‹ Henry EsmondChapitre 29 sur 43 · 2 · 14

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Dans tout le cours de l’année qui suivit celle où avoit eu lieu la glorieuse bataille de Ramillies, notre armée ne fit aucun mouvement d’importance, au grand dégoût d’une foule de nos officiers, condamnés à l’inaction en Flandre, qui disoient que Sa Grâce le capitaine général avoit assez des combats et étoit tout à l’argent aujourd’hui, et à la jouissance de ses cinq mille livres par an et de son splendide palais de Woodstock, qui se bâtissoit alors. Et Sa Grâce avoit bien assez pour s’occuper cette année de combattre ses ennemis de l’intérieur, où on commençoit à dire tout bas que sa faveur décroissoit, et que sa duchesse perdoit son empire sur la reine qui transféroit sa royale affection à la fameuse mistress Masham, et à l’humble serviteur de mistress Masham, M. Harley. Notre duc passoit une grande partie de son temps à opposer intrigue à intrigue. M. Harley fut destitué, et Sa Grâce, en cela, remporta une victoire. Mais Sa Majesté, convaincue contre sa volonté, étoit toujours de cette opinion dont le poëte dit que sont les gens lorsqu’ils sont convaincus de la sorte ; et M. Harley, avant longtemps, eut sa revanche.

Pendant ce temps-là, les affaires de la guerre ne se faisoient nullement à la satisfaction des braves lieutenants de Marlborough. Durant tout 1707, avec les François devant nous, nous n’eûmes pas une seule bataille ; notre armée d’Espagne fut mise en complète déroute à Almanza par le vaillant duc de Berwick, et nous autres du régiment de Webb, que le jeune duc avoit commandé avant l’abdication de son père, nous fûmes un peu fiers de penser que c’étoit notre colonel qui avoit remporté cette victoire. « Je crois que si j’eusse été à la place de Galway et avec mes fusiliers, dit notre général, nous n’aurions pas rendu nos armes, même à notre ancien colonel, comme a fait Galway ; » et les officiers de Webb jurèrent que, si nous avions eu Webb, du moins nous ne nous serions pas laissé faire prisonniers. Notre cher vieux général parloit sans circonspection de lui-même et des autres ; il n’y eut jamais de plus brave ou de plus brillant soldat que lui ; mais il sonnoit de la trompe un peu plus qu’il ne seyoit à un commandant de son grade, et, tout valeureux qu’il étoit, il brandissoit trop sa grande lance et faisoit trop le rodomont devant l’armée.

Le mystérieux M. Holtz partit pour une expédition secrète dans la première partie de 1708, avec une grande exaltation d’esprit, et une prophétie à Esmond qu’il alloit se passer quelque chose de merveilleux. Ce secret éclata au retour de mon ami à l’armée, où il rapporta une figure toute piteuse et tout abattue, et avoua que ce grand quelque chose dont il s’étoit occupé avoit manqué complètement. Il avoit fait effectivement partie de cette malheureuse expédition du chevalier de Saint-George, qui fut envoyé de Dunkerque par le roi de France, avec des vaisseaux et une armée, pour envahir et conquérir l’Écosse. Mais le mauvais vent, qui s’opposa toujours à tous les projets dans lesquels s’embarqua le prince, empêcha, comme on sait, l’invasion de l’Écosse par le chevalier, et rejeta le pauvre M. Von Holtz dans notre camp, pour comploter et prophétiser, et écouter aux portes comme d’habitude. Le chevalier (le roi d’Angleterre, dans l’opinion de quelques-uns de nous) alla de Dunkerque à l’armée françoise pour faire la campagne contre nous. Le duc de Bourgogne avoit le commandement cette année, ayant avec lui le duc de Berry, et le fameux maréchal Vendôme, et le duc de Matignon, pour l’aider dans la campagne. Holtz, qui savoit tout ce qui se passoit en Flandre et en France (et aux Indes, pour ce que j’en sais), soutint qu’on ne se battroit pas plus en 1708 que l’on n’avoit fait l’année d’avant, et que notre commandant avoit ses raisons pour se tenir tranquille. Le fait est que le général d’Esmond, qui étoit connu pour un grognard et pour n’avoir aucune confiance dans le grand duc, et des centaines d’autres officiers ne se faisoient pas scrupule de dire que ces raisons particulières étoient venues au duc sous forme d’écus du roi de France, par qui le généralissime avoit été acheté pour éviter une bataille. Il y avoit quantité de gens dans nos rangs, de nouvellistes, que M. Webb n’écoutoit que trop volontiers, qui pouvoient spécifier les sommes exactes que le duc avoit touchées, combien étoit échu à Cadogan pour sa part, et quel étoit le salaire précis donné au docteur Hare.

