu à peu sur le champ son jet de sperme qui atteignit le nez, le menton, le cou de la suceuse, demi-morte de volupté sur cette sensation qu’elle venait de procurer et qui par contre-coup agissait sur sa sensibilité nerveuse.
Elle laissa la jouissance bien se produire, puis ramassant le mouchoir de dentelles qui traînait sur le tapis, elle s’en essuya les chairs, repoussa le domestique, et dit :
— À toi, Gonzague, je veux ton foutre dans ma bouche.
Gonzague titubait sur les jambes, en s’approchant ; il avait envie et il avait peur : de plus, trois coups tirés à la suite les uns des autres pesaient sur ses moyens ; il restait étourdi, alourdi. Il ne pouvait cependant refuser une sensation qu’il voyait si vivace par les secousses physiques qui continuaient à agiter le corps de Jules. Sa queue, loin de se présenter brillante, se recroquevillait et pendait lamentable sur les couilles. Thérèse l’attrapa par les cuisses, lui allongea une douzaine de claques retentissantes sur les fesses, lui fit courir les mains en pattes d’araignée sur les couilles, dans les cuisses, dans la fente du cul, lui tapota les mollets, caressa la queue avec le mouchoir de dentelles engluanté de sperme, l’en masturba même avec lenteur, et le membre viril recommença à dresser la tête : elle le pressa entre ses deux mains, le roula comme on roule un papier de cigarette, déposant de petits baisers sur le gland décalotté, l’appelant des plus jolis petits noms, le posant sur la pointe de ses nénés pour qu’il les embrassât, le faisant courir sous ses aisselles pour qu’il s’imbibât de ses fluides féminins, et voyant la queue se raidir de plus en plus, grossir, s’allonger, elle la prit dans la bouche, la suçota, la berlingota, la fit courir d’un côté à l’autre de son palais, la relança au dehors pour la contempler enfin droite et dure : elle s’arrêta encore quelques secondes avant de sucer, pour le tourner de façon à avoir son postérieur en face de son visage, et elle le fouetta avec vigueur, imprimant des soubresauts au ventre, prenant de temps en temps sa queue dans la main pour la masturber en légères secousses, tout en faisant des langues à la fente du cul, qu’ensuite elle éventait avec le mouchoir de dentelles.
Après l’avoir ainsi bien excité, elle le remit en posture devant elle, et saisit sa queue pour la sucer cette fois dans toutes les doctes lois de cette volupté, chatouillant de ses doigts finement les reins et les fesses. Elle possédait une science irrésistible, comme toutes celles du reste qui se livrent à des plaisirs spéciaux. Elle suçait mignardement et rageusement, et la manière dont elle suçait constituait un poème de frénésies où l’on se demandait quel était celui des deux qui goûtait le plaisir le plus vif. Rien ne la distrayait de la félicité qu’elle cherchait à donner : elle suivait avec fièvre, seconde par seconde, les impressions éprouvées, s’échauffait aux frissons qui parcouraient le ventre, aux élans du gland assez ingrat pour prétendre l’étouffer sous l’ampleur qu’elle lui fournissait. Elle sentait l’homme anéanti, esclave du jeu de ses lèvres, et elle lui pompait sa virilité par tous les pores, avant que le sperme ne jaillit en un flot impétueux de la pine. On n’était plus que sa chose, dès qu’elle tortillonnait la queue de ses lèvres, et, Gonzague qui, délirant, ne tarda pas à jouir : il gicla son sperme dans son palais, comme elle le voulait, et elle l’absorba en entier dans un sourire extatique, qui trahissait bien l’ivresse hystérique de ses sens. Elle s’écroula sur le tapis comme une masse, écrasée sous l’excitation érotique qui la dominait, et s’offrant franchement à Jules, encore prêt à tirer d’un nouveau coup, lui tendant les bras, dans lesquels il se précipitait : Folie de la chair, folie de la chair, qui enflamme et ressuscite les désirs ! Plus on la pratique, et plus on persévère dans les satisfactions de la volupté ; aucun des trois sectateurs de dame luxure réunis là, n’entendaient renoncer au combat. Jules baisait sa maîtresse, et elle se pâmait sous sa possession, jurant qu’elle lui donnerait aussi un de ses pots de chambre, si ça lui disait. Il ne comprenait pas la raison de cette offre, mais il jugeait qu’elle devait cacher quelque chose de mystérieux et de très pimenté, et il fourrageait son vagin avec une opiniâtreté des plus méritoires. À son exemple, Gonzague entrait en ligne et se surpassait. La valeur masculine s’affichait digne de la déesse qui l’encourageait, Thérèse acceptait tout ce qu’on désirait, déployant ses talents de suceuse et de masturbatrice pour raviver l’énergie de ses mâles. Et l’orgie sembla ne pas devoir se terminer, car, aux chairs mises en vibration inarrêtable, s’ajouta l’ivresse de la table par les mets et par les vins, décuplant les forces, enrageant les nerfs. Le dieu Éros déployait ses ailes et protégeait les ébats de si fervents champions.