‹ Guide de l'aviateurChapitre 2 sur 10 · CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE PREMIER

QU'EST-CE QU'UN AÉROPLANE?

Un aéroplane est un appareil plus lourd que l'air qui se soutient dans l'espace par la résistance de l'air sur des surfaces disposées avec une certaine incidence, et auxquelles un mode de propulsion propre quelconque assure une certaine vitesse.

On classifie communément les aéroplanes en monoplans et en biplans, suivant que leurs surfaces sont disposées sur un ou deux étages. Il existe aussi des triplans qui comportent trois plans, mais aux expériences, ils semblent avoir prouvé que leurs étages nombreux ne leur donnaient aucune qualité spéciale.

Cette classification est, en général, assez commode bien qu'elle ne réponde qu'à des différences d'aspect. En réalité, tous les aéroplanes ont des organes semblables ou équivalents qu'on peut énumérer ainsi:

1º Une surface portante, pour porter le poids;

2º Un empennage, pour assurer la stabilité de trajectoire;

3º Un organe de propulsion, composé du moteur et de l'hélice;

4º Trois organes de direction et d'équilibre:

a) Un stabilisateur ou gouvernail de profondeur, pour monter et descendre;

b) Un gouvernail de direction pour tourner à droite et à gauche;

c) Le gauchissement des ailes, ou ailerons, ou autres dispositifs qui sont des moyens différents de faire pencher l'appareil à droite ou à gauche. Le gauchissement est le plus employé et le plus efficace.

5º Enfin un train d'atterrissage.

Empruntons à un catalogue, la description d'un monoplan Blériot qui est un type classique d'appareil.

«Le monoplan Blériot est formé de:

1º Une poutre ou fuselage, constituant le corps de l'appareil où se trouve assis l'aviateur à l'avant sur un petit siège en osier;

2º Un châssis élastique, permettant le départ et l'atterrissage;

3º Une voilure comprenant: les ailes, les gouvernails de profondeur et de direction;

4º Un moteur et ses accessoires;

5º Une hélice.

1º Le fuselage:

La poutre ou fuselage est composée de longerons en bois assemblées par des montants et des traverses. Le tout est croisillonné à l'aide de cordes à piano reliées entre elles par des étriers, en forme d'U, qui ont l'avantage de supprimer les tendeurs et permettent l'assemblage sans tenons ni mortaises.

2º Le châssis:

Le châssis se compose d'un cadre rigide formé de planches, de montants en bois et de tubes d'acier. Le tout assemblé et maintenu par une sangle d'acier.

Ce cadre repose, par un assemblage élastique, sur deux roues accouplées parallèlement entre elles et orientables.

La liaison du châssis à chacune des roues est assurée par un triangle déformable, constitué par les deux fourches qui portent la roue et le tube vertical du châssis. Les trois sommets articulés sont:

a) A l'axe de la roue;

b) A la partie inférieure du tube du châssis;

c) Au coulisseau disposé à la partie supérieure du tube.

C'est à ce coulisseau que sont fixés les deux extenseurs en caoutchouc attachés aussi au bas du tube, et qui absorbent le choc pendant le roulement et l'atterrissage.

A l'arrière, le fuselage est supporté par une roue ou un patin élastique. Ce support arrière n'a d'utilité qu'au repos ou pour les manœuvres préparatoires. En effet, pour le lancement il n'est d'aucun secours, puisque, immédiatement après le lâchez-tout, l'appareil s'équilibre de lui-même sur les deux roues avant pour prendre ensuite son envolée.

3º Les ailes:

Les ailes sont constituées par des nervures en bois assemblées et supportées par deux longerons principaux. Ces longerons viennent se fixer sur le côté du fuselage; l'un, cylindrique, s'enfonce dans un tube; l'autre, est boulonné à un montant spécial.

Les ailes sont recouvertes sur leurs deux faces de toile spéciale extra-résistante. Au repos, les ailes sont supportées par des câbles. En marche, elles supportent l'appareil par l'intermédiaire de haubans en acier dont la résistance, spécialement éprouvée, offre un coefficient de sécurité égal à plus de dix fois l'effort normal à supporter.

Tous les essais de réception des matériaux entrant dans la construction de ces organes essentiels, sont faits sur des machines dynamométriques:

a) Leur flexibilité permet le gauchissement dans leur partie postérieure, au gré du pilote, de manière à rétablir la stabilité latérale: c'est-à-dire que l'on peut, à volonté, diminuer l'incidence d'une aile en même temps qu'on augmente l'incidence de l'aile opposée;

b) Le gouvernail de profondeur mobile dans le plan horizontal, détermine la montée et la descente;

c) Tout à l'arrière, se trouve le gouvernail vertical de direction.

4º Le moteur:

Il existe différents types de moteurs: des moteurs verticaux, analogues aux moteurs de voiture; des moteurs à deux groupes de cylindres décalés (moteurs en V); des moteurs à cylindres en éventail ou en étoile; des moteurs rotatifs; des moteurs à cylindres opposés.

Le plus employé est le Gnôme rotatif à refroidissement à air direct. Celui que la majorité des pilotes mettent sur leurs appareils est le 50 chevaux à 7 cylindres.

5º L'hélice:

La résistance de l'air sur les plans, qui produit le vol, résulte d'une traction de ces plans dans l'air au moyen d'un propulseur ou hélice qui est l'un des organes les plus variables de l'appareil, tantôt à l'avant et en prise directe avec le moteur, comme sur la plupart des monoplans, tantôt à l'arrière comme sur beaucoup de biplans.

Les hélices actuelles sont en bois. On construit généralement les hélices en planches de noyer disposées en éventail et collées de manière que les fibres soient dirigées parallèlement au bord d'attaque.

Au début, on entoilait les pales pour augmenter la solidité. Cette précaution est maintenant à peu près abandonnée.»

[Illustration: En haut, Roland Garros est félicité à son arrivée du Circuit Européen.--En bas, dans son escale à Lyon, pendant Paris-Rome, il consulte sa carte avant de repartir.]

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