Et le succès avec lequel les François commencèrent la campagne de 1708 servit à donner du poids à ces bruits de trahison qui étoient dans toutes les bouches. Notre général laissa l’ennemi se mettre entre nous et Gand, et évita de l’attaquer, quoique pendant quarante-huit heures les armées fussent en présence. Gand fut pris ; et le même jour M. de La Mothe somma Bruges de se rendre ; et ces deux grandes villes tombèrent aux mains des François sans brûler une amorce. Quelques jours après, La Mothe s’empara du fort de Plashendall ; et on commença à supposer que toute la Flandre espagnole, ainsi que le Brabant, tomberoit aux mains des troupes françoises, quand le prince Eugène arriva de la Moselle, et alors il n’y eut plus à barguigner.

Le prince de Savoie signaloit toujours son arrivée à l’armée par un grand festin (les repas de milord duc étoient rares et mesquins) ; et je vois encore notre général revenant de ce dîner avec les deux commandants en chef, sa digne tête un peu excitée par le vin qui étoit servi avec bien plus de profusion par le commandant autrichien que par l’anglois. « Maintenant, dit mon général, frappant la table avec un jurement, il faut qu’il se batte ; et quand il y est forcé, Dieu me damne, nul homme en Europe ne peut tenir contre Jack Churchill. » À une semaine de là, la bataille d’Oudenarde fut donnée ; et alors, qu’ils se détestassent tant qu’ils voudroient, le général d’Esmond et le commandant en chef furent contraints de s’admirer l’un l’autre, tant fut brillante la bravoure de chacun d’eux dans cette journée.

La brigade commandée par le major général Webb donna et reçut des coups aussi rudes qu’aucun de ceux qui furent distribués dans cette affaire, à laquelle M. Esmond eut la chance de contribuer à la tête de sa compagnie, dans son régiment, sous le commandement de leur propre colonel comme major général, et sa bonne fortune voulut qu’il commandât le régiment au retour de l’action, les quatre plus anciens officiers au-dessus de lui ayant été tués dans le prodigieux carnage qui se fit ce jour-là. J’aime à me rappeler que Jack Haythorn, qui m’avait raillé comme bâtard et parasite de Webb, et avec qui j’avois eu des paroles, me serra la main avant le combat. Trois jours auparavant, le pauvre Brace, notre lieutenant-colonel, avoit appris la mort de son frère aîné, et héritoit d’une baronnie dans le Norfolk et de quatre mille livres sterling de rente ; le destin, qui l’avoit laissé intact dans une douzaine de campagnes, fondit sur lui juste au moment où le monde valoit pour lui la peine d’y vivre, et il marcha au feu sachant, dit-il, que la chance alloit tourner contre lui. Le major venoit d’entrer chez nous, une créature de lord Marlborough, mis là au grand déplaisir des autres officiers, et pour nous espionner, à ce qu’on disoit. Je ne sais si c’étoit la vérité, ni qui rapportoit les propos de notre table au quartier général ; mais le régiment de Webb, comme son colonel, étoit connu pour être mal noté sur les tablettes du commandant en chef ; « et s’il n’osoit pas le casser en Angleterre, avoit coutume de dire notre vaillant vieux chef, il étoit déterminé à le détruire devant l’ennemi ; » en sorte que le pauvre major Proudfoot fut mis dans un poste périlleux.

Le cher jeune vicomte d’Esmond, servant comme aide de camp auprès de milord duc, reçut une blessure et obtint une mention honorable dans la Gazette ; et le nom du capitaine Esmond fut mis sur la liste des promotions demandées par son général aussi, dont il était le favori. Le cœur lui battit en songeant que certains yeux au pays, les plus brillants du monde, liroient la page où ses humbles services étoient mentionnés ; mais son parti étoit bien pris de se tenir loin de leur dangereuse influence, et de laisser le temps et l’absence triompher de cette passion qui rôdoit encore autour de lui. Éloigné de Béatrix, elle ne le tourmentoit point ; mais il savoit à n’en pas douter que, s’il revenoit, son mal éclateroit de nouveau ; et il évitoit Walcote comme un homme du Lincolnshire évite de retourner à ses marais, où il est sûr que la fièvre intermittente est là qui guette son arrivée.

Nous autres du parti anglois dans l’armée, qui étions disposés à nous moquer de tout ce qui venoit du Hanovre et à ne traiter guère mieux que des rustres et des sauvages la cour et la famille de l’Électeur, nous fûmes pourtant forcés de convenir que, dans la journée d’Oudenarde, le jeune prince électoral, qui faisoit alors sa première campagne, se conduisit avec la vigueur et le courage d’un soldat éprouvé. En cette occasion, Son Altesse Électorale eut plus de bonheur que le roi d’Angleterre, qui étoit avec ses cousins dans le camp ennemi, et qui dut s’enfuir avec eux à la fin ignominieuse de cette journée. Avec les généraux les plus consommés du monde devant eux et un admirable commandant de leur côté, il leur plut de négliger les conseils et de se lancer dans un combat qui se fût terminé par l’entière destruction de leur armée, sans la grande habileté et bravoure du duc de Vendôme, qui remédia, autant que le pouvoient faire le courage et le génie, aux désastres occasionnés par les querelles et les folies de ses parents, les princes légitimes du sang royal.

« Si le duc de Berwick eût seulement été dans l’armée, le sort de la journée eût été bien différent ! fut tout ce que le pauvre M. Von Holtz pût dire ; et vous auriez vu que le héros d’Almanza étoit en état de se mesurer avec le vainqueur de Blenheim. »

L’affaire relative à l’échange des prisonniers continuoit toujours, et étoit du moins le motif ostensible qui tenoit perpétuellement M. Holtz en mouvement entre les troupes des François et celles des alliés. Ce dont je puis répondre, c’est qu’il fut une fois bien près d’être pendu comme espion par le major général Wayne, et qu’il fut relâché et envoyé au quartier général sur un ordre spécial du commandant en chef. Il alloit et venoit, toujours favorisé, partout où il étoit, par quelque haute, quoique occulte protection. Il portoit des messages entre le duc de Berwick et son oncle, notre duc. Il paroissoit connoître aussi bien ce qui se passoit au quartier du prince qu’au nôtre ; il portoit les compliments du roi d’Angleterre à quelques-uns de nos officiers, ceux de Webb entre autres, pour leur conduite dans cette grande journée ; et après Wynandael, quand notre général s’irritoit de la négligence de notre commandant en chef, il dit qu’il savoit comment cette action étoit considérée par les chefs de l’armée françoise, et que la halte faite devant le bois de Wynandael étoit le passage par lequel les alliés étoient entrés dans Lille.

« Ah ! dit Holtz (et il y avait des gens qui étoient très-disposés à l’écouter), si le roi rentroit en possession de ce qui lui appartient, quel changement dans la conduite des affaires ! L’exil même de Sa Majesté a cet avantage qu’elle peut observer l’Angleterre d’un œil impartial, et juger sainement de tous les hommes éminents. Sa sœur est toujours dans la main de quelque avide favori, par les yeux de qui elle voit, et à la flatterie ou aux créatures de qui elle accorde tout. Supposez-vous que Sa Majesté, connoissant l’Angleterre aussi bien qu’elle la connoît, négligeroit un homme tel que le général Webb ? Il devroit être à la chambre des pairs comme lord Lydiard. L’ennemi et toute l’Europe connoissent son mérite ; c’est cette réputation même que certains grands personnages, qui haïssent toute égalité et indépendance, ne sauroient jamais pardonner. »

L’intention étoit que ces conversations fussent portées à M. Webb. Elles étoient les bienvenues ; car, si grands que fussent ses services, personne ne les pouvoit mieux apprécier que ne faisoit John Richmond Webb lui-même, et la dissension entre lui et Marlborough étant notoire, les ennemis de Sa Grâce dans l’armée et en Angleterre commençoient à courtiser Webb, et à le monter contre un chef qui vouloit tout accaparer, tout dominer. Et, bientôt après la victoire d’Oudenarde, il s’offrit au général Webb une glorieuse occasion, que ce vaillant guerrier ne négligea point, et qui lui donna le moyen d’accroître immensément sa réputation en Angleterre.

Après Oudenarde, et contre les avis de Marlborough, dit-on, le prince de Savoie s’établit devant Lille, capitale de la Flandre françoise, et commença ce siége, le plus mémorable de notre temps, et presque aussi fameux que le siège de Troie lui-même pour les hauts faits accomplis dans l’attaque et dans la défense. L’inimitié de ce prince de Savoie contre le roi de France étoit une furieuse haine personnelle, toute différente de la calme hostilité de notre grand général anglois, qui n’étoit pas plus ému au jeu de la guerre qu’au jeu de billard, et qui poussoit en avant ses escadrons et menoit çà et là ses bataillons rouges aussi tranquillement qu’il combinoit un coup ou faisoit un carambolage. Le jeu fini (et il le jouoit de façon à être à peu près sûr de le gagner), il ne restoit pas la moindre animosité contre la partie adverse dans le cœur de ce tacticien consommé ; tandis qu’entre le prince de Savoie et le François c’étoit une guerre à mort. Chassé d’un côté comme il l’avoit été à Toulon l’année d’avant, il revenoit sur une autre frontière de la France, l’assaillant avec une fureur infatigable. Quand le prince vint à l’armée, les feux assoupis de la guerre se rallumèrent et éclatèrent en flammes. Nos flegmatiques alliés hollandois furent forcés d’accélérer le pas, notre calme duc d’entrer en action. Le prince étoit une armée à lui seul contre les François ; l’énergie de sa haine étoit prodigieuse, infatigable, contagieuse pour des centaines de milliers d’hommes. Le général de l’empereur payoit, et avec usure, le dédain avec lequel le roi de France avoit traité le fougueux petit abbé de Savoie. Brillant et fameux comme chef lui-même, et audacieux et intrépide au delà de toute mesure, et de force à se mesurer avec les meilleurs de nos plus célèbres hommes de guerre qui commandoient les armées du roi de France, Eugène avoit une arme dont la pareille ne se pouvoit trouver en France depuis que le canon de Salsbach avoit renversé le noble Turenne, et il pouvoit lancer Marlborough sur la tête de l’armée françoise, comme un roc sous lequel toute la force réunie de ses plus forts capitaines devait tomber écrasée.

Le duc anglois prit peu de part à ce grand siége de Lille, que le généralissime impérial poursuivoit de toute sa vigueur, et se borna à couvrir les lignes des assiégeants contre l’armée du duc de Bourgogne, entre qui et les Impériaux étoit notre duc. Une fois, quand le prince Eugène fut blessé, notre duc prit la place de Son Altesse à la tranchée ; mais le siége étoit l’affaire des Impériaux, et non la nôtre. Une division, sous Webb et Rantzau, fut détachée dans l’Artois et la Picardie pour le plus pénible et le plus odieux service que M. Esmond ait jamais vu dans le cours de sa vie militaire. Les malheureuses villes de ces provinces sans défense, dont les jeunes gens avoient été incorporés dans les armées françoises, que la guerre insatiable dévoroit d’année en année, furent laissées à notre merci ; et nos ordres étoient de n’en montrer aucune. Nous trouvâmes les places gardées par des invalides, des enfants et des femmes : tout pauvres qu’ils étoient ou qu’ils l’étoient devenus par suite de cette déplorable guerre, nous étions chargés de piller ces malheureux déjà presque affamés, d’enlever tout ce qu’ils avoient de vivres dans leurs greniers et de les dépouiller de leurs haillons. C’étoit à une expédition de rapine et de meurtre qu’on nous envoyoit : nos soldats firent des choses qu’un honnête nomme ne sauroit se rappeler sans rougir. Nous rapportâmes de l’argent et des provisions en quantité au camp du duc ; il n’y avoit personne pour nous résister, et cependant qui ose dire au prix de quels meurtres et de quelles violences, avec quelle brutale cruauté, quels outrages, quelles insultes, cet ignoble butin avoit été ravi à ces innocentes et misérables victimes de la guerre ?

Pendant ce temps, tout galamment qu’étoient conduites les opérations devant Lille, les alliés n’avoient fait que peu de progrès, et on disoit, quand nous revînmes au camp du duc de Marlborough, que le siége n’arriveroit jamais à un résultat satisfaisant, et que le prince de Savoie seroit forcé de le lever. Milord Marlborough professoit hautement cette opinion ; ceux qui se méfioient de lui, et M. Esmond avoue être du nombre, insinuoient que le duc avoient ses raisons pour que Lille ne fût pas pris, et qu’il étoit payé à cet effet par le roi de France. S’il en étoit ainsi, et je le crois, le général Webb avoit maintenant une occasion remarquable de satisfaire sa haine pour le commandant en chef, de frustrer cette honteuse cupidité, qui étoit une des plus basses et des plus notoires qualités de notre fameux duc, et de montrer sa propre habileté consommée comme commandant. Et quand je considère toutes les circonstances qui précédèrent l’événement que je vais relater ; qu’il fut réellement offert à milord duc plusieurs millions d’écus, à la condition que le siége de Lille seroit levé ; que l’armée impériale qui étoit devant étoit sans vivres ni munitions, et auroit dû décamper sans les secours qu’elle reçut ; que la marche du convoi destiné à subvenir aux besoins du siége étoit exactement connue des François ; et que la force qui le couvroit étoit honteusement insuffisante à cet effet, et six fois inférieure à l’armée du comte de La Mothe, qui étoit envoyée pour intercepter le convoi ; quand il est certain que le duc de Bervick, le chef de La Mothe, étoit constamment en correspondance avec son oncle, le généralissime anglois : je crois, sur ma conscience, que c’étoit l’intention de milord Marlorough d’empêcher les approvisionnements dont le prince de Savoie avoit un besoin absolu de jamais parvenir à Son Altesse ; qu’il vouloit sacrifier la petite armée qui couvroit ce convoi, et la trahir comme il avoit trahi Tollemache à Brest, comme il trahiit tous les amis qu’il eut, pour mener à bien ses plans d’avarice ou d’ambition. Sans la miraculeuse victoire que le général d’Esmond remporta sur une armée six ou sept fois plus considérable que la sienne, il auroit fallu lever le siége de Lille ; et on doit se rappeler que notre brave petite armée étoit sous les ordres d’un général que Marlborough détestoit, qu’il fut furieux contre le vainqueur, et qu’il essaya, par l’injustice la plus flagrante et la plus éhontée, de lui enlever plus tard l’honneur de sa victoire.

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